Récit des FAC : De chef de char à chef de famille

Vidéo / Le 28 octobre 2016

Transcription

Je venais de terminer ma qualification de chef de char, et nous nous sommes dirigés vers le champ de tir. J’ai pu me tenir debout dans la tourelle, regarder à gauche et à droite et lancer la consigne « Ligne de front », puis « En avant! ».

Nos quatre chars ont alors dévalé la colline, faisant gicler la boue derrière eux. Nous engagions tous les objectifs inopinés qui apparaissaient. Nous étions en mode d’attaque complète, c’était sensationnel et c’était la toute première fois que je vivais l’expérience en position debout.

J’ai été chef de char de 2007 à 2013. J’ai servi à l’étranger, fait partie d’une troupe de chars circulant une petite ville afghane pour empêcher que des petites filles en route vers l’école se fassent jeter de l’acide au visage, participé à des exercices et à des déploiements et aidé les gens à raconter leur histoire. J’ai vécu toutes ces expériences et je crois que je ne serais en rien la personne que je suis devenue si je ne m’étais pas enrôlé.

Je suis le capitaine Graham Kallos. Devrais-je arrêter de sourire? En mission à l’étranger, j’étais principalement affecté au poste de commandement de l’une des bases d’opérations avancées. Plus tard en cours de mission, j’ai eu l’occasion d’effectuer des sorties avec les chars et de commander des chars dans le cadre d’opérations. C’était assez incroyable. À cette époque, nous utilisions le Leopard 2A6M. Pouvoir effectuer des sorties à bord d’un si bel engin procurait une sensation incroyable. Mais en réalité, l’équipement compte pour peu si vous ne pouvez pas compter sur de fantastiques collègues militaires. L’équipe au sein de laquelle je travaillais était formidable; c’était un mélange de membres de la Force régulière et de réservistes et par chance, tout le monde est rentré au Canada sain et sauf. Ce n’est pas comme dans les films. Je suis un gars plutôt costaud; je mesure six pieds deux pouces et je pèse minimum 230 livres, alors je suis plutôt à l’étroit dans un char. Selon moi, j’occupe le meilleur siège, car je peux me sortir la tête, mais le tireur, un gros type de la Saskatchewan, est carrément assis entre mes jambes. La sensation qu’on éprouve lorsqu’on roule est un peu étrange; c’est pratiquement comme être sur l’eau à cause de la suspension. C’est assez exaltant. Il peut aussi faire très chaud à l’intérieur. C’est un équipage qui se serre les coudes, surtout au niveau des troupes. Le choc et les dommages que peuvent causer une troupe d’immenses chars de combat s’élançant sur le champ de bataille sont incroyables.

Après avoir terminé mon instruction par phase à Edmonton, j’ai rencontré la femme de ma vie, celle qui est devenue mon épouse. Ce qui est vraiment chouette, c'est que maintenant que j’ai une famille, que je suis un peu plus vieux et que je compte plus d’expérience militaire,  j’ai pu passer à autre chose et entamer une seconde carrière au sein de l’organisation. C’est formidable! Je me suis porté volontaire pour devenir officier des affaires publiques et on m’a renvoyé sur les bancs d’école pour suivre une nouvelle formation. Si je ne m’étais pas enrôlé dans les forces armées, je n’aurais pas pu rencontrer ma femme; or, l’avoir rencontrée et  poursuivre la route avec elle constitue un point culminant de ma carrière.

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