Récit des FAC : Demande d’amitié

Vidéo / Le 5 mai 2017

Transcription

Nous étions en Bosnie avec l’OTAN pour exercer une surveillance du territoire bosniaque après la guerre. Il y avait un jeune garçon qui, comme font tous les jeunes garçons, jouait sur les trains stationnés à proximité. Pendant qu’il se trouvait sur le toit de l’un des wagons, il est entré en contact avec le fil électrique qui pendait au-dessus de lui et a reçu une décharge électrique d’environ 30 000 volts à la tête. La puissance du choc l’a propulsé en bas du train, mais son pied est resté accroché au garde-corps. En traversant son corps, la décharge électrique avait complètement détruit son manteau de duvet. Tout ce qu’on voyait, c’était le jeune homme suspendu dans les airs avec des plumes qui flottaient autour de lui.

Je suis l’adjudant-maître John McDougall. Je pratique le métier d’adjoint au médecin. Je suis également l’adjudant de la clinique, ici à Winnipeg.

J’ai soigné le garçon, je l’ai transporté dans notre ambulance blindée pour le conduire jusqu’à la ville de Bihac, à près de 30 minutes de route. Ses parents étaient tellement reconnaissants qu’il ait survécu, parce qu’ils avaient déjà perdu un fils à cause du conflit.

Il s’agissait de ma première mission, alors je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Dans ma tête, je me demandais comment il était possible qu’un si beau pays soit aussi ravagé par la guerre et compte ses morts par milliers.

En général, les gens veulent que nous les aidions. Ils veulent que nous soyons là pour contribuer à rétablir la stabilité perdue. Ils souhaitent simplement retourner faire leur épicerie, travailler dans leurs champs et s’occuper de leur famille. Et nous faisons ce que nous faisons pour les aider à y arriver.

J’ai souvent pensé à lui. Je me demandais comment il avait survécu et comment la famille s’en était tirée, vous savez, après la guerre, dans le contexte de ce pays qui doit maintenant se forger une identité. Puis, il y a environ 5 ans, j’ai reçu un message sur Facebook de la part du jeune homme que j’avais soigné en Bosnie. Et nous sommes restés en contact étroit depuis.  

Je pense que cela en dit long sur le genre de personne qu’on retrouve dans l’armée. Puisque nous nous engageons autant dans nos propres communautés au Canada, je pense que nous pouvons facilement appliquer le même principe dans n’importe quel autre pays où nous sommes déployés. Je me remémore la Bosnie, je regarde mes photos et je suis renversé par la beauté de ce pays. Par son peuple remarquable. Les gens de là-bas occupent une grande place dans les souvenirs qui me reviennent à l’esprit. 

Je n’en reviens pas d’avoir retrouvé quelqu’un que j’avais rencontré par hasard il y a 20 ans. Je suis impressionné.  

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