Séance d’information technique visant à faire le point sur l'Opération IMPACT

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Archive de la transcription / Le 6 octobre 2016

Transcription

Modérateur : Bonjour, mesdames et messieurs, et bienvenue à la mise à jour sur l’opération IMPACT. Nos invités d’aujourd’hui sont le lieutenant-général Steve Bowes, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada qui présentera une mise à jour globale des opérations des Forces armées canadiennes contre Daech, et le brigadier-général Peter Dawe, commandant adjoint du Commandement – Forces d’opérations spéciales du Canada qui fournira une mise à jour sur la contribution des Forces d’opérations spéciales du Canada aux opérations contre Daech.

Lieutenant-général Bowes.

Lt-gén Stephen Bowes : Merci, major Archambault. Bonjour, mesdames et messieurs, et merci de me donner l’occasion de faire le point sur l’état de la situation de notre mission. Je suis le lieutenant-général Steve Bowes, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada.

Conformément aux directives reçues en février du gouvernement du Canada, nous avons apporté des changements à l'opération IMPACT. Aujourd'hui, je vous présenterai ces nouvelles capacités, notre rythme opérationnel actuel et l'approche que nous adopterons dans l'avenir pour cette opération.
Dans l’ensemble, la campagne de la coalition contre Daech a évolué, passant de son affaiblissement à son démantèlement, et enfin, à la victoire sur Daech. La situation sur le terrain en Iraq est extrêmement complexe. Daech demeure une entité capable qui contrôle encore d’importants secteurs en Iraq et qui se défend vigoureusement contre les forces du gouvernement. Bien qu’il ait été affaibli et obligé à se retirer d’un certain nombre de villes au cours des derniers mois, il est toujours déterminé à combattre et pourrait encore lancer des attaques de faible envergure pour retarder la progression des forces du gouvernement; plus particulièrement celles qui se préparent à la libération de Mossoul.

Il nous faudra de nombreuses années pour vaincre complètement Daech, car la lutte se changera probablement en tactiques d’insurgés et asymétriques à mesure qu’il perd du territoire, comme c’est le cas dans tous les secteurs hors de son contrôle et comme le démontrent les attaques à Bagdad, mais aussi à Ramadi et à Falluja, qui sont des exemples de territoires ayant été libérés plus récemment. Dans l’ensemble, ces facteurs rendent l’environnement opérationnel très difficile, et les progrès peuvent être lents.

Comme l'a indiqué le ministre de la Défense nationale en février, la mission canadienne a également évolué pour nous permettre de mieux soutenir la coalition.

En mars 2016, nous avons mis en place une équipe de liaison ministérielle qui appuie le quartier général de la coalition à Bagdad. Presque chaque jour, le brigadier-général Dave Anderson et son équipe discutent avec du personnel du premier ministre, du bureau du premier ministre iraquien, des ministères de la Défense et de l’Intérieur pour promouvoir le perfectionnement des principaux chefs militaires et renforcer la capacité institutionnelle.

C’est ainsi qu’on s’assure que les activités de la coalition telles que les opérations actuelles et futures sont synchronisées avec celles du gouvernement iraquien. Les efforts de l’équipe appuient aussi la transition au renforcement à long terme de la capacité institutionnelle qui est si importante pour la sécurité et la stabilité de la région. Finalement, ce sont les Iraquiens qui seront responsables de la stabilisation de leur propre pays. Ce sont eux qui vaincront Daech.

En mai 2016, deux développements majeurs ont marqué notre opération : le déploiement de trois hélicoptères CH146 Griffon et la mise sur pied d’un centre du renseignement de toutes sources que nous appelons un CRTS. Cela nous amène à aujourd’hui, et à notre rythme opérationnel actuel, à notre empreinte en Iraq qui est complexe, et pour économiser du temps, je serai bref. Je serai heureux de donner plus de détails durant la période des questions.

En général, notre mission comprend quatre domaines d’activités : le soutien des efforts de la coalition dans son appui aux Iraquiens, les renforts au personnel de la coalition, les contributions des opérations aériennes au ciblage, et les conseils et l’aide. Permettez-moi de les décrire un peu plus.

Le quartier général de la Force opérationnelle interarmées en Iraq est notre centre de coordination. L’équipe qui s’y trouve assure le commandement et le contrôle de nos militaires dans le théâtre et elle coordonne nos opérations avec la coalition.

De plus, environ 30 Canadiens sont positionnés stratégiquement dans le quartier général de la coalition partout au Moyen-Orient. Leur intégration dans la coalition nous permet de nous assurer que nous sommes bien synchronisés avec nos partenaires à l'échelle des régions.

Notre présence aérienne vient de notre aéronef de ravitaillement en vol CC150 Polaris et de notre aéronef de renseignement, surveillance et reconnaissance CP140 Aurora. Chaque semaine, ils volent en moyenne environ 75 heures en appui aux opérations de la coalition. À l’écran derrière moi, vous pouvez voir ou vous avez déjà vu notre Polaris ravitaillant en vol un aéronef de la coalition au-dessus de l’Iraq. Les 33 millions de livres de carburant que nos ravitailleurs ont fourni jusqu’à présent ont permis à nos partenaires de la coalition de voler plus longtemps et plus loin en les maintenant dans les airs jusqu’à ce qu’ils n’aient plus de munitions ou qu’ils atteignent les limites de temps de vol de l’équipage.

C’est ainsi que nous appuyons les forces de sécurité iraquiennes sur le terrain dans leur lutte contre Daech. Nos aéronefs Aurora fournissent de précieux services de renseignement, de surveillance et de reconnaissance. Depuis le début de l’opération, ils ont évalué plus de 4700 points d’intérêt, et accumulé plus de 5000 heures de vol. Les aéronefs Aurora ont aidé à dresser un tableau de la situation sur le terrain où les ressources de Daech peuvent être ciblées, ce qui m’amène au ciblage.

Nous avons augmenté notre capacité de renseignement dans le théâtre et notre contribution globale en matière de renseignement à la coalition. Notre centre du renseignement de toutes sources recueille, divise et analyse l’information provenant de diverses sources. Le CRTS utilise ensuite l’information recueillie et l’analyse réalisée pour découvrir des cibles qui peuvent être transmises à la coalition, qui les définit plus précisément. Ces cibles comprennent le centre de commandement et de contrôle de Daech, ainsi que les combattants et les installations de soutien de Daech.

Le CRTS identifie également des choses qui doivent être protégées. Cet effort est essentiel pour permettre aux forces de sécurité iraquiennes d’affaiblir Daech tout en protégeant les populations et les installations précieuses afin de s’assurer que les Iraquiens pourront se remettre sur pied après la défaite de Daech. Les opérations du CRTS servent aussi à produire des renseignements qui permettent de protéger les troupes des FAC déployées dans la région ainsi que les forces de la coalition.

Dans l’ensemble, le CRTS est une contribution précieuse aux efforts de la coalition visant à renforcer les forces iraquiennes afin de vaincre Daech.

Le brigadier-général Dawe parlera bientôt de la portion de la mission axée sur le conseil et l'aide offert aux forces de sécurité iraquiennes. Nos (inaudible) de forces opérationnelles (inaudible) peuvent maintenant compter sur le soutien d'un détachement d'aviation tactique. En fait, plus tôt aujourd'hui, le 430 escadron tactique d'hélicoptères de Valcartier au Québec et ses quelques 60 membres ont assumé le commandement du détachement d'aviation, succédant au 427 escadron d'opérations spéciales d'aviation de Petawawa.

En fait, plus tôt aujourd’hui, le 430e Escadron tactique d’hélicoptères de Valcartier, au Québec, et ses quelque 60 membres ont pris le commandement du détachement d’aviation, prenant ainsi la relève du 427e Escadron d’opérations spéciales d’aviation de Petawawa. Ces hélicoptères appuieront maintenant nos opérations de diverses façons : transport de personnel et liaison, reconnaissance, transport de matériel et évacuation des pertes, au besoin.

Ces hélicoptères supporteront nos opérations de multiples façons : transport de personnel et liaison, reconnaissance, transport de matériel et d'évacuation de blessés, si nécessaire.

La contribution du Canada aux opérations de la coalition dans le nord de l’Iraq, y compris la mission de conseils et d’aide, sera par ailleurs soutenue par une installation médicale de rôle 2 dirigée par le Canada. Les gens sur le terrain constituent l’atout le plus précieux dans la lutte contre Daech; leur bien-être est de la plus haute importance. Cette installation médicale assurera de solides capacités médicales et chirurgicales pour appuyer nos partenaires de la coalition dans le Nord.

Les capacités comprennent la réanimation, la chirurgie de sauvetage, le soutien aux soins intensifs, les soins dentaires, l’imagerie diagnostique et un laboratoire médical. Cette installation servira de centre médical pour les forces de la coalition dans le nord de l’Iraq.

Environ 50 membres des FAC aideront, par leur expertise, à offrir ces services qui devraient être prêts au cours des semaines à venir.

Le détachement (inaudible) de la force opération inter-armée en Iraq, connue sous le nom de Camp IRAP (ph), assurera des fonctions de soutien direct, de commandement et de contrôle pour nos nouvelles capacités dans la région. Une nouvelle infrastructure a été mise en place pour soutenir les membres de personnel de l'installation médicale, le détachement d'aviation tactique et quelque 30 membres de personne qui forment le quartier général.

Le Camp IRAP (ph) offre des quartiers, des espaces de travail, un petit gymnase, des installations de morale et de bien-être et tous les éléments nécessaires pour permettre à nos militaires de réaliser leurs tâches.

Notre empreinte et notre orientation ne sont pas seulement en Iraq. En fin de compte, cette opération concerne la stabilité régionale et à cette fin, nous travaillons avec d’autres partenaires au Moyen‑Orient. Nous élaborons donc un programme pour consolider et améliorer la capacité des partenaires en Jordanie et au Liban. En août, une équipe canadienne d’évaluation de la formation est arrivée à Amman pour collaborer avec les forces armées jordaniennes et pour déterminer la façon dont les Forces armées canadiennes peuvent apporter les contributions les plus importantes.

Une équipe semblable a récemment été déployée au Liban. Nous travaillerons avec ces partenaires régionaux et nos alliés dans la région pour déterminer la meilleure façon de les appuyer. À mesure que l’équipe identifie les contributions à la formation, des équipes de formation, venant principalement de l’Armée canadienne, seront déployées pour travailler en étroite collaboration avec ces deux pays afin d’offrir des programmes de renforcement des capacités opportuns.

Nos efforts comprendront aussi des dons d’équipement non létal et des projets d’infrastructure tels que l’amélioration des voies de communication et de l’infrastructure de défense.

D'ici la fin de la transition cette année, environ 830 personnes auront été déployées dans le cadre de l'opération IMPACT. En ce qui (inaudible) les membres de personnel affectés à la portion de la mission axée sur le conseil et l'aide offert aux forces de sécurité iraquiennes.

Pour conclure, chaque volet de cette opération ouvre la voie à la défaite finale de Daech, à l’appui de nos alliés et au soutien des Iraquiens. Et je suis extrêmement fier de tout le travail exceptionnel que notre personnel en déploiement a accompli. Je les en félicite. Merci.

Modérateur : Merci lieutenant-général Bowes. Nous allons passer au brigadier-général Peter Dawe. Mon général.

Brig-Gen Peter Dawe : Bonne après-midi mesdames et messieurs. Mon nom est le brigadier-général Peter Dawe, commandant adjoint des forces d'opérations spéciales du Canada.

Il me fait plaisir de vous mettre à jour au sujet de notre mission d'instruction, de conseil et d'aide exécutée par nos forces d'opérations spéciales en support au mandat que nous a donné le gouvernement du Canada.

En février dernier, à la demande du gouvernement, le commandement des forces d'opérations spéciales du Canada a accru ses efforts d'instruction, de conseil et d'aide aux forces de sécurité kurdes en augmentant progressivement le nombre de personnel en Iraq. Ceci nous a permis d'augmenter notre rôle à l'intérieur de la zone d'opérations locale et d'accroître notre présence au sein des forces kurdes.

Tel que mentionné par le général Bowes, un détachement d'hélicoptères du 427e escadron d'opérations spéciales d'aviation a été déployé depuis le mois de mai. En moins de 24 heures de leur arrivée en théâtre, ils furent en mesure de fournir à la force opérationnelle du transport tactique essentiel à l'accomplissement de notre mission.

Leur présence nous a permis une expansion efficace et sécuritaire de notre présence au sein de la zone d'opérations. Leur participation à l'opération IMPACT est maintenant terminée.

Les forces de sécurité kurdes, ou FSK ont fait un grand pas en avant depuis le début de l’opération IMPACT, lorsque les Forces canadiennes ont commencé la mission de formation, de prestation de conseils et d’assistance. Soyons clairs, les troupes des FSK avec lesquelles nous avons collaboré avaient déjà commencé à améliorer les capacités des soldats de combat. Les membres de notre force opérationnelle d’opérations spéciales ont fourni une approche de formation officielle, englobant un certain nombre de domaines et de compétences.

En tout, les membres de notre force opérationnelle d’opérations spéciales ont formé environ 2000 soldats des FSK. Ces nouvelles compétences, alliées aux conseils et à l’assistance que nos membres ont sans cesse fournis aux commandants supérieurs des FSK, ont amélioré considérablement leur efficacité dans la lutte contre Daech.

Les compétences poussées et la professionnalisation générale des FSK sont devenues de plus en plus manifestes au cours des derniers mois, alors que les Kurdes ont changé leur objectif pour passer d’une position défensive à une position plus offensive. Ceci comprend la reprise des vastes secteurs d’un territoire que Daech détenait auparavant.

Par exemple, en mai dernier, les forces kurdes ont entrepris la première d’une série d’opérations offensives pour déloger Daech de certaines positions clés dans des secteurs vulnérables près des lignes défensives kurdes. Elles ont aussi diminué la liberté de mouvement de Daech aux abords de Mossoul, affaibli ses positions défensives et façonné les opérations futures en détruisant des éléments clés de commandement et de contrôle, des armes lourdes et des véhicules, notamment des engins explosifs improvisés placés dans des véhicules.

Le succès de cette opération a préparé le terrain pour une offensive subséquente en août, laquelle a permis aux forces de sécurité kurdes de libérer approximativement 200 kilomètres carrés adjacents à leur ligne avant. Ceci comprend le dégagement d’éléments de Daech de 10 villages et de différents points géographiques qui se révéleront probablement importants sur le plan tactique lors des opérations ultérieures menant à la libération de Mossoul.

En réponse au changement d’orientation des FSK, les membres de notre force opérationnelle d’opérations spéciales ont adapté leur approche et modifié l’élément de formation par rapport aux éléments de prestation de conseils et d’assistance de la mission. Notre participation continue au cours des deux dernières années et le contexte tactique plus fluide a entraîné une réduction de la demande en formation.

Inversement, les conseils et l’assistance fournis par les membres de notre force opérationnelle ont pris relativement plus d’importance, et ces derniers aident régulièrement à perfectionner la coordination et l’exécution, ou plutôt l’exécution de plans opérationnels complexes conçus par les FSK.

Ce qui est essentiel dans l’assistance durant l’exécution des opérations est l’expertise technique que les membres de notre force opérationnelle fournissent en termes d’accès aux ressources de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, y compris les plates-formes canadiennes telles que l’Aurora, lesquelles améliorent la connaissance de la situation kurde ainsi que la précision dans l’application de la force.

En plus d’offrir un avantage technique important sur Daech, l’amélioration de la connaissance de la situation et de la précision réduit également le risque de dommage collatéral inutile, ce qui diminue au minimum les pertes civiles. Ce passage de la formation à la prestation de conseils et à l’assistance signifie que les membres de notre force opérationnelle d’opérations spéciales ont passé plus de temps à superviser l’exécution des opérations, à aider à fournir des éléments habilitants et à observer les résultats de ces engagements à proximité des lignes kurdes.

Autrement dit, nos tâches ont évolué dans le cadre de notre mandat pour refléter la professionnalisation accrue de nos partenaires des FSK, ainsi que la transition générale de la campagne vers une position plus offensive. Lors de précédentes mises à jour, nous avons informé les Canadiens de situations où notre force opérationnelle a utilisé la force pour se défendre contre Daech. Depuis la dernière mise à jour, il y a eu plusieurs cas où les membres de notre force opérationnelle se sont défendus contre des tirs efficaces pendant qu’ils travaillaient aux côtés de leurs collègues des FSK, pour défendre les Kurdes à leur demande, ou pour protéger des non-combattants dans l’espace de bataille.

Ces situations ont été de nature sporadique et n’ont entraîné aucune blessure pour les Canadiens.

À mesure que Daesh perd de ses forces et sa main mise sur le territoire, la planification pour la libération de Mosul continue et l'élan opérationnel est maintenu. Chaque jour, le gouvernement iraquien se rapproche de son but de libérer la seconde ville en importance d'Iraq. En somme, nos forces d'opérations spéciales continueront de support les forces de sécurité kurdes en livrant de l'entraînement selon leurs besoins et à leur demande, mais maintiendront ces efforts pour conseiller et assister leurs opérations.

Merci. Thank you.

Modératrice : Merci beaucoup générale Bowes, général Dawe.

Nous allons maintenant passer aux questions de l’auditoire. Il y a un microphone de chaque côté de la salle et nous alternerons entre les deux. Je vous rappelle de vous identifier et de mentionner votre agence de presse. Nous vous prions de vous limiter à une question principale et une question complémentaire.

En guise de rappel, veuillez vous identifier, ainsi que votre agence. Veuillez vous limiter à une question principale et une question complémentaire.

Monsieur?

Question : Bonjour, Steve Chase du Globe and Mail. Merci de répondre à nos questions. J’ai une question pour le brigadier-général Dawe, je crois.

Vous nous avez présenté un certain nombre de statistiques lors de séances d’information antérieures, et j’aimerais simplement m’assurer que nous avons les renseignements les plus récents, puisque cela fait quelque temps. Vous avez mentionné à la fin de votre présentation que des troupes canadiennes ont tiré ou ont essuyé des tirs qui provenaient de l’EIIL dans un certain nombre de situations depuis la dernière séance d’information. Pourriez-vous donner des précisions? S’il vous plaît, vous nous avez donné des chiffres et des moments précis auparavant. Alors, pourriez-vous, s’il vous plaît, nous dire à quelle période cela s’est produit et à combien de reprises?

Et encore une fois, nous avons déjà reçu une série de statistiques de votre part. À un certain moment, vous avez dit que vous passiez 20 % de votre temps au front. Je voulais savoir si cela a changé, vu la position plus offensive des Kurdes. Et vos membres ont-ils fait appel à des frappes aériennes et si c’est le cas, combien? C’est tout. Merci.

Bgén Peter Dawe : Certainement. En ce qui a trait aux situations où les membres des Forces d’opérations spéciales du Canada doivent recourir à la force ou engager le combat avec l’ennemi, vous savez, je crois que j’en ai parlé en disant qu’il n’y a pas eu plusieurs cas au cours des derniers mois. Je ne donnerai pas plus de précisions à ce sujet, et pour cela je vais citer d’importantes raisons de sécurité opérationnelle.

Ce que je veux dire, c’est que nous avons affaire à un ennemi très astucieux et très bien informé qui, vous le savez, est capable d’établir des tendances par rapport à notre présence sur la ligne avant, de déterminer le type de TTP ou de tactiques, techniques et procédures si nous divulguons, je crois, trop d’information quant au temps exact passé sur la ligne ou le nombre précis d’engagements.

Je suis donc très préoccupé par la sécurité opérationnelle, malgré ce qui a peut-être été dit dans le passé. Les choses ont évolué. À mon avis, ce qui est important de noter, et j’ai été très clair à ce sujet, c’est que la mission a nettement évolué; elle est passée d’une mission plus défensive à une mission plus offensive. Et par le fait même, nous passons plus de temps avec nos partenaires kurdes sur la ligne pour superviser l’exécution des opérations et pour servir d’intermédiaire pour ces importants éléments habilitants de la coalition qui, comme je l’ai mentionné, accroissent la connaissance de la situation et fournissent, ou améliorent la précision de l’application de la force.

Merci.

Question : Comme question complémentaire, vous avez déjà dit qu’il y avait 69 membres des forces spéciales dans la région. Combien y en aura-t-il lorsque vous aurez terminé vos nouveaux engagements?

Bgén Peter Dawe : Ce que je vais donc vous dire, c’est que nous avons considérablement augmenté notre présence, ce qui s’est révélé très efficace sur le plan opérationnel. Je crois que ce qui est le plus important pour tous, c’est de comprendre que cette augmentation nous a permis d’accroître considérablement notre présence à la ligne avant avec les Kurdes. Encore une fois, je ne donnerai pas de détails, car il est important d’éviter de divulguer trop d’informations, vous savez, à propos, je crois, des limites, des démarcations entre les unités et d’autres choses du genre.

Je me contenterai de dire que notre présence a augmenté de façon considérable et très efficace. Et je devrais dire qu’elle a été bien reçue par les Kurdes, parce qu’elle a permis une meilleure cohérence en ce qui concerne notre engagement avec eux le long de cette ligne. Et bien sûr, comme vous pouvez l’imaginer, elle a été bien reçue par la coalition, car elle a permis à d’autres ressources de la coalition d’aller ailleurs pour faire autre chose.
Modérateur : Merci, mon général. Une question, monsieur?

Question : Oui. Général Dawe, Jacques Godbout, 45e(inaudible).ca.

Les, est-ce que les tâches ont été distribuées pour la reconquête de Mosul? Et si oui, est-ce qu'il est vrai que les combattants kurdes, dont s'occupent nos Canadiens, on ne les laissera pas entrer dans la ville de Mosul? Ils seront plutôt chargés de la sécurité de la périphérie. Et si oui, en quoi peut, cela peut-il affecter la motivation de nos combattants kurdes?

Brig-gén Peter Dawe : Alors, en ce qui concerne le rôle des Kurdes pour la mission à Mosul, ce que j'aimerais souligner, c'est à ce temps-ci, c'est un temps très sensible. Comme vous pouvez l'imaginer, les préparatifs qui se font sur le terrain pour l'attaque sur Mosul, c'est très (inaudible) pour de bonnes raisons. Alors, ce que je vous dirais, c'est que nous, nos troupes canadiennes sont très impliquées avec la défense de la ligne kurde et puis nous sommes prêts à les supporter en gardant avec le mandat que le gouvernement nous a donné. Merci.

Question : Merci.

Modératrice : Merci beaucoup.

Question : Murray Brewster with CBC News.

Les commandants des États-Unis ont indiqué que l’appui aux forces de sécurité iraquiennes devra se poursuivre au-delà du dégagement de Mossoul et d’autres territoires iraquiens, et que les forces iraquiennes auront besoin de formation sur la contre‑insurrection pour affronter ce que, mon général, vous avez appelé auparavant la menace asymétrique qui peut survenir après la libération de ce territoire. Prévoyez‑vous un engagement canadien à long terme par cette entreprise?

Lt-gén Stephen Bowes : Merci, Murray. Il y a une importante dimension à cette situation, et aux décisions de la part du gouvernement. Nous avons un mandat pour la mission. Un examen automatique est prévu en mars 2017 et, comme vous le savez, à mesure qu’évoluent les événements sur le terrain, l’état-major stratégique, en collaboration avec le personnel du ministre, examinera où en est la mission, les options possibles à l’avenir et, des décisions appropriées seront prises. Actuellement, notre position n’est pas orientée vers cet avenir.

À l’heure actuelle, notre orientation est donc de garantir la sécurité kurde dans le Nord et de contribuer à la coalition en aidant à vaincre Daech en tant qu’entité militaire à l’intérieur des frontières de l’Iraq.

Question : Alors pour clarifier, au-delà de l’examen de la politique l’an prochain, il pourrait y avoir une réduction de l’intensification canadienne, il pourrait y avoir un désengagement. Pouvez-vous clarifier un peu l’avenir, s’il vous plaît?

Lt-gén Stephen Bowes : Je ne pourrais pas clarifier l’avenir, car vous le savez, il faudrait attendre que Mossoul soit libéré. Nous devons attendre ce qui en résultera et nous devons constater la situation sur le terrain. Il m’est également impossible d’avancer des hypothèses, sur le plan opérationnel, quant au genre d’options qui pourraient être considérées. Merci, Murray.

Modératrice : Madame?

Question : Michelle Lamarche, TVA. Brigadier-général Dawe, est-ce que vous pouvez nous dire en français, avec peut-être un peu plus de précision lorsque nos forces spéciales se retrouvent sur le terrain, donc très près de la ligne de feu, vous dites qu'il y a de plus en plus d'incidences. Pouvez-vous nous parler de ces incidences? Et aussi du degré de dangerosité auquel s'exposent nos forces spéciales?

Brig-gén Peter Dawe:                    Certain. Alors, ce que j'ai mentionné, bien je vas, ça, ça vaut la peine de le répéter certain. La mission a évolué beaucoup depuis le printemps de cette année. On a vu un départ d'une opération plutôt défensive à une opération vraiment, une mission plutôt offensive. Les kurdes en fait, ont, ont exécuté deux missions très importantes durant lesquelles ils ont pris à peu près 200 kilomètres carrés de, de terrain qui était auparavant détenus par les éléments Daesh.

Alors, dans un contexte plus offensif, c'est évident que la demande pour l'entraînement diminue tandis que la demande pour les conseils et puis l'assistance augmente. C'est une, c'est un environnement plus fluide, plus dynamique, et puis par conséquence, on se retrouve à la ligne plus souvent. Et puis comme j'ai dit, je veux pas rentrer dans les détails concernant le nombre spécifique d'engagements avec l'ennemi, mais je vous dis clairement que le nombre a été quand même assez constant depuis les derniers mois. Et ça pas, il y a pas eu de résultats, il y a pas eu de blessés canadiens, mais on a joué un rôle très important dans les, dans les, les opérations offensives des kurdes.

Question : Qu'est-ce qui fait que par le passé, vous nous donniez des chiffres, c'est-à-dire on savait combien il y avait des membres des forces spéciales sur le terrain, et lorsqu'un incident se produisait, c'était aussi rapporté. Qu'est-ce qui fait qu'à partir de maintenant, on n'a plus ces données-là?

Brig-gén Peter Dawe : C'est l'évolution de la mission. C'est le fait qu'on passe plus de temps à la ligne. C'est le fait que ça devient un petit plus la norme et on est plus impliqués à la ligne. Alors, et puis, je vous dirais carrément que d'après nous, d'après les capacités de l'ennemi, il y a un très grand risque de sécurité opérationnelle si on dit, si on donne trop de détails concernant le pourcentage de temps, si vous voulez, qu'on passe à la ligne.

D'après nous, l'ennemi, elle serait quand capable de déterminer une certaine, comment je dirais, pattern. Alors ça nous inquiète énormément. Malgré ce qu'on a peut-être dit auparavant, la situation sur le terrain a changé. Alors ça nous prend, d'après nous, des mesures de, de sécurité opérationnelle un plus différentes.
Modératrice : Merci général. Sir?

Question : Bonjour, je suis Bruce Camion-Smith du Toronto Star. Merci.

En ce qui concerne la bataille de Mossoul, pouvez-vous nous parler un peu du rôle que vous prévoyez pour les forces kurdes, et par conséquent, du genre de rôle que jouera les Canadiens avec elles, s’ils participeront de manière plus prononcée plutôt que de simplement monter la garde au flanc nord pour empêcher un certain exode de combattants ou s’ils participeront à l’assaut même sur la ville?

Lt-gén Stephen Bowes : (À côté du microphone).

Bgén Peter Dawe : Certainement, monsieur. Oui. Avec plaisir.

Lt-gén Stephen Bowes : Le plan pour la libération de Mossoul sera un plan iraquien. Il se déroulera en fonction d’un calendrier iraquien et d’une manière qui sera déterminée par les Iraquiens. Des discussions et des négociations sont encore en cours entre divers éléments du gouvernement iraquien et entre des dirigeants en Iraq sur la façon dont cela se déroulera. Aux dernières nouvelles, les forces de Pesh, les Kurdes au Nord, mèneraient des opérations limitées aux alentours des abords de Mossoul.

C’est donc ce sur quoi nous nous sommes fondés. Mais je crois que ce qui se passe sur le terrain est extrêmement complexe. Il s’agit d’une complexité qui nous est difficile, comme Occidentaux, d’analyser d’une manière qui nous permet de prédire la façon dont les choses vont se dérouler; il ne s’agit pas seulement des quelques obstacles importants dont vous parleriez normalement au sujet des Kurdes, des communautés chiites ou sunnites. Il s’agit aussi au sein des segments au sein de ces groupes. Vous savez, il y a une dynamique au sein des Kurdes. Il y a une dynamique au sein des communautés chiites. Il y a une dynamique au sein des communautés sunnites, et toutes comportent de nombreux fragments.

Et je crois que nous devons nous être conscients qu'on ne nous dit pas tout, toutes les choses ne sont pas déclarées à l’Occident. En outre, vous devez être prêts à accepter un certain niveau d’ambiguïté, d’ambiguïté stratégique et un niveau de complexité qui ne nous est pas facile à comprendre initialement quant à la façon dont l’opération se déroule. Je commencerais donc par ces commentaires, et ensuite, je cèderais la parole au général Dawe pour une discussion sur l’élément tactique.

Bgén Peter Dawe : Ce que je peux vous dire sur le plan tactique, et cela va dans le sens de ce qu’a dit le général, c’est que la situation est très fluide à l’heure actuelle. Nous nous préparons à la plupart des éventualités. Nous sommes bien préparés avec nos partenaires kurdes, mais certaines de ces décisions n’ont pas encore été prises. Le degré de participation des Kurdes au combat de Mossoul n’a pas encore été déterminé. Et, franchement, vous pouvez vous imaginer, une bonne dimension de sécurité opérationnelle s’y rattache également. Ce que je veux dire, c’est que nous sommes actuellement aux étapes critiques de la planification et que nous examinons le déplacement éventuel sur Mossoul.

Il n’y a pas grand-chose à ajouter sauf pour dire que nous travaillons très étroitement avec nos partenaires kurdes et nous nous préparons, comme je l’ai dit, à toutes les éventualités.

Question : Si la stratégie des Iraquiens était que les forces de Pesh se déplacent vers certains éléments de la ville, y aurait-il des restrictions sur le plan canadien qui empêcheraient nos troupes, en quelque sorte, de continuer à fournir des conseils et de l’assistance? Devraient-elles rester aux limites de la ville?

Bgén Peter Dawe : À mon avis, cette discussion devrait avoir lieu entre notre chef d’état-major de la défense et le ministre, bien sûr, afin de s’assurer que nous sommes toujours considérés comme travaillant dans le cadre de notre mandat.

Modérateur : Merci, mon général. Deux autres questions, puis nous prendrons les appels téléphoniques. Monsieur?

Question : Oui, Lee Berthiaume de La Presse canadienne. Général Bowes, je comprends ce que vous dites. J’espérais reparler de la complexité de cette question, quelque chose que nous avons suivi. Vous savez, cette question ne concernera pas seulement Mossoul, mais aussi ce qui arrivera ensuite, et je suis curieux de savoir ce que font le Canada et les Forces canadiennes, pas nécessairement pour tenter d’améliorer questions complexes, mais plutôt pour se préparer à ce qui pourrait devenir de réelles tensions entre ces divers blocs lorsque l’ennemi commun qu’est l’EIIL aura été forcé de quitter l’Iraq et qu’apparaîtra la menace des divisions, en quelque sorte.

Lt-gén Stephen Bowes : Excellent. Tout d’abord, du point de vue des Forces canadiennes, notre orientation est vraiment sur la coalition et au moyen de celle-ci, axée sur les forces de sécurité iraquiennes, et ensuite axée sur Daech. Vous savez, une bonne partie de cela dépend de ce qui se passe; laissez-moi vous dresser un tableau qui illustre d'une certaine façon la complexité.

Bien des discussions ont été axées, et si vous me le permettez, en préparation à cette séance, certaines de nos questions sont : que feront les forces de Pesh? Que feront les Kurdes? Qu’arriverait-il si des éléments des milices chiites, qui ont peut-être participé à des négociations afin de ne pas nécessairement faire X ou Y? Ils n’iraient pas nécessairement dans cette ville ou iraient ici ou ailleurs. Qu’arriverait-il s’ils le faisaient?

La réalité, c’est que nous avons tendance à oublier que les milices chiites ne sont pas toutes sous l’influence du contrôle étroit du gouvernement. Elles ne sont pas toutes contrôlées étroitement. Certaines d’entre elles ont une influence iranienne, d’autres sont farouchement nationalistes. Puis vous devez les diviser en une société sunnite plus vaste de forces tribales, de communautés locales et un mélange d’éléments qui ne correspondent pas à cette description particulière, si vous voulez.

Il est donc très difficile de dire ce que seront les conséquences avant d’être arrivé à la libération de Mossoul plus un, et ensuite, vous examinez ce qui s’est passé sur le terrain. En fin de compte, ce qu’il est important de se rappeler, c’est qu’il s’agit de Daech. Vous savez, ils ont le droit de vote. La manière dont la campagne à Mossoul se déroulera est déterminée, dans une large mesure, par leurs actions. Et il est très difficile, même lorsqu’on examine ce qu’ils ont fait dans le passé, de savoir comment ils se comporteront dans la défense de Mossoul et quel genre de mesures ils peuvent prendre.

Ainsi, il est très difficile de comprendre quelle sera la réaction par la suite. Du point de vue de la coalition, il est clair qu’ils ont travaillé avec le gouvernement iraquien pour faire face à certaines situations imprévues au sein de nos organisations nationales, par exemple, que faire dans le cas de personnes déplacées, quelle serait la réponse si Mossoul capitulait beaucoup plus rapidement que nous l’avions peut-être prévu.

Mais à la limite, vous devez attendre le déroulement des choses sur le terrain, et voir qui a le contrôle dans les conversations, et je crois que nous ne saisissons pas cette nuance ici, parce que nous examinons la situation de façon holistique et par bloc. Le terrain est imprévisible, comme l’a dit le général Dawe, et c’est extrêmement complexe, même pour les gens qui y consacrent leur attention à longueur de journée.

Question : Il me semble que c’est une situation très compliquée. Vous savez, il reste à savoir si les Canadiens le comprennent et j’imagine, ma grande question est, vu la situation compliquée, sommes-nous préparés à toutes les éventualités? Le Canada et les Forces canadiennes, et tous les autres sont-ils préparés à affronter ces éventualités?

Lt-gén Stephen Bowes : Je crois qu'on ne peut jamais l'être, je ne crois pas que je pourrais être assis ici et dire que nous sommes prêts à affronter toutes les éventualités possibles. Ce que nous sommes prêts à faire est de continuer à aider la coalition, par l’entremise des Iraquiens, pour vaincre Daech. C’est vraiment ce sur quoi nous nous sommes concentrés. C’est ce que nous faisons depuis le début, et ce que nous continuons à faire, par l’entremise de l’équipe de liaison ministérielle et d’autres alliés, qui font partie de la coalition, parce qu’ils ont entrepris ces tâches aux sites de consolidation des capacités des partenaires en donnant de la formation aux forces de sécurité iraquiennes, en donnant de la formation non seulement aux forces armées, mais aux forces policières, et en examinant certaines milices tribales, certaines forces policières qui occuperaient certaines parties du terrain.

C’est ce que nous pouvons accomplir. Il y a un élément à ceci qui est une histoire compliquée qui remonte à des centaines d’années, et que quelqu’un s’assoit ici et dise : voici comment cela va se dérouler, voici comment Mossoul sera libérée, je ne vais pas m’aventurer sur ce terrain.

Modérateur : Merci général Bowes. Une dernière question ici.

Question : Mathieu Gohier, Radio-Canada. Question pour le brigadier-général Dawe.

On a mentionné que la situation était fluide, qu'il était difficile de prédire ce qui se passait sur le terrain, compte tenu justement de la complexité. Comment on évalue le plus précisément possible le risque pour les forces spéciales canadiennes qui se retrouvent justement dans, très près de l'action et du front comme ça?

Brig-gén Peter Dawe : Ce que je vous dirais, c'est comme j'ai mentionné, avec l'évolution de la mission, d'une mission plutôt défensive à une mission offensive, avec une situation tactique très fluide, c'est évident que par conséquence, on va passer plus de temps vers la ligne et puis par conséquence encore, le risque aussi va augmenter. Mais je vas vous dire que on apprend constamment. On continuer d'essayer de mitiger le risque autant que possible avec nos, nos procédures, nos tactiques. Et puis en communication avec nos partenaires kurdes, on a appris beaucoup avec le décès de sergent Doiron, et puis on a appliqué ces leçons-là.

Mais on, ce qu'on peut pas faire, c'est on peut pas, on peut pas se débarrasser du risque entièrement. Il reste un risque évidemment, évident pour nos troupes et puis il faut être très honnête dans, dans ce, dans ce cas-là. Alors, je vous le dis par conséquence, en passant plus de temps vers la ligne dans une situation aussi dynamique qu'on retrouve ces jours-ci, que le risque a augmenté.

Question : Et en sous-question, ça veut dire qu'on n'a pas toute l'information nécessaire des fois pour bien savoir où est-ce qu'on avance, comment on agit en conséquence, comment on peut prendre de bonnes décisions en n'ayant pas toute l'information?

Brig-gén Peter Dawe : Moi, je vous dirais que du, d'une perspective tactique, c'est moins compliqué qu'au niveau que le général Bowes discute. Au niveau de la coalition, lorsqu'on parle des factions kurdes et shia et sunnis et la situation macro-Iraq, c'est pas mal plus compliqué que sur le terrain au niveau tactique pour les forces d'opérations spéciales canadiennes avec leurs partenaires kurdes.

Fait que, il faut quand même s'assurer que, qu'on comprenne la différence entre les deux. Au niveau tactique, c'est évident qu'il y a du, de temps en temps, c'est compliqué. Il y a du chaos de temps en temps, mais par rapport, du jour en jour avec l'entraînement que, que nos soldats reçoivent, avec le partenariat avec leurs, avec leurs collègues kurdes, c'est, on fait tout pour mitiger le risque et pour s'assurer qu'on comprenne la situation au niveau tactique immédiat.

Modératrice : Merci général Dawe.

Nous allons prendre des questions par téléphone. Nous vous demandons de vous identifier et de mentionner votre agence de presse.

Nous allons aller au téléphone pour des questions. Veuillez vous identifier ainsi que l'organisation que vous représentez.

Operator : Merci. Thank you. Please press *1 at this time if you have a question.

Veuillez appuyer sur *1 maintenant si vous avez une question.

Nous avons une question de Justin Ling de VICE News. La parole est à vous.

Question : Merci beaucoup. J’espère que vous pouvez nous donner plus de détails concernant ce à quoi ressemble une journée pour les forces spéciales dans le nord de l’Iraq? Auparavant, vous savez, on nous a laissé comprendre qu’une bonne partie du temps se passait en classe, vous savez, loin des lignes avant, à identifier des cibles, à effectuer certaines opérations de renseignement. Je me demande si vous pouvez nous décrire les activités quotidiennes de nos forces spéciales maintenant que la mission a évolué.

Lt-gén Stephen Bowes : D’accord. Ce que je veux souligner est le fait que, vous savez, la mission a nettement évolué. Vous savez, la situation a changé, particulièrement depuis le printemps dernier, lorsque les Kurdes ont mené des actions vraiment plus offensives pour reprendre du territoire qui était auparavant détenu par Daech. Mais ce que je veux éviter ici, c’est de faire en quelque sorte la description détaillée des activités quotidiennes de nos troupes.

Par contre, ce qui est sous-entendu dans mon message, et j’estime avoir été plutôt clair à ce sujet, c’est qu’il y a eu une transition, vous savez, en ce qui touche l’importance relative qui est passée de la formation à la prestation de conseils et d’assistance. Et cette situation reflète simplement la professionnalisation de nos partenaires des FSK, ainsi que l’évolution de la mission. La combinaison de ces deux aspects a entraîné une réduction de la demande en formation et une augmentation de la demande en conseils et en assistance.

Alors, vous pouvez tirer vos propres conclusions. Je n’entrerai pas dans les détails quant au pourcentage du temps passé sur la ligne, mais je me limiterai à dire que la contribution de nos troupes est significative et très importante lorsqu’il s’agit de fournir de l’assistance au commandement et au contrôle et de servir d’intermédiaire pour certains des éléments habilitants importants de la coalition qui aident vraiment les Kurdes dans l’exécution de leurs opérations.

Question : J’ai une question un peu différente. Au cours des derniers mois, il y a eu un certain nombre de cas en Iraq et en Syrie d’attaques aériennes amies ou de bombardements amis, ou d’incidents quelconques, qu’il s’agisse d’aéronefs américains qui attaquent nos hôpitaux alliés ou d’aéronefs américains qui prennent des forces armées syriennes ou iraquiennes. Plus tôt, vous avez indiqué à quel point les aéronefs Aurora ont été utiles pour identifier des cibles amies et s’assurer que seules les cibles que nous voulons atteindre sont en réalité frappées.

Pouvez-vous nous dire s’il y a eu une hausse de ce genre de missions dernièrement, ou s’il y a eu une sorte de réorientation afin de s’assurer qu’on est certain à 100 % avant de lancer une attaque, au cours des derniers mois, ou si nous y avons participé?

Lt-gén Stephen Bowes : Alors, du point de vue de la coalition, je ne peux pas séparer le nombre de cibles qui ont été frappées délibérément ou de façon dynamique. Délibérément signifie qu’une attaque a été planifiée et de façon dynamique signifie qu’un aéronef était en service et attendait un engagement, puis a été appelé pour frapper une cible. Je n’ai pas ces renseignements à portée de la main.

Lorsque nous considérons notre contribution au moyen de l’aéronef Aurora, et il s’agit aussi du centre du renseignement de toutes sources, nous définissons réellement une cible délibérée. Et chaque cible que nous désignons par l’entremise de la coalition est soumise à un autre niveau d’examen, en réalité, à de multiples examens et définitions avec des ressources de renseignement, de surveillance et de reconnaissance supplémentaires appliquées à la cible avant qu’elle soit désignée par le commandant de la coalition et qu’une décision de frapper ou non soit prise.

C’est donc un processus très délibéré qui est en jeu. Et l’aéronef Aurora contribue simplement en fournissant des données brutes à ce processus, lesquelles doivent ensuite être analysées par du personnel sur le terrain.

Modérateur : Merci. Avons-nous...

Bgén Peter Dawe : Désolé, j'allais simplement ajouter quelques mots. Sur le plan tactique, je crois, lorsque j'ai mentionné une plus grande emphase sur les conseils et sur l'assistance, cela signifie que nous sommes en mesure de surveiller nos partenaires kurdes lors de ces opérations. Nous voyons que les cibles existent, de sorte que nous les aidons dans certains cas à valider les cibles. Et je peux vous dire sans équivoque, vous savez, lorsque je fais référence à la professionnalisation des FSK, qu'il s'agit là probablement d'un des aspects ayant connu la plus grande amélioration.

Ils sont très minutieux et très rigoureux. Ils comprennent que nous ne pouvons franchement pas collaborer avec eux à moins qu'ils ne respectent en quelque sorte nos règles d'engagement et le droit des conflits armés. Et ils comprennent. C’est une excellente nouvelle, et les gens doivent comprendre que les Kurdes se conforment aux règles occidentales.

Par contre, nous assistons régulièrement à des cas où Daech s'attaque délibérément à des cibles civiles, vous savez, devant les lignes Pesh. Déplorable. Et c'est ce contre quoi nous nous battons. Je crois donc qu'il est important pour les Canadiens de comprendre la différence entre les gens qui sont nos partenaires, l'excellent travail que nous avons accompli en leur compagnie et cet ennemi détestable avec lequel nous composer régulièrement.

Modérateur : Merci, général Dawe. Général Bowes. Y a-t-il d’autres questions par téléphone?

Opérateur : Nous n’avons plus d’autres questions.

Oui. Je suis désolé, nous avons une question de Justin Ling de VICE News. La parole est à vous.

Question : Je crois que j’ai gagné à la loterie. Simplement à titre de suivi à la dernière question, pouvez-vous nous fournir des statistiques, vous savez, sur le nombre de frappes aériennes qu'on nous demandera de faire ou précisément, vous savez, le genre d'opérations qu'on devra réaliser pour diminuer ces frappes qu'il s'agisse, vous savez, d’identifier les cibles à partir du sol, de faire appel au service du renseignement, au renseignement d'origine électromagnétique ou à toute méthode, que ce soit ou non à partir de la plate-forme Aurora?

Lt-gén Stephen Bowes : Vous désirez répondre? Je peux vous en parler.

Bgén Peter Dawe : Oui. Je ne suis pas certain d’avoir compris (inaudible).

Lt-gén Stephen Bowes : Je crois que j’aborderai assurément la question sur le plan tactique. Je ne m’aventurerai pas à parler des nombres précis de frappes aériennes que les Kurdes ont demandées. Mais je vous dirai que les efforts que nous avons déployés en termes de, vous savez, de service, comme je l'ai déjà souligné, à partir des ressources de la coalition, ont été considérables et ont grandement affaibli Daech dans l’espace de bataille. Personne ne devrait en douter.

Une fois de plus, nous ne sommes pas ici pour dénombrer les corps, vous savez. Nous ne répétons pas les erreurs commises par McNamara et Johnson. Mais je peux vous dire que les chiffres sont impressionnants. L'effet est profond et les gens ne devraient pas sous-estimer la valeur des Forces canadiennes, dont tout particulièrement nos membres de la FOS en service, comme je l'ai dit, qui assurent le lien entre les Kurdes, et les ressources de la coalition qui réalisent un travail formidable dans le ciel au‑dessus de l'Iraq.

Opérateur : Merci.

Moderator: Ladies and gentlemen, we have time for two more questions.

Mesdames et messieurs, nous avons le temps pour deux dernières questions.

Question : Je m’appelle Steve Chase encore une fois du Globe and Mail. Je voulais simplement faire suite à ma dernière question. J’essaie de comprendre, à titre de civil, ce qui s’est passé ici. L'an dernier, vous nous avez fourni des renseignements de base sur le nombre de membres des Forces spéciales déployées en Iraq, le secteur dans lequel ils se trouvaient, la fréquence à laquelle ils se sont retrouvés sur le front, la fréquence à laquelle ils ont demandé des frappes aériennes, ainsi que la fréquence à laquelle ils ont participé à des échanges de feu. Maintenant, vous ne nous donnez aucun de ces détails. Je vous le répète, je suis un civil, je ne fais pas votre travail, mais vous parlez de sécurité opérationnelle. Par conséquent, qu’y a-t-il de différent entre octobre 2016 et, disons, un briefing auquel nous avons participé en juin 2015? La situation est-elle devenue plus dangereuse?

Bgén Peter Dawe : D’accord.

Question : Parce que nous nous efforçons d’évaluer; notre gouvernement nous a promis qu’il ne s’agit pas d’une mission de combat. Tous les paramètres qu’un civil utiliserait pour évaluer la situation et que vous ne fournissez plus. Pourquoi?

Bgén Peter Dawe : Comme je l’ai mentionné, la différence concerne la mission qui a changé depuis le printemps. Elle est passée d’une mission plutôt défensive à une mission plus axée sur l’offensive. Il s’agit là d’un environnement très dynamique. Et comme je l’ai déclaré de manière passablement claire, il en a résulté une baisse de la demande d’entraînement, mais une augmentation de la demande de conseils et d’aide.

Cela implique une fois de plus que nous passons davantage de temps en compagnie de nos partenaires sur la ligne, pour surveiller le déroulement des opérations et mettre à profit certaines des ressources de la coalition. Nos craintes, du point de vue de l’OPSEC, c’est-à-dire de la sécurité des opérations, viennent du fait que nous avons déterminé que notre ennemi est très bien informé et très perspicace. Et si nous divulguons trop d’information, comme le temps passé sur la ligne, le nombre d’engagements, ils excellent lorsque vient le temps d’établir nos habitudes. Et nous ne voulons pas leur donner un avantage. Nous ne voulons pas qu’ils connaissent la fréquence à laquelle nous nous trouvons sur la ligne. S’ils l’apprennent et s’ils parviennent à comprendre nos habitudes, ils pourraient être en mesure d’identifier nos faiblesses éventuelles, ainsi que les lacunes sur le plan défensif de nos partenaires kurdes.

Pour cette raison, cela n’aide pas. Mais je crois que le principal point que les Canadiens peuvent dégager est que nous sommes davantage impliqués sur la ligne. On ne devrait pas en douter. Et par conséquent, le risque pour nos troupes s’est intensifié en raison, uniquement, vous savez, du temps passé sur la ligne et du travail que nous effectuons présentement dans un environnement plus dynamique et plus fluide.

Lt-gén Stephen Bowes : Steve, ce sont les Iraquiens qui combattent. Soyons clairs à ce niveau. Et donc, la mission de conseil et d’aide dont nous venons tout juste de parler en ces termes ne nous apporte rien. Mais elle apporte beaucoup aux forces iraquiennes, qu’elles soient kurdes, chiites, sunnites ou d’une autre minorité religieuse. Ce sont les Iraquiens qui font la guerre à Daech. Nos conseils et notre aide ne s’y prêtent pas et le chef, soit le chef de la Défense, l’a déclaré clairement par le passé.

Modérateur : Un suivi? Non?

Question : Eh bien, j’allais simplement dire que nous savions il y a un an que l’EIIL est complexe. Nous savions il y a un an que l’EIIL est spécialiste des médias et qu’il a accès à tous les médias, je veux dire qu’il fonctionne à la façon d’une entreprise. Il y a un an, le New York Times publiait un article décrivant sa façon de fonctionner comme une entreprise et la façon dont il avait adopté des quotas. Je veux dire que nous savons depuis longtemps qu’ils sont sophistiqués. Par conséquent, pour quelle raison ne nous donnez-vous pas l’information que vous nous avez donnée il y a un an? Vous semblez répondre que la situation est devenue plus dangereuse?

Lt-gén Stephen Bowes : Pour répondre, eh bien, nous sommes passés d'une position défensive où nous assurions la défense dans le secteur, à une mission où les Iraquiens sont sur le point de se libérer et d'évincer Daech au sens conventionnel alors qu'il occupe le territoire iraquien, pour passer ensuite davantage à une insurrection. La mission a donc évolué. Elle est passée d'une mission défensive à une mission offensive, de combat. Nous avons traversé la phase de dégradation de la campagne. Nous sommes en plein processus de démantèlement. Et la défaite représente une phase complexe de l'opération qui s'étendra sur plusieurs années, mais nous sommes en plein processus et les Iraquiens s'en occupent.

Je crois qu'il s'agit là vraiment du point qu'il faut remarquer.

Modérateur : Merci, général Bowes. Monsieur?

Question : Je voulais simplement réagir à quelques points ici. Vous avez mentionné que vous n’allez pas donner les chiffres en ce qui concerne les Kurdes, soit le nombre de fois où les Kurdes ont demandé des frappes aériennes. Les membres canadiens du personnel spécial ont-ils demandé des frappes aériennes au cours des quelques derniers mois?

Bgén Peter Dawe : Eh bien, je dois vous dire que nous participons en donnant des conseils et en apportant notre aide lorsque les Kurdes demandent des frappes.

Question : Est-ce que la réponse est « non »?

Bgén Peter Dawe : Pardon?

Question : Est-ce que la réponse est « non »?

Bgén Peter Dawe : Je ne vais pas entrer dans les détails de notre façon de procéder. N’est-ce pas? Je ne peux pas. Ce n’est pas une chose que je souhaite faire.

Question : D’accord. Ensuite, comme mon collègue l’a mentionné précédemment et comme vous l’avez dit, vous avez parlé du nombre de combats impliquant des tirs et du nombre de fois que les Forces canadiennes ont riposté contre les forces de l’EIIL. Vous avez mentionné qu’il y avait eu une augmentation, si vous voulez, du nombre de fois qu’un tel incident est survenu depuis la transition. S’agissait-il essentiellement d’autodéfense dans tous les cas? Utilisent-ils encore, j’imagine, les mêmes paramètres ou définitions en termes d’autodéfense? Donc, on s’est fait tirer dessus en premier lieu?

Lt-gén Stephen Bowes : Donc, absolument. N’est-ce pas? Donc nous nous défendions, parce que nous, nos troupes essuient des tirs directs et efficaces ou nous défendons nos partenaires kurdes, parce qu’ils ont fait appel à notre aide. Ou même, dans certains cas, nous défendons des civils dans l’espace de bataille. Donc, dans tous les cas, nous nous défendons; c’est de l’autodéfense que nous faisons.

Question : Ainsi, les Canadiens n’ont tiré aucun coup à titre offensif?

Lt-gén Stephen Bowes : Non.

Modérateur : D’accord. Merci beaucoup, lieutenant-général Bowes et brigadier-général Dawe. Mesdames et messieurs, ainsi prend fin l’exposé technique aujourd’hui. Merci de votre participation.

Mesdames et messieurs, ceci conclut la séance d'information technique. Merci d'avoir assisté à notre événement. Pour accéder aux images qui étaient derrière nous, vous pouvez aller à forcesimages.ca.

Si vous désirez parcourir les photos que nous vous avons présentées au cours de l’exposé technique d’aujourd’hui, veuillez consulter le site à l’adresse forcesmages.ca. Je vous remercie beaucoup.

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