Récit des FAC | Un honneur pour tout militaire : le soldat Duncanson se voit offrir une sépulture convenable 72 ans après être tombé au combat.

Vidéo / Le 8 novembre 2016

Transcription

Je crois que ce qui m’a le plus marqué a été de découvrir l’histoire. J’ai été en Afghanistan à deux reprises, et je me suis retrouvé dans des situations semblables à celles que le soldat Duncanson a vécues. L’état mental dans lequel les soldats se trouvaient, recevant l’ordre de s’aventurer dans un environnement très hostile, faisant face à des situations imprévues et à des armes pointées droit sur eux, leur causant des pertes considérables. Puis la nuit passée sur cette crête, l’invasion par l’armée allemande, la contre-attaque, toute la confusion et la souffrance ressenties; tout cela s’est produit à cet endroit précis, et sur place, j’ai pu faire le lien avec mes propres expériences. C’est ce qui m’a le plus affecté.

C’est un immense honneur et une occasion unique pour tout soldat ou officier des forces armées de retrouver la dépouille d’un soldat de son régiment et d’avoir la possibilité de lui offrir des funérailles décentes et d’ainsi apporter un certain réconfort à la famille. On ne saurait décrire l’importance de cette tâche. Diriger les soldats du détachement d’inhumation outremer était un grand honneur pour moi. Quand on a confirmé que le soldat venait de ma région, j’ai discuté avec le commandant… Je voulais m’assurer qu’il était conscient que c’était beaucoup plus symbolique pour moi d’y aller et d’accomplir cette tâche.

Dutton, où le soldat Duncanson habitait à l’époque avec sa femme, se situe à environ quarante minutes en voiture de St Thomas. J’habitais en bordure de St Thomas avant de déménager.  J’y ai de la famille, et c’est un drôle concours de circonstances que je sois allé dans cette ville et que sans le savoir, j’ai visité l’endroit où se trouvait son épicerie.

Il y aura un service dans la communauté le 5 novembre, et une pierre tombale sera placée au cimetière de Dutton, pour que les gens du coin aient un lieu où rendre hommage au soldat Duncanson.

Un détail intéressant : avant que je parte, ma tante m’a remis des flacons contenant de la terre de Dutton et m’a demandé : « Peux-tu t’assurer que cette terre se rende à la tombe du soldat Duncanson et nous ramener de la terre de la Belgique pour notre service, s’il-te-plaît? »

J’ai remis la terre qu’elle m’avait confiée à l’aumônier, et le directeur funéraire s’en est servi pour fixer la croix à l’endroit où il est enterré. La terre utilisée pendant la cérémonie provenait donc de Dutton. Tout était interrelié en quelque sorte. Tandis que je regardais autour de moi et que je m’imaginais l’endroit où les soldats se trouvaient et la situation à laquelle ils faisaient face, tout m’est apparu clairement. C’est un souvenir que rien n’effacera.

Alors maintenant, peu importe le nombre d’années qu’il me reste à servir dans les forces armées, et même si j’éprouve de la difficulté en formation ou avec les tâches qu’on m’a confiées, je me souviendrai que d’autres membres de ce régiment ont vécu des choses bien pires encore et qu’ils s’en sont sortis. C’est le souvenir que je conserverai de cette expérience.

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