Message vidéo du Chef d’état-major de la Défense au sujet des résultats du sondage sur les inconduites sexuelles dans les FAC

Liens connexes

Vidéo / Le 5 décembre 2016

Transcription

Comme vous le savez, la toute première chose que j’ai faite à titre de chef d’état-major de la Défense, lorsque j’ai pris le commandement des Forces armées canadiennes, a été de m’attaquer au problème des comportements dommageables. J’ai donc commencé et lancé l’opération HONOUR. Cette opération ne vise pas seulement à régler le problème des comportements dommageables et des comportements sexuels préjudiciables au sein des Forces armées canadiennes. Elle s’inscrit dans le cadre d’un effort plus vaste visant à garantir que cette institution et les personnes qui en font partie se traitent mutuellement avec respect, dignité, maturité et une certaine responsabilité, de sorte que lorsque nous partons en mission et lorsque nous menons des opérations dans les conditions les plus difficiles, nous puissions faire confiance aux membres de notre équipe.

Cette opération reconnaît que chaque membre des Forces armées canadiennes est important. Si vous portez cet uniforme, vous pouvez en être fier, vous méritez qu’on vous traite avec dignité et qu’on vous respecte pour qui vous êtes et ce que vous êtes : un membre des Forces armées canadiennes. Quelqu’un qui protège ce pays chaque jour.

Le rapport Deschamps a conclu que nous avions un problème, et j’ai pris cette affaire très au sérieux. Nous disposons en ce moment d’un point de données, d’un important point de données qui nous a été fourni par Statistique Canada avec les commentaires de plus de 43 000 membres des Forces armées canadiennes. Et ces commentaires confirment, de façon non équivoque, que nous avons en effet un problème dans les Forces armées canadiennes, un problème qui dure depuis longtemps. On confirme par le fait même que tous les efforts menés dans le cadre de l’opération HONOUR sont absolument pertinents et que nous devons poursuivre l’opération HONOUR dans sa forme opérationnalisée afin de nous attaquer au problème à l’échelle militaire, mais aussi d’obtenir tout le soutien possible, d’où qu’il provienne, pour nous assurer d’éliminer les comportements dommageables entre nous et avec les personnes aux côtés desquelles nous travaillons.

Ce rapport et les données qu’il renferme nous révèlent que les comportements préjudiciables et les comportements sexuels dommageables sont très fréquents dans les Forces armées. Et je me dois de placer cette information dans le contexte de l’opération HONOUR. Exactement comme on le fait pour d’autres opérations : on reçoit une indication que quelque chose doit se produire et on déclenche une opération. C’est ce qu’a fait le rapport Deschamps. Et comme dans le cas de toute opération, nous recueillons des renseignements afin de peaufiner notre intervention. C’est ce que le sondage réalisé par Statistique Canada a fait. Il nous a aidés à bien cerner nos cibles. Qui sont les auteurs des comportements dommageables? Ce que nous pouvons faire maintenant, c’est de les cibler. Nous savons qui ils sont, nous savons où ils œuvrent au sein des Forces armées, nous savons dans quelle tranche d’âges ils se situent et nous connaissons la prévalence du problème.

Donc, j’ai les renseignements sur les cibles, les auteurs des comportements dommageables, et nous allons les cibler. Et ils devront répondre de leurs actes. Ils feront face à notre système de justice militaire ou nous prendrons des mesures administratives contre eux. J’estime qu’il est primordial que nous comprenions tous ce qui est en jeu ici. Ce n’est pas simplement une affaire à court terme qu’on pense pouvoir régler au moyen de quelques sentences lapidaires, une indication pour intervenir, puis laisser aller les choses en se disant que le problème disparaîtra par lui-même. Je suis chef d’état-major de la Défense et je suis persuadé que les prochains CEMD demeureront résolument acquis à l’idée que les Forces armées doivent s’améliorer. Parce que c’est une place d’honneur, un lieu de travail, une institution qui se doit d’être une source de fierté pour le pays. Si ce n’est pas le cas, nous ne pouvons pas mener à bien les opérations. On ne peut pas envisager de participer à des missions au cours des prochaines décennies avec des militaires qui ne se font pas confiance entre eux, des troupes au sein desquelles règne un climat de non-respect qui vous amènerait à vous méfier des personnes à vos côtés. Il est impératif d’un point de vue opérationnel que cette institution demeure solide et puissante dans les années à venir.

L’armée forme des personnes fortes. Elle vous guide. Les militaires adhèrent à un éthos qui met l’accent sur l’idéal de servir, sur le service avant sa propre personne. Cela signifie respecter ses collègues des Forces armées. Cela signifie aussi traiter avec respect votre ennemi lorsqu’il capitule. Par conséquent, nous ne pouvons compter au sein des Forces armées des membres qui se manquent mutuellement de respect ou qui se font du mal. Je demande à tous les membres des Forces armées, des plus hauts gradés aux chefs subalternes, de s’engager à régler ce problème. De prévenir ce type comportement. De veiller à renseigner les gens sur ce qui constitue un comportement préjudiciable – des blagues stupides et des articles affichés sur les murs qui ne devraient pas s’y trouver jusqu’aux gestes plus graves et dommageables comme les agressions physiques. Tous ces comportements sont répréhensibles. Tous ces comportements doivent cesser. Nous tous ici présents devons reconnaître que les Forces armées canadiennes doivent demeurer un endroit où les gens ont envie de venir travailler. Parce que c’est un bon endroit où travailler, où vous accomplissez un travail précieux au service de votre pays, un travail stimulant et important ici au Canada, mais également partout dans le monde. Personne ne voudra s’enrôler, aucun parent ne voudra que ses enfants s’enrôlent dans les Forces armées s’ils pensent qu’il y a de fortes chances qu’ils soient maltraités d’une quelconque façon. Les personnes qui songent à s’enrôler veulent pouvoir s’imaginer portant l’uniforme et accomplissant un travail précieux pour le pays. Apprendre un métier intéressant, être un leader, changer les choses. Pour que cela arrive, nous devons changer. Nous devons évoluer. Ces comportements doivent cesser.

J’ai donné un ordre direct aux Forces armées lorsque j’en ai pris le commandement : ça doit cesser immédiatement! Je suis malheureusement très déçu de constater, compte tenu des résultats du rapport, que plusieurs centaines de personnes n’ont pas suivi cet ordre. Ils ne pensaient peut-être pas que c’était un ordre militaire. Je n’en sais rien. Ils ne savaient peut-être pas si leurs agissements étaient ou non des comportements répréhensibles. Ils ne comprennent peut-être pas ce qui est préjudiciable à autrui. Peut-être ne leur avons-nous pas offert une formation adéquate dans le passé, mais nous allons le faire à partir de maintenant. Quiconque voudra s’enrôler dans les Forces armées devra comprendre parfaitement ce qu’il en est à l’égard de ce type de comportements.

Nous formerons les gens afin qu’ils aient une meilleure compréhension de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas au sein de notre institution.

C’est important de le faire. Car nous voulons plus de femmes dans les Forces armées, nous avons besoin d’elles. Nous devons tirer parti du vaste bassin de talents que représente la population canadienne. Nous devons former un effectif diversifié, recruter parmi tous les talents disponibles au pays, de manière à devenir les meilleures forces armées, les forces armées les plus aptes au combat qui soient. La seule façon d’y parvenir, c’est en recrutant partout au pays des gens de divers horizons qui souhaitent servir dans les Forces armées. Aucun obstacle ne doit les en empêcher, à l’exception de ce qui est exigé de chaque personne pour pouvoir porter cet uniforme : être dûment formé, avoir un bon rendement, bref tous les critères à remplir pour être une recrue. Mais personne ne doit être disposé à supporter les comportements abusifs de la part de quiconque d’autre qui porte l’uniforme. Cela a assez duré.

Ainsi, l’opération HONOUR a été soutenue et validée et est, je crois, encore plus essentielle que jamais pour nous assurer que chaque membre des Forces armées est valorisé. Si vous croyez que vous pouvez faire du tort à autrui d’une quelconque façon qui puisse être préjudiciable, comme nous l’avons décrit précédemment, alors vous n’avez pas votre place dans les Forces armées canadiennes. Je vais toujours prendre le parti des victimes. Toujours. Je vais soit soutenir le système de justice militaire, soit prendre des mesures administratives pour vous expulser des Forces armées. C’est aussi simple que cela.

Je pense que vous tous ici présents comprenez bien cela. Certains d’entre vous ont peut-être déjà été victimes de comportements inappropriés et c’est malheureux. Mais je vous le redis clairement, au cas où vous n’auriez pas bien saisi mon propos, je suis fermement résolu à changer la culture des Forces armées, à me lancer dans cette aventure qui permettra de transformer les Forces armées, de faire en sorte qu’elles soient exactement ce qu’elles doivent être – au Canada, pour les Canadiens, pour nos propres membres et pour tout le bien que nous pouvons apporter dans le monde.

Il va s’en dire qu’à la publication de ce rapport, il sera facile de penser que tout va mal au sein des Forces armées canadiennes. Certaines personnes remettront même en question l’efficacité de l’opération HONOUR. Moi, je crois qu’elle est efficace. Un grand nombre de personnes, la plupart des membres des Forces armées, comprennent la mission et le but de cette opération. Si certains choisissent d’en violer les principes, nous les trouverons, nous prendrons des mesures à leur endroit et ils devront partir. Il est toutefois plus important que jamais de réitérer notre appui à l’opération HONOUR, de mettre fin au harcèlement et de reconnaître l’importance de chacun des membres de notre personnel.

Je vous encourage donc à continuer d’en parler. Je vous encourage aussi à vous surveiller vous‑mêmes et à signaler tout geste répréhensible. Le nombre de signalements est en forte hausse et c’est une bonne chose. Le soutien aux victimes est nettement meilleur et c’est une bonne chose. De nouveaux mécanismes sont en place pour offrir de l’aide et c’est une bonne chose. Mais il y en a encore qui violent les directives de l’opération HONOUR et ça, ce n’est pas une bonne chose.

Nous prendrons tous les moyens à notre disposition pour nous assurer que ça ne se produise plus. Sensibilisation, mesures préventives et, s’il y a lieu – et il semble que ce soit le cas – expulsion des Forces armées. Je veux que vous ayez l’assurance que moi-même et la chaîne de commandement que je représente prenons cette affaire très au sérieux et que ce sera toujours le cas. L’opération HONOUR ne se termine pas ici. L’opération HONOUR s’intensifie à partir de maintenant. Ainsi, on pourra un jour repenser à cette période-ci, à ce point de référence, et se dire « on en a fait du chemin dans la bonne direction depuis ce temps-là ». Et on ne le constatera pas à partir de statistiques, mais bien parce que les membres des Forces armées seront mieux traités. Voilà ce qui est important à mes yeux.

Merci de votre attention. Je vous souhaite une excellente fin de semaine. Merci encore.

Date de modification :