Récit des FAC | Une équipe de plongeurs de bord a connu toute une frousse lors d’une plongée

Vidéo / Le 18 août 2017

Transcription

Je suis allé en Sierra Leone, dans le cadre de l’opération SIRONA. À l’époque, en Sierra Leone, il y a eu une éclosion d’Ebola… il y a de petites éclosions du virus, le virus Ebola. Une fièvre hémorragique ou un virus qui se répand par les liquides corporels. Le virus s’attaque aux facteurs de coagulation du corps. Le liquide que renferment ceux-ci s’écoule de façon interstitielle, par les veines ou les artères principales, par exemple. Si vous contractez le virus et présentez des symptômes, en 21 jours, vous allez souffrir jusqu’à ce que vous en tiriez ou non.

Je suis le caporal Michael Allan Barrett. Je suis Tech Méd et travaille à l’hôpital Montfort pour le compte du Centre des Services de santé des Forces canadiennes (Ottawa). On m’a plus ou moins dit : « Hé, tu vas participer à la mission, lorsque le temps viendra, dans quelques semaines. » Et ma réaction : « Oh, génial! Je ne peux pas attendre! » Et… je pense que le patient zéro à l’origine de l’éclosion a été un petit garçon qui jouait dans un arbre où se trouvaient des chauves-souris. C’est ainsi que le virus s’est répandu et qu’il a continué de se répandre.

Puisqu’il fait tellement chaud le jour, lorsqu’on respire par le nez, on a l’impression qu’un briquet le chauffe. Nous savions que ce serait difficile parce que nous étions en Afrique; c’est incroyablement chaud durant cette période-là de l’année. De plus, nous devions porter de l’équipement de la tête aux pieds. Pas seulement des gants et un masque, mais plutôt une combinaison Tyvek, des bottes de caoutchouc géantes, deux paires de gants chirurgicaux et puis un masque. Ainsi, dès qu’il y avait la moindre déchirure sur le bas du pantalon, il fallait arrêter ce qu’on faisait, peu importe de quoi il s’agissait, et quitter les lieux.

J’ai eu l’occasion de soigner une femme à quelques reprises. Je pense qu’elle était infirmière dans des installations ailleurs et qu’elle avait contracté le virus tout en soignant des patients. Elle était épuisée. Je me souviens lorsqu’elle s’est installée dans un fauteuil roulant que je faisais avancer. Lorsqu’elle a toutefois suivi le processus de décontamination… au complet, à l’extrémité des installations, elle a tout simplement commencé à sourire et son visage s’est illuminé. Vous savez, elle a levé les mains et elle s’est mise à danser, épuisée, du mieux qu’elle pouvait. À l’époque, nous venions de franchir une étape très importante. Bon nombre des prétendues connaissances sur le virus Ebola ont commencé à être vulgarisées par l’éducation des gens là-bas. Elle a dit qu’elle allait contribuer à l’éducation de ces derniers, qu’elle allait raconter son histoire. Elle était très reconnaissante et tout. Cela m’a vraiment procuré un sentiment de respect pour mon travail et, vous savez, j’ai tiré beaucoup de joie à ce moment-là.

Soigner une personne ici, c’est simple. Nous sommes dans un environnement très contrôlé; nous avons accès à des tas d’outils et de jouets. En Afrique, nous avons très peu de ressources; nous nous débrouillons du mieux que nous le pouvons avec ce qui est à notre disposition. Je pense que ce que je retire d’événements du genre, c’est que ma carrière me permettra de changer, de faire un tas de choses, et j’en tirerai beaucoup de plaisir. Et de faire… faire quelque chose très gratifiant, du début jusqu’à la fin.

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