Sauver le monde avec la capitaine de vaisseau Patterson

Article / Le 8 mars 2017

La capitaine de vaisseau Rebecca Patterson, commandante adjointe du Groupe des Services de santé des Forces canadiennes (GMFC), s’est enrôlée dans les Forces armées canadiennes (FAC) en 1989. On pourrait dire cependant qu’elle en fait partie depuis plus longtemps que ces 28 années. Elle s’est jointe à la Ligue navale à l’âge de 12 ans, et vraiment, en tant que fille d’un sous-marinier canadien et d’une infirmière de la Marine royale britannique qui a toujours voulu être militaire, on pourrait dire qu’elle est née dans les FAC.

Il y a eu un moment à la fin de ses études secondaires où elle voulait sauver le monde, et s’imaginait travailler pour une organisation non gouvernementale (ONG), comme Oxfam ou CARE International. C’est peut-être son amour pour l’émission MASH qui a réorienté sa direction un peu, de sauver le monde à s’enrôler dans les Forces et sauver le monde.

Elle souhaitait se joindre aux FAC en tant qu’officière MAR SS (opérations maritimes de surface et sous-marines), mais ce groupe professionnel n’acceptait pas les femmes à l'époque. Elle s’est donc au lieu jointe comme infirmière en soins intensifs. En fin de compte, elle a suivi son instruction élémentaire avec les premières officières MAR SS, mais n’a pas pris le temps de regretter le moment mal choisi. Deux ans plus tard, alors qu’elle était enseigne de vaisseau de 1re classe, elle s’est trouvé en Arabie saoudite comme membre de l’Op SCALPEL, avec le 1er Hôpital de campagne du Canada, soit le premier hôpital de campagne du Canada en mission depuis la guerre de Corée.

La mission en Somalie a suivi peu de temps après, alors qu’elle a participé à l’Op DELIVERANCE, à l’appui du Régiment aéroporté du Canada en 1993, le premier centre chirurgical avancé moderne à être envoyé en mission. Ce fut un honneur pour elle d’avoir été choisie pour cette mission, et elle s’est épanouie dans l’environnement austère, en tant qu’une des sept seules femmes en mission, avec plus de 2 000 hommes. « Pour la très grande partie, les membres du Régiment nous ont traitées avec beaucoup de respect, dit-elle, contrairement à ce que vous aurez pensé. »

« Les choses ont changé dans les FAC au courant des 25 dernières années. Je vois beaucoup de femmes dans les unités de combat. Bien sûr, dans ma branche (Gp Svc S FC), nous sommes très bien représentées. »

C’est lorsqu’elle était en Somalie qu’elle a su avec certitude qu’elle avait pris la bonne décision face à sa carrière. « Il y a l’idée suivante : si une personne blessée ouvre ses yeux et voit un drapeau canadien sur l’épaule de la personne qui l’aide, cette personne sait qu’elle va s’en tirer. » Elle a obtenu une mention élogieuse du Chef d’état-major de la Défense pour avoir aidé à sauver la vie d’un civil somalien blessé.

Elle a ensuite participé à l’Op ATTENTION en 2011-2012, la mission d’instruction de l’OTAN en Afghanistan. La capitaine de vaisseau Patterson était responsable de la direction d’une équipe multinationale qui aidait l’armée nationale afghane et la police nationale afghane dans le rétablissement de leurs systèmes d’éducation et de formation en dentisterie et en médecine. « En Afghanistan, elle dit, nous nous surnommions le troisième genre, des femmes plus âgées qui n’étaient pas considérées comme étant approchables par les Afghans, par respect, mais qui n’étaient pas non plus une menace au patriarcat. Cela nous accordait certains avantages. Nous pouvions poser des questions que d’autres ne pouvaient pas poser. » Au mois de février 2014, son travail en Afghanistan a été reconnu lorsqu’elle obtint une Médaille du service méritoire. Elle a été promue à son grade actuel en 2016.

Lorsqu’on lui demande comment la capacité de déploiement de services de santé des FAC a changé au courant des années, la capitaine de vaisseau Patterson dit : « Nous sommes toujours bons dans ce que nous faisons, du niveau du personnel médical du combat aux niveaux supérieurs. Je crois que ce qui a changé est la manière que nous sommes perçus par ceux et celles que nous appuyons. Il y a maintenant la reconnaissance que nous sommes l’un des éléments habilitants d’une mission réussie. Parfois, nous constituons même un élément de manœuvre, et ce sont les autres qui nous appuient pour réaliser la mission, comme dans le cas des missions de DART (l’Équipe d’intervention en cas de catastrophe), ou Op SIRONA en Sierra Leone (la formation de travailleurs locaux qui prennent soin des patients atteints du virus de l’Ebola). »

« Il n’y a pas très longtemps que les FAC n’auraient pas pensé à se servir de notre capacité en matière de soins de santé pour le personnel militaire, non seulement pour nous aider et pour aider les autres, mais aussi comme moyen de projeter notre identité canadienne à l’étranger. Nous savons maintenant, en tant que nation, que la santé et la sécurité mènent à la paix et aux changements, comme la hiérarchie des besoins de Maslow. Les Services de santé appuient le militaire, et cela contribue à la paix et la sécurité, et rend le monde meilleur. »

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