Séance d’information technique pour faire le point sur la stratégie adoptée par le Canada pour lutter contre Daech

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Archive de la transcription / Le 16 novembre 2016

Transcription

Modératrice : Bonjour mesdames et messieurs. Bienvenue à la séance d’information sur la stratégie du Canada pour lutter contre Daech. Sont avec nous aujourd’hui le lieutenant-général Stephen Bowes, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada, qui fera le point sur les opérations des Forces armées canadiennes contre Daech, ainsi que le major‑général Michael Rouleau, commandant du Commandement des forces d’opérations spéciales du Canada, qui fera le point sur la contribution des forces d’opérations spéciales du Canada dans les opérations contre Daech.

Nous aurons également droit à une présentation de Sean Boyd, directeur, Politiques stratégiques et cohérence des programmes, Développement Moyen-Orient, Affaires mondiales Canada, qui fera le point sur la stratégie adoptée par le gouvernement du Canada pour lutter contre Daech au Moyen-Orient. Il sera accompagné de Stephen Salewicz, directeur, Opérations d’aide humanitaire internationale, Affaires mondiales Canada, qui pourra répondre aux questions.

Général Bowes.

Lgén Stephen Bowes : Bonjour tout le monde. Je vous remercie de me donner l’occasion de vous parler aujourd’hui. Je suis le lieutenant-général Stephen Bowes, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada. Je commencerai la présentation en faisant le point sur les opérations militaires de la coalition pour démanteler et éventuellement vaincre Daech. Je devrais mentionner que la coalition reconnaît que le volet militaire doit être suivi par des mesures axées sur des efforts de stabilisation et de gouvernance à l’appui du gouvernement iraquien.

La coalition maintient son élan. Jusqu’à présent, les forces de sécurité iraquiennes ont repris environ 56 % du territoire initialement contrôlé par Daech en Iraq, et elles ont libéré quelque 115 villes et villages.

Le mois passé, les forces iraquiennes ont amorcé leur campagne pour éradiquer la présence de Daech à Mossoul. En ce moment, elles continuent à sécuriser l’axe nord de Mossoul. À l’est, les forces de sécurité iraquiennes, qu’on appelle le service antiterroriste, continuent à progresser graduellement en capturant plusieurs pâtés de maisons. Au nord-est, on considère que Bachiqa est libérée de la présence de Daech. Des opérations de libération complète sont en cours pendant que les progrès se poursuivent dans cet axe. Finalement, au sud, les forces de sécurité iraquienne contrôlent certains points critiques dans les approches vers Mossoul.

Cependant, compte tenu de l’importance stratégique de Mossoul pour Daech, la coalition s’attend à ce que son centre soit défendu farouchement. Daech a eu deux ans pour bien s’installer et s’est affairé. Il a placé des bermes, des tranchées, des tunnels, des explosifs improvisés installés dans les maisons et des pièges.

Avant la guerre, la population de Mossoul était estimée à environ deux millions. En ce moment, on l’estime entre 800 000 et 1,5 million. C’est une différence assez remarquable. La population dense de Mossoul est trop souvent utilisée comme bouclier humain par Daech. Il faut le leur accorder : les forces iraquiennes continuent à respecter le principe gouvernemental selon lequel la protection des civils est fondamentale. Ils sont aussi très conscients de la crise humanitaire, car des milliers de civils déplacés cherchent un abri et la sécurité.

Les combats ont lieu dans un environnement urbain complexe et difficile. Selon la coalition, il y aurait environ 5 000 combattants de base à Mossoul et aux alentours. Ces combattants auraient l’appui d’un millier de combattants étrangers à Mossoul, et il y aurait de 1 500 à 2 000 combattants de base dans la région autour de Mossoul. Ces chiffres ne sont que des estimations. Bon nombre des combattants qui défendent le centre-ville n’ont nulle part où battre en retraite, alors nous prévoyons qu’ils préféreront mourir au combat que se rendre. Le Tigre aggrave le problème, car il divise la ville en deux et représente un obstacle important pour les forces qui arrivent de l’est et du nord.

La campagne pour reprendre Mossoul est une opération à grande échelle. Bien que la coalition prévoit un combat ardu et prolongé, tout se passe conformément au plan et à l’échéancier iraquiens. C’est inévitable : Mossoul sera reprise. Cela dit, cette réussite ne représentera pas la fin de la menace de Daech en Iraq, en Syrie, dans la région ou à l’échelle internationale.

Une capacité militaire, principalement au moyen de la création de partenariats, sera probablement nécessaire dans le cadre d’une approche de stabilisation pangouvernementale, et pour fournir de l’aide diplomatique, humanitaire, de gouvernance et de reconstruction.

Vous vous demandez peut-être quel sera le rôle des Forces armées canadiennes après Mossoul. Cela reste à voir. Le chef d’état-major de la défense présentera des conseils au gouvernement relativement aux plans d’action possibles et nous attendrons les directives du gouvernement du Canada.

En Syrie, quelque 40 000 membres des forces démocratiques syriennes (FDS) ont aussi entamé leur campagne pour reprendre Raqqa, l’autre bastion principal de Daech. Encore une fois, l’approche de la coalition est délibérée. Elle progressera en étapes, et chaque étape sera réfléchie.

La première étape consiste à isoler Raqqa. Les FDS continuent à avancer sur deux axes au nord de Raqqa et ont pris contrôle de plusieurs petits villages. Pendant l’étape d’isolement, la coalition continue à planifier les étapes suivantes en collaboration avec ses alliés et ses partenaires, et leur intention est d’organiser l’assaut de la ville elle-même pour la libérer du contrôle de Daech et la tenir afin d’éviter qu’elle retombe aux mains ennemies. Nous en sommes encore aux premiers jours.

Les Forces armées canadiennes ne participent pas directement à ces opérations. Cependant, nous continuons à occuper plusieurs fonctions qui appuient les efforts de la coalition en Iraq. Nous assurons un soutien par nos opérations aériennes. Nous continuons à effectuer des missions de surveillance et de reconnaissance de renseignement à l’aide d’avions Aurora. Nous effectuons également le ravitaillement en vol d’aéronefs de la coalition à l’aide de nos avions Polaris. De plus, notre détachement d’aviation tactique assure le transport tactique en théâtre des soldats canadiens, de l’équipement et de provisions près d’Erbil, dans le nord de l’Iraq, avec nos hélicoptères Griffon. De plus, par notre centre du renseignement de toutes sources, nous recueillons des renseignements permettant de déterminer pour la coalition des cibles de Daech. Cette information permet d’appuyer les forces de sécurité iraquiennes dans leurs opérations.

Nous continuons d’offrir des conseils d’aide aux forces de sécurité iraquiennes, et mon collègue, le major-général Rouleau, des Forces opérations spéciales du Canada, parlera de cette ligne d’affaires dans quelques minutes.

L’équipe de liaison ministérielle de la coalition menée par le Canada continue à nouer le dialogue et à communiquer avec les ministères iraquiens de la Défense et de l’Intérieur pour synchroniser davantage les efforts de la coalition afin de sortir Daech de l’Iraq et aider les ministères à planifier la reconstruction et maintenir des institutions de sécurité stables.

Dans les régions qui entourent l’Iraq, nous aidons nos partenaires et nous avons envoyé des équipes en Jordanie et au Liban pour établir les fondements de programmes de renforcement des capacités ainsi que des occasions d’instruction de concert avec nos alliés. Le mois passé, nous avons signalé que, conformément aux instructions gouvernementales, les FAC commanderaient une installation médicale de rôle 2 dans le nord de l’Iraq. Je suis ravi d’annoncer que cette installation fonctionne désormais sous la gouvernance des FAC. Certains membres des médias ont pu en voir le fonctionnement dans le cadre de notre tout récent programme de visites de représentants des médias.

Environ 50 membres des FAC travaillent maintenant dans cette installation, avec le mandat d’offrir des soins médicaux et chirurgicaux vitaux aux forces de la coalition. L’équipe des FAC comprend du personnel de commandement et de contrôle, des médecins, du personnel infirmier, des techniciens médicaux, des techniciens d’imagerie en laboratoire et de diagnostic, une équipe de dentistes et du personnel de soutien. Par tous ces efforts, les membres des FAC assurent un soutien extraordinaire à la coalition qui vise à démanteler et éventuellement à vaincre Daech en Iraq. Nous sommes incroyablement fiers de leurs efforts.

Thank you. Merci.

Modératrice : Merci, Général Bowes. Nous passerons maintenant au major-général Michael Rouleau, commandant du Commandement des forces d’opérations spéciales du Canada. Général.

Mgén Michael Rouleau : Merci, Melina. Mon nom est le major-général Mike Rouleau, le commandant des Forces spéciales canadiennes. Mes brefs commentaires aujourd’hui serviront d’aperçu global au contexte au sein duquel nous opérons en Iraq et je résumerais avec quelques faits saillants concernant notre mission.

Quand nous avons entamé cette mission à l’automne 2014, nous avons expliqué aux Canadiens et aux Canadiennes que le mandat des forces spéciales était de conseiller et d’appuyer les forces de sécurité iraquiennes. Ce mandat n’a pas changé. Les FOSCAN continuent de conseiller et d’appuyer les forces de sécurité de l’état souverain de l’Iraq. Le chef d’état-major de la défense a lui-même réaffirmé ce point sans équivoque à plusieurs reprises.

La longue durée de la mission des forces spéciales vise à permettre aux forces de sécurité locales, qui se trouvent dans une situation de combat difficile, de remporter chaque bataille. Comme mon commandant adjoint l’a mentionné, il y a plusieurs semaines, cette tâche a nécessité un entraînement important au départ, qui a diminué progressivement depuis notre arrivée dans le théâtre.

Pour décrire la mission depuis l’automne 2014, nous sommes arrivés lorsque les Kurdes étaient dans une phase de réaction urgente créée par l’offensive de Daesh. Les Kurdes ont réussi à arrêter l’avance de Daesh à l’Est de Mosul là où les montagnes se joignent aux plaines de Ninive.

Cette disposition entre Daesh et les Kurdes a demeuré largement inchangée jusqu’à l’été 2016. À cette époque, les Forces spéciales ont fourni de l’entraînement en fréquence déclinante avec le temps. Pourquoi? Parce que les Kurdes assimilaient bien notre entraînement et l’incorporaient d’ailleurs dans leurs unités de combat. De plus, ils avaient de moins en moins d’appétit à enlever leurs troupes des lignes défensives afin de participer à notre formation. Le besoin d’entraînement a donc diminué.

Ainsi, depuis l’automne 2014 et jusqu’à cet été, alors que les forces de sécurité kurdes tenaient de vastes lignes défensives, l’importance de la composante de l’entraînement de notre mission visant à les conseiller et à les appuyer a diminué, car elles avaient intégré avec succès notre entraînement dans leurs unités de combat, et leur volonté d’enlever des militaires des lignes pour participer à l’entraînement avait diminué.

Au cours de la période des dernières élections fédérales canadiennes, nous nous attendions à ce que les forces de sécurité iraquiennes mettent dans le futur davantage l’accent sur les opérations offensives que sur les opérations défensives dans le nord, à un moment qui serait déterminé par les conditions sur le terrain. Cette attente a été le fondement d’une série de recommandations des forces d’opérations spéciales au CEMD, alors que la mission était réexaminée.

Les directives gouvernementales de février 2016 ont modifié la vision des forces d’opérations spéciales au printemps dernier, et nous avons gagné en importance sur le terrain. Pour être clair, je parle d’un changement des capacités des forces d’opérations spéciales et de leur composition, et non d’un changement du mandat ou de la nature de la mission. Mes forces doivent conseiller et appuyer les forces de sécurité kurdes pour leur combat en leur offrant de l’instruction, en les conseillant pour la planification et la préparation en vue des opérations, et en les aidant à mener ces opérations, conformément à notre mandat, aux ordres du CEMD et à nos règles d’engagement.

Cet été a été marqué par un changement : les forces kurdes ont commencé à mener des opérations plus offensives visant à repousser Daech hors de la plaine de Ninive, afin d’établir les conditions pour une éventuelle reprise de Mossoul par les forces de sécurité iraquiennes. Ces opérations ont été menées et se sont bien déroulées, en partie grâce à l’incroyable travail des FOSCAN qui travaillaient dans le cadre d’un vaste effort des Forces armées canadiennes et de la coalition.

Au cours des derniers mois et plus particulièrement au cours des dernières semaines, les FOSCAN ont fourni des conseils et de l’appui sans relâche, et aujourd’hui le gouvernement de l’Iraq se trouve aux portes de Mossoul.

Avant de présenter mes nombreuses conclusions, je souhaite répéter les commentaires du général Bowes sur la planification à venir. Je m’engage, tout comme lui et le général Vance, à donner des conseils au CEMD sur les prochaines étapes pour les FOSCAN en Iraq. La disposition future revient au chef d’état-major de la défense. Lui seul peut conseiller le premier ministre et le gouvernement. Il va de soi que ses généraux sont résolus à ce que nous atteignions les meilleurs résultats possible.

Pour conclure, je vous offre quelques faits saillants. De un, les Forces spéciales canadiennes font un travail acharné pour livrer sur les objectifs établis par le gouvernement du Canada et pour supporter nos partenaires en Iraq. Les jeunes hommes et femmes déployés en notre nom nous rendent fiers par leur dévouement, jugement et efficacité sur le terrain.

Les gens procèdent à l’analyse de certaines difficultés, mais je souhaite souligner que nous sommes en train de battre Daech. Ce groupe se fait renverser et nous aidons les Iraquiens à reprendre leur pays et les protéger de cette menace.

De deux, les FOSCAN ont conseillé et appuyé les forces de sécurité kurdes. Nous n’avons jamais accompagné les principaux éléments de combat. Mes troupes n’ont pas participé au combat direct à titre d’éléments de combat dans le cadre d’opérations de combat offensives. Nous ne planifions pas nos activités à cet effet, car notre mandat ne nous le permet pas.

De trois, dans l’exécution de notre mandat visant à offrir des conseils et de l’appui, les FOSCAN ont dû avoir recours à la force, surtout dans le cadre des opérations offensives des Kurdes réalisées au cours des dernières semaines. À partir de positions choisies délibérément qui optimisent notre utilité à l’avancée des forces kurdes, nous avons eu à nous défense, à défendre des forces amies ou des civils pris au milieu du conflit, en employant de la force cinétique contre Daech. Le nombre d’engagements de la force au cours des dernières semaines a été considérable. Quand les troupes des FOSCAN ont recours à la force, il s’agit manifestement de conditions de combat localisées. De telles conditions peuvent aussi bien exister dans le cadre d’une mission où nous visons à conseiller et appuyer, tout comme dans un déploiement international des Forces armées canadiennes. C’est une réalité des conflits modernes.

Je souhaite seulement dire un petit mot sur la question qui est survenue hier dans les médias au sujet de l’usage de la force en premier. Au cours de ma courte expérience comme policier dans la ville d’Ottawa, les policiers portent avec eux une force létale chaque jour au travail, avec le mandat de s’acquitter de leurs responsabilités. Au Canada, lorsqu’un policier fait face à une situation qui pourrait lui causer une blessure grave ou la mort, il n’a pas à attendre qu’on le poignarde ou qu’on tire sur lui pour utiliser la force, dans le continuum de force nécessaire pour exercer ses fonctions. Je crois qu’il est raisonnable de conclure que nous ne comptons pas déployer nos soldats outre-mer sans qu’ils puissent se défendre comme nos policiers ici au Canada, ces hommes et femmes courageux qui nous protègent la nuit.

De quatre, dans tous les combats initiés par les forces de sécurité iraquiennes, nous n’avons vu aucune violation du droit des conflits armés par les forces de sécurité kurdes ou iraquiennes. Pas une seule.

De cinq, les FOSCAN n’ont subi aucune perte dans le cadre de notre mission visant à conseiller et à appuyer les forces locales, depuis celles qui ont été signalées aux Canadiens en mars 2015.

Et finalement, l’aide des FOSCAN comprenait également l’établissement de points de rassemblement des blessés. Ils se trouvent dans les lignes arrière, où nos professionnels de la santé ont traité plus de 600 Kurdes et Iraquiens blessés au combat au cours des dernières semaines.

Je serai heureux de répondre à vos questions au cours de la période de questions. Merci beaucoup.

Modératrice : Merci, Général Rouleau. Nous passerons maintenant à Sean Boyd, directeur, Politiques stratégiques et cohérence des programmes, Développement Moyen-Orient d’Affaires mondiales Canada. M. Boyd.

Sean Boyd : Bonjour. Merci de vous joindre à nous pour cette mise au point sur la stratégie du Canada visant à lutter contre Daech et à appuyer le gouvernement et le peuple iraquiens alors qu’ils reconstruisent un pays stable et sécuritaire.

Dès le départ, l’effort a été conjoint, rassemblant le MDN, Affaires mondiales et d’autres ministères et organismes dans le cadre d’une initiative intégrée du gouvernement du Canada. Beaucoup d’entre vous savent sans doute que nous mettons en œuvre une stratégie complète, intégrée et soutenue qui investit dans les efforts militaires, politiques et de stabilisation d’une part, et dans l’aide humanitaire et de développement d’une autre part. Ensemble, tous ces efforts sont essentiels pour trouver une solution durable qui aide à vaincre Daech, à restaurer les services gouvernementaux de base, à permettre aux citoyens de rentrer chez eux dans les secteurs nouvellement libérés et à répondre aux besoins des personnes affectées par le conflit en Iraq et dans la région.

Comme vous l’avez entendu de nos deux conférenciers précédents, les efforts militaires continuent à jouer un rôle important pour contrer et affaiblir Daech. Alors que la campagne pour reprendre Mossoul continue, l’opération humanitaire qui y est associée sera certainement la plus importante et la plus complexe du monde en 2016. Nous savons que dans le premier mois de l’opération militaire pour reprendre Mossoul, plus de 54 000 personnes ont été déplacées par le combat. Parce que de nombreux civils ont décidé de trouver refuge sur place, le soudain déplacement de masse de civils que bon nombre craignaient n’a pas eu lieu. Néanmoins, les organismes humanitaires continuent à prévoir les pires scénarios et à s’y préparer.

Avec des partenaires humanitaires chevronnés, le Canada continue de fournir une aide humanitaire qui sauve des vies afin de répondre aux besoins des Iraquiens les plus vulnérables, y compris les personnes déplacées à l’intérieur du pays, les enfants et les victimes de violences sexuelles et sexistes. Depuis 2014, le Canada a versé plus de 171 millions de dollars pour l’aide humanitaire en réponse à la crise en Iraq. Cela comprend 63,5 millions de dollars en 2016 pour nos partenaires humanitaires des Nations Unies, le Comité international de la Croix-Rouge et des ONG, ce qui leur permet de se préparer aux besoins humanitaires à Mossoul et ailleurs en Iraq, et d’y réagir.

Il y a maintenant un besoin pressant d’établir sur le terrain les conditions nécessaires pour que les forces gouvernementales iraquiennes puissent sécuriser les zones libérées et pour que les personnes déplacées puissent rentrer chez elles. Les retours doivent être soigneusement organisés, notamment par des efforts visant à éliminer les munitions non explosées et les dispositifs explosifs de circonstance (IED) de ces zones pour garantir que les services essentiels soient restaurés aussi rapidement que possible et que la population ait des abris adéquats. Le Canada appuie déjà ce processus dans d’autres parties nouvellement libérées de l’Iraq; ce soutien s’étendra au secteur de Mossoul.

Afin d’aider et établir les conditions nécessaires au retour des personnes déplacées, le Canada a consenti une somme de quatre millions de dollars à l’appui du mécanisme de financement pour la stabilisation immédiate. Ce financement permettra notamment de fournir les services de conseillers dédiés aux questions d’égalité entre les sexes.

Nous nous sommes également engagés à verser une contribution de quatre millions de dollars à l’appui de l’initiative multi-donateurs des États-Unis visant à enlever les IEDs posés par Daesh à Ramadi et dans d’autres zones nouvellement libérées. Une partie de ce financement sera réaffectée pour appuyer les efforts de dégagement de IED qui seront menés à Mossoul après la libération de la ville. Cet effort est dirigé par l’Iraq, et le Canada demeure résolu à soutenir le gouvernement et la population de l’Iraq pour les aider à rétablir la stabilité et la sécurité.

Du point de vue du Canada, la stabilisation est un volet très important qui favorise l’établissement d’un pouvoir politique légitime au moyen d’une combinaison de mesures civiles et militaires intégrées visant à réduire la violence, à rétablir la sécurité et à mettre en place les conditions propices au redressement à long terme.

Par l’entremise du Programme des opérations de paix et de stabilisation, ou PSOP, le Canada vise à améliorer la stabilité, à encourager la réconciliation et la médiation des conflits, à porter devant un tribunal les personnes responsables de crimes internationaux, et à s’assurer que les populations de civils dans les secteurs nouvellement libérés ont accès aux services essentiels. De surcroît, par exemple, notre aide au développement accrue aide les autorités locales à fournir des services de base comme l’éducation et l’eau, et à créer des emplois. Le Canada travaille de concert avec des partenaires internationaux à l’appui des efforts de réforme économique de l’Iraq, et fournira jusqu’à 200 millions de dollars de soutien financier supplémentaire par l’entremise du ministère des Finances afin d’appuyer le gouvernement de l’Iraq, notamment par une contribution en garantie à la Banque mondiale pour aider à augmenter son prêt à l’Iraq.

Le Canada appuie la décentralisation institutionnelle et fiscale partout en Iraq, gérant ainsi certaines des doléances et sources de discordes de longue date entre le gouvernement central et les régions de l’Iraq. Nous fournissons également 1,5 million de dollars à la Commission internationale pour la justice et la responsabilité à des fins d’enquête sur les violations du droit international et humanitaire, notamment sur la violence sexuelle perpétrée par Daech en Iraq.

À l’avenir, le Canada continuera à travailler de très près avec les alliés et partenaires locaux et internationaux pour vaincre Daech et rebâtir la paix et la stabilité dans la région. Une présence diplomatique accrue sur le terrain renforce notre engagement et notre coopération avec nos partenaires locaux et internationaux. Des progrès ont été réalisés en Iraq, et le Canada reste entièrement déterminé à appuyer le gouvernement iraquien et sa population dans leur cheminement vers un pays stable et sécuritaire.

Thank you. Merci.

Modératrice : Merci, M. Boyd. Nous allons maintenant passer aux questions de l’auditoire. Il y a des microphones de chaque côté de la salle et nous alternerons entre les deux, en commençant à droite. Nous vous demandons de vous identifier et de mentionner votre agence de presse. Veuillez vous limiter à une question principale et à une question complémentaire.

Please identify yourselves as well as your news agency. Please limit yourself to one question and one follow-up. Monsieur.

Question : Raphaël Bouvier-Auclair de Radio-Canada. Vous avez fait une comparaison avec le travail des policiers. Dans quel contexte les militaires canadiens sont-ils intervenus en premier sur le – sur le théâtre des opérations?

Mgén Michael Rouleau : D’abord, je vous dirais que c’est la minorité des situations où est-ce qu’on est – où est-ce qu’on a engagé Daesh dans un premier temps sans être engagé par eux. C’est la minorité des fois. Mais par le fait que nos équipements sont mieux que les Kurdes, nos optiques, nos armes, il est arrivé quelques fois qu’on a vu des menaces, des positions qui se rassemblaient pour engager des positions kurdes. On les a vus dans un premier temps. On les a engagés avant qu’ils ont eu la chance d’engager les Kurdes. Alors ça vous donner un exemple de qu’est-ce qu’on parle.

Question : Et vous parliez donc du fait que c’est un peu comme le – vous comparez ça finalement au travail que fait un policier au Canada de pouvoir tirer en premier.

Mgén Michael Rouleau : Le point que j’ai fait c’est que, comme un policier au Canada, il n’est pas nécessaire qu’on se laisse tirer dessus, qu’on se laisse forcément attaquer avant qu’on puisse utiliser la force. C’est ça le point que je faisais.

Modératrice : Merci. Monsieur.

Question : Bonjour. Major-général Rouleau, je suis Omar Sachedina, de CTV News. Je me demandais tout simplement, dans la même ligne de pensée, si vous pouviez étoffer et quantifier un peu votre pensée. Lorsque vous dites qu’il y a eu une augmentation substantielle de ces incidents, de quoi parle-t-on, en termes de chiffres exacts? Quelle est l’ampleur de l’augmentation et sur quelle période de temps? En d’autres termes, combien de fois les Canadiens ont-ils tiré en premier? Avez-vous un chiffre plus précis? Ont tiré en premier, je veux dire.

Mgén Michael Rouleau : Bon. D’abord, Omar, laissez-moi commencer en m’assurant que je suis bien clair; ces propros pourraient donner l’impression que le fait que nous sommes habilités, en vertu de nos règles d’engagement, à utiliser la force en premier est une nouvelle.

Question : Je crois que le général a été plutôt clair hier, quand nous lui avons parlé, et je crois que vous avez inclus une citation du mois de mars de cette année où il a dit que ce n’était rien de nouveau. Je crois que vous avez fait un bon travail de le réitérer aujourd’hui, mais tout ce que je cherche, Monsieur, c’est un chiffre ferme. Lorsque vous utilisez des termes comme minorité d’incidents —

Mgén Michael Rouleau : Oui.

Question : — ou augmentation substantielle, qu’est-ce que cela signifie?

Mgén Michael Rouleau : Oui. En fait, vous avez raison. Le chef a utilisé les mots prévoir, agir et engager avant qu’une menace se matérialise en mars, lorsqu’il a témoigné devant le comité, alors ce n’est rien de nouveau. Nous opérons dans les limites de notre mandat. Je n’ai pas de chiffre ferme à vous donner, Omar. J’ai dit qu’il y a eu un nombre substantiel d’engagements. Ce nombre est relié aux opérations offensives kurdes. Alors oui, parce que les Kurdes ont quitté leurs positions défensives pour adopter un régime offensif décisif, notre utilisation de la force a aussi augmenté, parce que Daech cherchait résolument à empêcher que les Kurdes reprennent le terrain. Alors il y a eu une augmentation substantielle de l’utilisation de la force.

Ce n’est pas une augmentation durable. Ce n’est pas nécessairement une chose dont on fait le suivi au cas par cas, vous savez, mais je peux vous affirmer qu’il y a eu une augmentation d’un certain ordre de grandeur quant aux engagements avec utilisation de force qui ont eu lieu au cours du dernier mois depuis que les Kurdes sont passés à l’offensive.

Question : Et en ce qui concerne votre plan de tenir le public canadien au courant, il y a– je ne me souviens pas la dernière fois qu’une telle mise au point a eu lieu. Je comprends que le général Vance était à un comité hier, et qu’une partie du raisonnement, vous savez, est que nos CF-18 ne sont plus là-bas, alors il est certain que les forces armées n’ont pas ressenti le besoin de s’adresser au public, mais y aura-t-il d’autres séances d’information à l’avenir, et, si oui, à quelle fréquence?

Mgén Michael Rouleau : À mon avis, Omar, je dirais tout simplement que c’est vrai, il y a eu un certain décalage. Je veux dire– vous savez, le chef, le sous-ministre adjoint des Affaires publiques, les généraux, nous allons nous réunir et discuter, je crois, de l’intention du chef de possiblement en accroître la fréquence. Mais les gens ne devraient pas pour autant supposer que nous essayons de cacher quoi que ce soit parce qu’il y a eu une diminution du nombre de conférences de presse pendant l’été. Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Je veux m’assurer que ce point est bien compris.

Ce que nous faisons aujourd’hui est extrêmement semblable à ce que nous faisions au premier jour de la mission, sauf que la nature des activités kurdes a changé avec le temps. Ils sont passés à l’offensive, et c’est pourquoi certains événements se sont faits plus nombreux.

Question : Merci.

Modératrice : Madame.

Question : Michelle Lamarche, TVA Nouvelles. Général Rouleau, la dernière fois qu’il y en a eu un briefing comme celui-là c’était en octobre dernier. C’était Peter Dawe qui était là qui nous disait c’était pas possible de parler de la fréquence des affrontements. Mais aujourd’hui, vu de cette nature de la mission qui change sans arrêt, qu’est-ce que vous pouvez nous dire de la fréquence des affrontements et du nombre de fois au cours desquelles vous avez dû faire feu en premier sur les combattants Daech?

Mgén Michael Rouleau : Oui. Je vous dirais tout simplement que le nombre de fois qu’on a ouvert le feu avant que Daech nous a attaqués c’est clairement la minorité des situations. Généralement parlant, on se fait attaquer par Daech ou Daech attaque les Kurdes avant que nous, on réplique. C’est pas parce qu’on veut attendre à ce qu’ils nous attaquent. C’est juste parce que les événements se déroulent dans ce contexte-là.

C’est pas soutenable, Michelle, nécessairement en tant que commandant des Forces spéciales de se présenter puis de dire à toutes les fois, à toutes les semaines voici le nombre d’engagements qu’on a eus depuis une semaine. Je veux dire on a du boulot à faire, puis juste le travail d’informer les Canadiens à ce niveau-là, de mon avis à moi c’est pas soutenable.

Ceci étant dit, il y a un ballant. Il y a un ballant entre le fait que les Canadiens ont le droit d’être au courant de notre mission et puis comment qu’on – comment que nous, on peut dire pour protéger la sécurité opérationnelle de ce qui se passe en théâtre. La bataille est loin d’être finie.

Alors comme commandant des Forces spéciales, j’essaie de préserver une marge de manœuvre, mais ultimement c’est le choix du chef d’état-major de la défense comment qu’on va procéder et puis on va attendre de voir dans les semaines à venir.

Question : Quand – quand vous ouvrez le feu en premier, quand vous devez vous défendre, que ça soit de l’autodéfense ou autrement, à quelle reprise est-ce que c’est pour vous protéger vous, pour protéger les forces kurdes, des membres de la coalition ou encore des civils? Est-ce que ça vous pouvez être un peu plus précis?

Mgén Michael Rouleau : Un peu plus précis, ça serait difficile pour moi, Michelle. Je vous dirais que généralement parlant c’est soit pour protéger nous ou les Kurdes. En fait, c’est la grande majorité des occasions. C’est pour protéger nous, mes propres forces ou les forces kurdes qui sont près de nous. Oui, c’est arrivé qu’on a protégé des civils. En fait, il y a – à un moment, il y a une famille qui s’est présentée sur les lignes la nuit et puis Daech a essayé d’attaquer les familles en question – la famille en question avec des mortiers. Nous, on a engagé la position de mortier afin d’essayer de protéger la famille en question. Ça vous donne un exemple, mais généralement parlant c’est pour protéger soit nous autres mêmes ou les Kurdes qu’on assiste.

Modératrice : M. Brewster.

Question : Murray Brewster de– Murray Brewster de CBC News. J’adresse ma question à quiconque des conférenciers veut bien y répondre. Le gouvernement a promis de fournir des armes aux Kurdes, tout particulièrement des armes légères. En date de lundi, ils n’ont toujours rien reçu. Pourriez-vous nous expliquer le délai et les sortes d’assurances que le gouvernement du Canada a cherché à obtenir en ce qui concerne l’utilisation de ces armes, si et quand elles sont livrées?

Sean Boyd : Pour commencer d’un– du point de vue d’Affaires mondiales, clairement les– nous avons – nous travaillons en consultation et avec le consentement du gouvernement de l’Iraq. Pour l’instant les représentants iraquiens n’ont pas donné au gouvernement du Canada l’autorisation de faire entrer ces armes.

Mgén Michael Rouleau : Et du point de vue des forces spéciales, Murray, comme l’ont mentionné le ministre et le chef, notre intention est, une fois que nous recevons ces aides létales, de passer à l’instruction des Kurdes. Ces choses font encore partie de notre plan, alors nous verrons comment la situation évolue.

Question : Mon autre question porte plutôt sur l’aspect humanitaire. En date de la semaine passée, les Nations Unies ont indiqué qu’elles n’ont reçu que 57 % du financement d’urgence nécessaire pour l’opération dans le secteur de Mossoul. Elles affirment que le sous-financement limitera la capacité de réaction avec l’arrivée de l’hiver. Pourriez-vous nous indiquer ce que le Canada est disposé à faire à ce sujet?

Stephen Salewicz : Bien sûr. Je m’appelle Stephen Salewicz. Je travaille aux Affaires mondiales dans la programmation humanitaire. Effectivement, la réaction humanitaire est, comme vous le dites, à environ 57 % de la demande des Nations Unies. Du côté du Canada, nous avons fourni, comme nous l’avons déjà mentionné, 63,5 millions de dollars cette année, une somme très importante, à l’appui de l’opération des Nations Unies et d’autres intervenants humanitaires. Avec cette aide, nos partenaires au sein des Nations Unies, du Comité international de la Croix‑Rouge et des ONG bâtissent présentement des camps, préparant les provisions qui seront nécessaires dans la campagne pour Mossoul, et ils répondent actuellement aux besoins des personnes en fuite.

Il faut se rappeler que 3,3 millions d’Iraquiens ont été déplacés à l’intérieur de leur pays avant même que le combat pour Mossoul commence. L’opération est très importante. La réaction nécessaire est immense.

Pour notre part, je crois que la promesse a été faite en juillet — par le ministre Dion — d’une contribution de 150 millions de dollars au cours des trois prochaines années. Alors le Canada joue un rôle de taille. Je crois que nous ferons aussi appel aux autres membres et autres pays qui ont aussi fait des promesses à cet égard. Deux milliards ont été promis pour l’aide humanitaire. Nous les inviterons aussi à respecter ces promesses. Je crois qu’il s’agit d’une responsabilité partagée, dans laquelle le Canada joue un rôle important. Merci.

Modératrice : Madame.

Question : Oui, bonjour. Marie Vastel au journal Le Devoir. Je comprends que vous voulez pas nous donner de chiffres absolus, mais permettez-moi d’essayer d’avoir juste un petit peu plus d’information. Est-ce que vous pouvez nous dire ne serait-ce que si on parle de termes de dizaines, de centaines de fois où on a échangé des tirs avec l’ennemi? Et vous dites que la majorité du temps c’est en réplique, pas en premier lieu parce qu’on anticipe une menace. Est‑ce que ces fois-là où on tire les premiers, est-ce qu’on parle de dizaines, de centaines ou juste d’une poignée de fois?

Mgén Michael Rouleau : Oui, sans rentrer en détails spécifiques, on avait rapporté avant l’été qu’on avait eu, je crois que c’était 11 engagements depuis le début de la mission. Je vous dirais que depuis le dernier mois que les Kurdes ont pris les opérations offensives c’est il y a quelques douzaines de scénarios où est-ce qu’on a engagé. La minorité c’est lorsque nous, on a engagé dans un premier temps. Mais comme le chef d’état-major général Vance a mentionné hier, lorsqu’on tire dans un premier temps c’est parce qu’il y a des menaces qui sont – qui émergent. Des menaces émergentes se manifestent et dans une courte période; il faut prendre la décision si on va réagir ou non. Les conséquences de pas réagir c’est il va avoir des blessés ou des tués au niveau kurde.

Question : Puis quand on parle d’une minorité des fois, est-ce qu’on parle de 48 % ou de 10 % ou de 15 %? Puis en deuxième sous question —

Mgén Michael Rouleau : Moins (diaphonie) %.

Question : Merci. Puis en deuxième sous question, est-ce que vous pouvez nous dire le nombre de civils peut-être qui auraient été – de victimes civiles, par contre – pardon, qui auraient été faites lors de nos échanges de tirs et le nombre de victimes de Daech.

Mgén Michael Rouleau : Sur la question de combien de civils a été blessés ou tués, impliquant les engagements des Forces spéciales canadiennes, la réponse est zéro. À notre connaissance, on n’est pas impliqué, même pas une fois, avec des blessés civils au niveau de nos engagements. C’est un – c’est quelque chose qu’on – évidemment, qu’on prend très au sérieux comme une force professionnelle. On porte beaucoup d’attention à ce niveau-là. Chaque homme ou femme qui prend la décision d’utiliser la force regarde toujours ça dans le contexte de est-ce qu’il y a des civils autour et prend des décisions avec ça en tête aussi.

Question : Puis les victimes de Daech, pouvez-vous —

Modératrice : Madame —

Mgén Michael Rouleau : J’ai pas ces chiffres-là.

Modératrice : Un petit rappel, une seule question complémentaire. Vous avez entièrement le droit de vous remettre en ligne. Merci. Monsieur.

Question : Oui. Lee Berthiaume de la Presse canadienne. Hier, le général Vance a parlé de l’hôpital de rôle 2, et il a dit que certains des blessés traités pourraient être des membres de l’EIIL ou des combattants de Daech. Aujourd’hui, vous n’en avez pas dit mot. Je me demandais seulement si des combattants d’EIIL ou de Daech ont été soignés à l’hôpital ou par des membres des FOSCAN.

Lgén Stephen Bowes : Aucun n’a été soigné à l’hôpital jusqu’à présent, mais le chef dit vrai. Vous savez, en médecine, il est d’usage de nous occuper des blessés et de tout démêler par la suite. Je ne sais pas si les installations contrôlées par les États-Unis auparavant ont été amenées à offrir ce genre de soins médicaux.

Mgén Michael Rouleau : Les médecins des FOSCAN n’ont pas encore traité de blessés de Daech. Ce que nous voyons généralement, c’est qu’ils veulent se battre jusqu’à la mort. Vous savez– quand nous voyons des soldats débarqués de Daech, ils sont souvent des combattants débarqués qui servent aussi de kamikazes. Alors nous ne les traitons pas, parce que nous n’en avons pas eu l’occasion. Si cela survenait, nous nous occuperions d’eux, absolument.

Question : Et Général Rouleau, j’imagine – corrigez-moi si je me trompe, mais j’ai l’impression que vous ressentez une certaine frustration en ce qui concerne cette espèce d’analyse des commentaires, si vous voulez. Je me demandais si vous pouviez – je veux dire, vous sentez-vous frustré de ce débat sur ce qui est et ce qui n’est pas du combat? Ces jeux sur les mots, comme disait le général Vance hier?

Mgén Michael Rouleau : Je ne suis pas frustré du tout. Je veux dire, je suis un généraI. Mon travail consiste à gérer la violence pour atteindre les objectifs des politiques du gouvernement du Canada. C’est ce que nous faisons. Nous ne sommes pas politisés. Nous n’avons pas d’angle. Nous ne nous fâchons pas. C’est mon travail.

Modératrice : Monsieur.

Question : Guillaume St-Pierre, Agence QMI. M. Rouleau, juste pour reprendre un peu la question de ma collègue, pouvez-vous nous donner une idée générale sans – quand vous dites que vous avez pas les chiffres là, le nombre de combattants de Daech qui ont été abattus, mais avoir une idée générale. Est-ce qu’on parle de dizaines, de centaines ou?

Mgén Michael Rouleau : Le nombre de Daech qui a été abattu par —

Question : Par les Forces canadiennes.

Mgén Michael Rouleau : J’ai ces chiffres-là, mais comme on dit en anglais, we don’t do body counts. C’est – c’est inutile pour moi de vous déclarer un chiffre précis du nombre de Daech qu’on pense qu’on a tué puis évidemment ces engagements-là, ça fait – ça fait une certaine distance. Alors d’être précis à ce niveau-là est impossible.

Mais si la question porte sur la question est-ce que les événements se déroulent bien en faveur des Kurdes, la réponse serait oui parce qu’il faut regarder les tendances majeures et puis il y a quelques centaines de kilomètres carrés qui ont été repris par les Kurdes récemment.

Question : En ce moment, il y a comme un débat qui fait rage au Parlement sur la nature de la mission. L’opposition dit qu’on est – que c’est une mission de combat. Les Forces armées et le gouvernement dit que c’est pas le cas. Comment expliquer cette confusion au sujet de la nature de la mission de combat?

Mgén Michael Rouleau : C’est comme le chef d’état-major de la défense a dit, le général Vance, il y a pas de confusion. Au niveau du chef d’état-major de la défense ce n’est pas une mission de combat. C’est l’autorité principale au niveau de définir des termes militaires dans notre pays. Alors il y a pas de confusion au niveau du général Vance. Il y a pas de confusion pour moi. Si on serait dans une mission de combat en tant que telle, la manière qu’on conduit nos opérations, les équipements qu’on amènerait là-bas, la planification qu’on ferait, elle serait différente qu’elle l’est maintenant. On est dans une mission de conseil et d’assistance. C’est très clair pour moi. C’est très clair pour mes soldats puis on opère à l’intérieur de ce mandat-là.

Question : Merci.

Question : Bonjour. Je m’appelle Bruce Campion Smith, du Toronto Star. J’ai une première question pour le général Rouleau. En ce qui concerne l’engagement, il a été dit hier que les troupes canadiennes opèrent en quelque sorte en retrait des premières lignes. Pourriez-vous nous parler, Monsieur, des types d’engagement? S’agit-il principalement de tireurs d’élite? Organisent-ils des frappes aériennes?

Mgén Michael Rouleau : C’est vrai, Bruce. Comme l’a mentionné le CEMD dans son témoignage hier, nous opérons en retrait des lignes avancées kurdes. Nous ne progressons pas avec ces éléments avancés kurdes, alors c’est absolument vrai. En règle générale, il y a un sous-ensemble d’engagements avec des armes légères où nous utilisons soit des tireurs d’élite, soit des systèmes d’armes desservis par une équipe. Il peut y avoir des engagements au mortier, et parfois nous utilisons des systèmes différents; par exemple, pour traiter les explosifs improvisés dans des véhicules, nous utilisons un système de roquettes anti-blindés pour neutraliser la menace de loin. La sélection des types d’armes utilisés est effectuée par les soldats sur le terrain.

Dans le contexte du combat en général qui a eu lieu au cours du dernier mois et demi, il s’agit d’une infime fraction des engagements totaux dans le combat mené par les Kurdes contre Daech. Alors je sais que nous mettons l’accent sur la participation des FOSCAN, et c’est génial — c’est pour cela que nous sommes ici — mais encore faut-il la mettre en contexte. Une minorité absolue de l’action cinétique dans cette partie du monde revient aux FOSCAN, et seulement en dernier recours, pour notre protection ou la protection de nos forces partenaires ou de civils.

Question : Peut-être une question pour quiconque veut bien y répondre. Pouvons-nous avoir un aperçu de vos prévisions pour le combat de Mossoul? Croyez-vous qu’on parle de semaines ou de mois? Et qu’est-ce que cela implique pour la mission canadienne? Une fois que Mossoul est reprise, notre– vous savez, le raisonnement qui justifie notre présence ne s’évapore-t-il pas un peu?

Lgén Stephen Bowes : La dernière question est une question de politique. Le chef rassemblera les options et conseillera le ministre. C’est son droit.

Je ne parlerais pas de ce combat en semaines. J’en parle en mois. Il s’agit d’une progression délibérée. Elle sera lente. C’est un milieu urbain et l’ennemi a eu deux ans pour se préparer. L’un des défis, et j’ai déjà parlé un peu des chiffres, c’est qu’il y a toujours une certaine réticence à discuter de la force ennemie, parce que, de la façon qu’on l’observe, c’est – il y a des façons de déterminer la capacité de défense centrale et le nombre de combattants, et le nombre de combattants ennemis dans une zone donnée, mais dans le genre de combat dont il est question maintenant, tout homme d’âge militaire ayant fait partie de leur système de police et de structure gouvernementale devient disponible pour participer au combat. Il est très difficile pour nous de comprendre la qualité de ces forces. Tous les combattants étrangers ne sont pas nécessairement de bons combattants. Certains combattants étrangers sont de très bons combattants. Il est très difficile de former une idée de ce que cela signifie en matière de défense cohérente.

Les Iraquiens se sont beaucoup éloignés des Kurdes pour se mettre en position. Ils doivent pouvoir maintenir plusieurs axes d’avancée dans un vaste milieu urbain, et l’analogie, vous savez, avec la rivière au milieu, c’est qu’ils se battent dans des quartiers de la ville qui ont en ce moment été investis. Il va falloir du temps pour passer à travers. Alors une bonne partie de notre réussite dépendra de la qualité de la défense de Daech. Cela déprendra de la valeur offerte par les capacités habilitées par la coalition, la puissance aérienne, le tir indirect, etc., pour affaiblir les défenses, et une bonne partie de cela dépend de la résolution iraquienne. Il s’agit d’un combat iraquien. Il sera gagné par les Iraquiens.

Modératrice : Madame.

Question : Bonjour. Laura Payton de ctvnews.ca. Je veux revenir sur l’aide humanitaire. Vous avez donné quelques chiffres, mais je ne crois pas que vous avez réellement répondu à la question ― le Canada a-t-il payé tout le financement d’urgence dû aux Nations Unies?

Stephen Salewicz : Comme je l’ai dit, nous avons un– nous avons promis 150 millions de dollars. C’est une promesse échelonnée sur trois ans, alors nous sommes engagés. Nous avons fait une promesse importante à long terme. Nous offrons de la prévisibilité pour nos partenaires aux Nations Unies. Nous avons formé une entente avec eux pour leur donner cette prévisibilité à long terme. Cette année seulement, nous avons dépensé 63,5 millions de dollars. Alors nous avons tenu nos engagements jusqu’à présent, et nous continuerons à financer les interventions pour les trois prochaines années. Alors, ce... y a-t-il de la confusion en ce qui concerne ce chiffre?

Question : Eh bien, vous avez dit que 63,5 millions sont allés aux Nations Unies et à d’autres organismes.

Stephen Salewicz : Aux ONG et à la Croix-Rouge.

Question : Alors combien de cet engagement de 150 millions est sorti dans la première année, et s’il y a un blocage, quel est-il?

Stephen Salewicz : Il n’y a pas de blocage. Nous avons fourni une somme considérable d’argent. Nous avons respecté tous nos engagements liés à ce 150 millions, et nous continuerons au cours des trois prochaines années à allouer ces ressources. Nous avons des ententes avec nos partenaires pour continuer à financer leurs opérations.

Modératrice : Merci. C’était la dernière question de l’auditoire. Nous allons maintenant prendre des questions par téléphone. Nous vous demandons de vous identifier et de mentionner votre agence de presse.

We will now go to the phone for any questions. Please identify yourselves as well as your news agency.

Opérateur : Merci. Thank you. S’il-vous-plaît appuyez sur étoile, 1 maintenant pour poser une question. Please press star, 1 at this time if you have a question. Il y aura un court délai vous permettant de vous enregistrer dans la file d’attente. There will be a brief pause while participants register for questions. Merci de patienter. We thank you for your patience. Notre première question nous vient de Mélanie Marquis de La Presse canadienne. À vous la parole.

Question : Oui, bonjour. Ma question serait pour le major-général Rouleau. Je sais que vous avez dit que les soldats canadiens des Forces canadiennes n’avaient fait aucune victime dans – du côté des civils, mais il y a un journaliste d’enquête qui est présentement – bien, en fait qui était en Iraq récemment et à qui un colonel kurde a dit que des jihadistes avaient été tués par des soldats des Forces spéciales canadiennes. Est-ce que vous pouvez m’en dire un petit peu plus sur ces informations-là qui circulent?

Mgén Michael Rouleau : Mais je peux pas porter commentaire sur les commentaires d’un Kurde quelconque. J’ai pas le contexte. J’étais pas là. C’est-tu possible que les Forces spéciales canadiens ont tué un jihadiste dans le Nord de l’Iraq? C’est – c’est possible. On a engagé Daech sur plusieurs reprises depuis un mois et depuis alors c’est tout ce que je peux vous offrir sur le commentaire que vous – vous parlez.

Question : Ok. Puis si j’ai bien compris un petit peu plus tôt, ce que vous avez dit c’est que vous pouvez pas donner ce chiffre-là. Avez-vous une estimation du nombre de jihadistes qui ont été tués par – par des Canadiens?

Mgén Michael Rouleau : J’ai le chiffre approximatif qu’on a mais je veux pas divulguer ce chiffre‑là parce que c’est – comme on dit en anglais, we don’t do the body count. Je commencerais pas à divulguer les chiffres des – de nombre de l’ennemi qu’on a – qu’on a tué. On peut même pas être certain dans la grande majorité des cas parce que ces engagements-là se passent à des distances considérables. Alors c’est – je commencerais pas à dire des chiffres qu’on peut pas vérifier.

Question : Mais avez-vous un ordre de grandeur? On parle de dizaines, de centaines?

Mgén Michael Rouleau : Je veux pas commencer à parler des chiffres.

Modératrice : Madame, merci beaucoup. On va passer à la prochaine question.

Opérateur : Thank you. Merci. Notre prochaine question est de Nicolas Laffont du 45e Nord. À vous la parole. On vous écoute.

Question : Oui, bonjour. Ma question est pour le général Rouleau concernant le mentorat. Donc vous en avez déjà un petit peu parlé, mais quel retour (ph) est-ce que vous avez (inaudible) par rapport à ceux qu’on a mentorés vu que maintenant on les envoie vraiment directement sur – sur une opération d’envergure en Mossoul? Quel retour vous avez sur s’ils ont bien performé?

Modératrice : Nicolas – Nicolas, on t’entend pas. Peux-tu répéter ta question plus fort.

Question : Oui. Je disais au niveau des mentorés, ceux donc on a entraînés, est-ce le retour est bon par rapport à l’opération qui est en cours donc de ces gens qu’on a entraînés au cours des derniers mois?

Modératrice : Okay, Nicolas, je vais essayer de répéter ta question. Fais juste confirmer j’ai bien compris. Tu veux savoir si l’entraînement a porté fruit puis qu’on voit les résultats sur l’opération actuelle?

Question : Oui, exact.

Mgén Michael Rouleau : Ok. Bon, c’était compliqué, mais on est rendu. Oui, Nicolas, la réponse est oui. Bien sûr que la fréquence était déclinante avec le temps, mais on a entraîné au-dessus de 2 000 soldats kurdes depuis qu’on est arrivé à l’automne 2014. On a absolument vu les fruits de ces labeurs-là dans le sens que qu’est-ce qu’ils peuvent faire aujourd’hui est très différente que quand qu’on est arrivé il y a deux ans.

Question : Et alors je vais essayer de parler fort. Quels sont les gaps qui restent encore à franchir?

Mgén Michael Rouleau : Bien, Nicolas, je pense que ça serait peut-être pas sage que je commence à parler des gaps au niveau militaire kurde quand le combat autour de Mossoul se produit encore. Alors avec votre permission, je vais évader cette question-là.

Modératrice : Merci. Prochaine question, s’il vous plaît.

Opérateur : Merci. La prochaine question est de David Pugliese, du Ottawa Citizen. On vous écoute. À vous la parole.

Question : Parce que c’était en français, j’ai cru que vous aviez dit, lorsqu’on vous a posé une question au sujet des engagements, qu’il y a eu une douzaine d’occurrences, alors je me demandais si vous pouviez clarifier cela, s’il vous plaît.

Mgén Michael Rouleau : David, je n’ai compris que la dernière partie de votre question, mais si vous demandez combien de fois nous avons engagé l’ennemi pendant ce dernier mois et demi, depuis le début des opérations offensives kurdes, j’ai dit qu’il y a eu une douzaine d’engagements avec utilisation de force dans cette période.

Question : Ok. Merci. Ma question complémentaire : pourriez-vous donner quelques statistiques sur le nombre de fois que vous ― que vos troupes ont tiré des armes antiblindés?

Mgén Michael Rouleau : Ce chiffre est— je crois qu’il est exact — trois fois; nous avons utilisé nos systèmes d’armes antiblindés sur trois différents véhicules contenant des dispositifs explosifs de circonstance qui fonçaient rapidement sur la ligne défensive kurde. Si nous n’avions pas engagé ces véhicules, et parce que les Kurdes ne possèdent pas les armes que nous avons, ce qui s’est passé au mois de décembre passé se serait reproduit; le dispositif explosif dans le véhicule aurait détoné dans les lignes avancées, créant une brèche à travers laquelle les combattants de Daech auraient pu s’infiltrer. Tenter de rétablir la ligne aurait été chaotique. Alors nos trois engagements avec les systèmes d’armes antiblindés ont évité que cela se produise à plusieurs milliers de mètres avant la détonation.

Modératrice : Merci, Monsieur.

Question : Super. Merci.

Modératrice : Les participants par téléphone ont-ils d’autres questions?

Opérateur : Oui, nous en avons. La prochaine question est de Justin Ling, de VICE News. On vous écoute.

Question : Bonjour. Je me demandais si vous pouviez préciser un peu les nouveaux types d’équipement auxquels ont accès nos forces spéciales. Évidemment, vous avez mentionné les armes antiblindés. Le ministre de la Défense a dit qu’il s’agit d’une acquisition relativement récente survenue au cours des 12 derniers mois environ. Pourriez-vous nous indiquer s’il y a d’autres sortes de ressources ou d’équipements supplémentaires auxquels nos forces ont eu accès dans les derniers mois, surtout depuis le début du combat pour reprendre Mossoul?

Mgén Michael Rouleau : Non, Monsieur, je n’entrerai pas dans les détails, mais je peux vous affirmer que le ministère de la Défense nationale, le ministère des Services publics qui aide à acquérir l’équipement, les Forces armées canadiennes... Il y a une équipe entière d’équipes qui entourent mon commandement, mais aussi d’autres éléments des Forces armées canadiennes qui ajustent continuellement ce dont nous disposons, ce dont nous avons besoin, et ce qui pourrait nous aider à améliorer notre rendement dans le théâtre. Nous nous adaptons. Nous sommes une organisation qui apprend. Alors vous savez, bien que beaucoup de gens parlent des forces spéciales du Canada, je veux souligner qu’il y a une foule de personnes, qui pour la plupart travaillent dans cet édifice, qui n’obtiennent aucune reconnaissance pour leur travail; ces gens travaillent en ville et font énormément de travail extraordinaire pour nous aider sur le terrain.

Modératrice : Merci. Nous prendrons une dernière question au téléphone, puis nous reviendrons à l’auditoire. Merci.

Opérateur : Nous n’avons plus de questions inscrites au téléphone.

Modératrice : De la gauche, cette fois-ci.

Question : D’accord. Général Rouleau, je voulais simplement vous demander... Vous avez comparé – fait la comparaison à des policiers, dans la façon dont ils peuvent intervenir, et je me demandais pourquoi vous croyez qu’il s’agit d’une comparaison juste.

Mgén Michael Rouleau : Eh bien, parce qu’une partie de ce que j’ai entendu hier dans les médias semblait contester la légitimité de l’utilisation de la force par les opérateurs des forces spéciales avant qu’ils aient été engagés. Alors je crois qu’il s’agit d’une comparaison juste, vous savez, d’indiquer que nous n’attendons pas que les policiers des villes canadiennes attendent d’être blessés pour utiliser la force. Ils utilisent leur jugement, dans les limites de leur mandat. Ils sont responsables de leur utilisation de la force, tout comme nous. Les gens utilisent leur jugement pour appliquer la force afin d’essayer de se protéger pour mieux s’acquitter de leur mandat. Nous sommes responsables de ça. Et nous – nous acceptons fièrement cette responsabilité. Chaque fois que nous utilisons la force, je me penche sur la situation. Et si jamais nous soupçonnons qu’il y a peut-être eu un incident impliquant des civils ou quelque chose du genre, nous sommes exceptionnellement transparents, et nous demandons à d’autres autorités de se pencher sur la question. Cela ne s’est pas produit parce que nous n’avons pas été impliqués dans le décès de civils lorsque nous avons utilisé la force, mais je crois qu’il s’agit d’une comparaison utile.

Comme généraux, nous ne devons pas remettre le risque en aval. Nous devons établir les conditions selon lesquelles les jeunes hommes et femmes que nous envoyons dans des lieux dangereux peuvent s’acquitter de leurs responsabilités de la meilleure façon possible. Une partie de cela consiste à leur donner, comme l’a dit le CEMD, les bonnes règles d’engagement pour qu’ils puissent faire ce que nous leur demandons de faire.

Question : Je comprends que vous dites que le mandat de la mission n’a pas changé. Vous avez beaucoup, par contre, fait état du fait que les forces avec lesquelles vous travaillez, les Kurdes, eux, sont beaucoup plus offensifs depuis quelque temps. Est-ce que le fait que leur mission sur le terrain à nos partenaires change, les gens qu’on accompagne, ça ça nécessiterait pas ou ça justifierait pas une révision du mandat de la présence de nos soldats sur le terrain.

Mgén Michael Rouleau : Pas du tout.

Question : Non?

Mgén Michael Rouleau : Je peux accomplir – mes troupes peuvent accomplir le conseil et assistance – le mandat de conseil et assistance, que ça soit dans la défensive ou l’offensive. Ceci étant dit, on doit penser de façon très étroite à nos rôles dans ce contexte quand ça change. Moi, le chef d’état-major de la défense, le général Bowes, on parle continuellement de cela afin d’assurer qu’on opère fermement à l’intérieur des consignes que le gouvernement nous donne comme mandat.

Modératrice : On va prendre une dernière question. Dernière question, M. Brewster.

Question : Pour faire suite à la question sur l’envoi des armes. La première partie, c’est que vous attendez l’approbation du gouvernement iraquien. Étant donné les tensions entre Bagdad et Erbil en ce qui concerne l’autonomie, prévoyez-vous vraiment que l’approbation soit un jour donnée? De plus, pour appuyer nos soldats, les Kurdes ont demandé d’obtenir des armes antiblindés. Est-ce un choix judicieux, compte tenu des circonstances? M. Boyd en premier.

Sean Boyd : Malheureusement, je ne peux pas parler pour le gouvernement iraquien. Comment ils s’organisent dans leurs relations entre la région kurde et le gouvernement à Bagdad est une question interne. Comme je l’ai dit précédemment, évidemment, nous devons attendre l’approbation du gouvernement de la République de l’Iraq avant de continuer.

Mgén Michael Rouleau : Votre question, Murray, insinue l’idée d’une tension. Je peux tout simplement vous dire que, dans les opérations sur le terrain dont nous avons été témoins, les forces kurdes, les forces de sécurité kurdes et les forces de sécurité iraquiennes collaborent énormément. On parle de déplacements de brigades et de divisions dans les lignes kurdes. Cela exige de très hauts niveaux de complémentarité, alors ce que nous voyons sur le terrain, ce n’est pas de la friction, ni de la tension, mais plutôt de la collaboration à la poursuite d’un ennemi commun.

Lgén Stephen Bowes : Votre question est foncièrement politique, Murray, alors – mais vous savez, pour approfondir un peu, une bonne partie des divisions des forces de sécurité iraquiennes qui ont passé étaient chiites, et elles ont traversé le territoire kurde afin de prendre leurs positions d’offensive... alors.

Modératrice : C’est bon? Pas de question complémentaire. Très bien. Mesdames et messieurs, ceci conclut cette séance d’information technique. Merci de votre présence. Ladies and gentlemen, this concludes today’s technical briefing. Thank you for attending.

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