Opération Impact - Séance d'information 17 octobre 2014

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Vidéo / Le 17 octobre 2014

Transcription

Général Tom Lawson, chef d’état-major de la défense

Mesdames et messieurs, merci beaucoup d’être ici avec nous cet après-midi. Le gouvernement du Canada a choisi de se rallier à ses partenaires internationaux pour lutter contre la menace terroriste que représente le soi-disant État islamique du levant.

Ce groupe de terroristes a forcé le déplacement de milliers de personnes et a commis des actes de violence terribles, est à l’origine d’une crise humanitaire en Irak.

Sachez que l’ISIL crée donc une menace considérable à la région, à la sécurité dans cette région.

Comme nous l’avons annoncé la semaine dernière, les Forces armées canadiennes vont contribuer aux frappes aériennes en Irak et nous avons lancé les préparatifs de cette mission. Le personnel a déjà été envoyé sur place pour préparer notre opération tactique et cela se fait dans le cadre du travail que nous avons déjà lancé pour lutter contre l’offensive sur le terrain.

Outre les opérations spéciales canadiennes, les membres ont déjà été envoyés pour fournir du soutien et des conseils aux Irakiens et nous avons envoyé déjà 1,6 millions de tonnes d’équipement en Irak pour appuyer les efforts de lutte contre l’ISIL.

Le Canada donc se rallie à la coalition internationale pour lutter contre l’État islamique et plus tôt cette semaine je suis allé rencontrer mon homologue américain ainsi que d’autres membres de la coalition dans cette lutte contre l’État islamique.

Il est clair que l’ISIL a connu certaines victoires techniques et connaît un certain élan.

En travaillant ensemble, en misant sur nos diverses contributions nationales, nous contribuerons au succès global de la mission. Il s’agit d’une mission difficile contre un adversaire barbare, mais c’est une mission pour laquelle nous nous préparons et nous nous entraînons. C’est une mission pour laquelle nous sommes prêts.

J’aimerais donc laisser la parole à notre commandant, le général Jonathan Vance.

Lieutenant-général Jon Vance, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada

Merci. Bonjour, mesdames et messieurs. J’aimerais maintenant vous donner une mise-à-jour de notre soutien aux efforts co-alliés dans la République irakienne.

Au cours des derniers mois, nous avons tous surveillé le progrès dans la République de l’Irak et en Syrie du soi-disant État islamique de l’Irak et du levant. Ils sont en train de propager leur idéologie et de tuer des milliers de civils.

Récemment, il y a eu des attaques dans la ville de Baghdad. Ils sont dispersés dans la province d’Anbar et sont en train de créer une position offensive dans d’autres villes qu’ils contrôlent à présent. Il est évident donc que l’ISIL est déterminé à propager des tensions sectaires pour renverser le gouvernement irakien.

L’ISIL mine non seulement la stabilité de la région mais pose – représente, plutôt, une menace à la sécurité nationale.

Comme nous l’avons vu il y a quelques semaines, le Canada a directement été menacé par les chefs de cette organisation.

Aujourd’hui, plus de 40 pays se sont engagés à lutter contre l’ISIL dans une capacité ou une autre à la demande de la République de l’Irak. Il y a donc une coalition qui est en train de gagner en force et qui représente des capacités importantes.

La coalition compte des alliés proches comme les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la France, les alliés de l’OTAN et des partenaires régionaux clés.

Le mois dernier, la coalition a mené environ 300 frappes aériennes en Irak et a atteint des cibles comme des nœuds de commandement et contrôle, des emplacements de rassemblement, des camps d’entraînement, des nids de mitrailleuses, des bunkers, des caches de munitions, des véhicules blindés ainsi que des chars et des camions.

Ces frappes forcent ISIL à changer ses tactiques et freinent ses progrès. Tandis que les forces de sécurité en Irak partent sur l’offensive et commencent à reprendre leur territoire, ils le font en sachant que la coalition les appuie par le biais de ces moyens.

À la demande du gouvernement du Canada, avec l’accord du gouvernement d’Irak, les Forces armées canadiennes ont envoyé en déploiement différents actifs dans la région dans le cadre de la prochaine phase de l’Opération Impact.

Le gouvernement du Canada nous l’a donné le mandat de mener des frappes aériennes ciblées dans la République irakienne dans le cadre des efforts internationaux qui visent à détériorer donc la menace de l’État islamique.

Nos forces vont donc fonctionner, évoluer dans le cadre de cette coalition par – dans le cadre d’un travail mené par les États-Unis. Les opérations donc permettront de déployer nos forces et assurer une intégration efficace dans les activités co-alliées et nous allons donc les maintenir pendant la durée totale de la mission et fournir un commandement national et une surveillance des frappes.

Nous allons utiliser donc notre capacité aérienne tactique et stratégique, les Hercules, les Globemaster, CF-18 et nous allons donc mener une force dans le cadre de l’opération des coalitions en Irak dans les six prochains mois. Cela comprendra donc six chasseurs CF-188 (sic) Hornet, un véhicule ravitailleur CC-150T, deux aéronefs de patrouille CP-140 Aurora et jusqu’à 600 membres du personnel, y compris donc des éléments de soutien aux équipages aériens comme le commandement de contrôle logistique et le personnel médical.

Nous avons aussi des équipes de planification et tout un réseau d’agents de liaison qui seront déployés par nos partenaires.

Une fois que ce commandement sera déployé, nous allons le coordonner.

Le Polaris appuiera les actifs aériens de la coalition dans la région par le billet d’un ravitaillement aérien. Les Auroras effectueront des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance en fonction de secteurs d’intérêt identifiés et prédéterminés.

Les chasseurs vont réaliser des frappes aériennes. Ces missions seront validées par un processus rigoureux et autorisé par notre propre chaîne de commandement et fonctionneront en vertu des règles d’engagement canadiennes.

Donc ces équipes seront envoyées dans la région pour permettre aux activités d’être déployées. Ça comprend l’activité de nos lignes stratégiques et qui permettront à nos forces d’être déployées. Il y aura aussi donc des vols qui seront prévus dans les zones d’opération.

On aura aussi du personnel de contrôle qui va recevoir le matériel, les actifs et qui permettra un commandement sécuritaire de nos forces sur place.

Nous comptons aussi le déploiement d’une équipe de génie spécialisée de 12 personnes afin d’évaluer les terrains d’aviation et les infrastructures existantes sélectionnées afin de mettre sur pied des interactions tactiques de cantonnement pour nos forces en déploiement.

Le personnel médical des Forces armées travaillera donc avec la coalition et fournira des capacités médicales, des soins traumatiques, des soins d’évacuation et autre. Il est nécessaire d’avoir, donc, toutes ces conditions en place avant de pouvoir envoyer nos aéronefs qui commenceront au début du mois de novembre en Irak pour lutter contre l’État islamique et limiter sa capacité de se déplacer librement et de gagner du terrain.

Les hommes et les femmes qui sont déployés dans le cadre de cette mission sont des gens expérimentés et qui connaissent très bien ce type de circonstance. Avant le déploiement, ils ont suivi des formations spéciales, y compris une révision des règles d’engagement, des séances techniques de formation et une formation culturelle.

Cet entraînement, en plus des préparatifs quotidiens permettent de s’assurer que nous déployons du personnel militaire hautement professionnel, bien équipé et prêt à remplir toute mission qui lui est confiée.

Je suis donc extrêmement confiant qu’ils s’intégreront sans heurt avec la coalition et participeront aux opérations qui mèneront à la chute de l’État islamique.

Nous serons mieux placés pour vous donner plus d’information au fur et à mesure des progrès de la mission.

Merci.

Brigadier-général Michael Rouleau, commandant des Forces d’opérations spéciales du Canada

Mesdames et messieurs, bonjour. Comme le chef a mentionné, je suis le brigadier-général Mike Rouleau, le commandant du Commandement des forces d’opérations spéciales du Canada. Je suis parmi vous cet après-midi pour vous fournir un peu de contexte et pour vous renseigner sur la situation des Forces d’opérations spéciales qui se trouvent sur le terrain actuellement en Irak.

Au début du mois de septembre, le Premier ministre a annoncé, suite au Sommet de l’OTAN, que le Canada s’engageait à participer à des forces spéciales en Irak dans un rôle de conseil pour aider les forces de sécurité irakiennes à lutter contre la menace de l’État islamique.

Donc j’ai déployé une petite équipe dans la région afin de fournir au gouvernement du Canada une évaluation du terrain de la situation. Essentiellement il s’agit d’être nos oreilles et nos yeux pour la perspective canadienne. Certaines des équipes donc ont regardé la situation générale, la menace, les forces irakiennes elles-mêmes et la position des autres alliés sur place.

Tout cela nous a menés à confirmer le rôle des Forces d’opérations spéciales du Canada en Irak.

Grâce à cette rétroaction, il est clair que les opérations spéciales canadiennes peuvent jouer un rôle de conseil important pour renforcer les forces irakiennes et les aider à lutter contre l’ISIL.

Actuellement, environ 69 militaires des Forces d’opérations spéciales du Canada sont sur le terrain in Irak. Ils collaborent avec des forces de sécurité irakiennes et kurdes et nos alliés en vue de fournir la formation, les conseils et l’aide nécessaire pour se défendre contre la menace qui constitue l’ISIL et ultimement d’y mettre fin.

La situation sur le terrain est sans cesse changeante et le Commandement des opérations spéciales du Canada nous permettra de fournir au chef d’état-major les informations sur les changements, sur les nouveaux événements avec une idée de ce qui se passe sur le terrain.

Merci beaucoup.


Période de questions et de réponses (pas inclus dans la vidéo)

Question: Je ne sais pas qui voudra me répondre. Pourriez-vous nous donner les mesures précises qui seront prises pour limiter ou pour atténuer, si vous voulez, les pertes de civils lors de cette mission.

Gén Tom Lawson: C’est une très bonne question, très important, en effet. Il faut reconnaître qu’au début de la campagne si les frappes aériennes sont efficaces, deviendront plus difficiles à trouver donc cela nous mène au problème dont vous parlez, c’est-à-dire que les gens qu’on essaie de protéger pourrait être – pourrait être les victimes de ces frappes. Alors c’est un processus qui est extrêmement complexe et on tient toujours compte, bien sûr, des civils. Et je vais laisser le commandant vous donner plus d’information à ce sujet.

Lgén Jonathan Vance: Merci beaucoup. Comme le chef d’état-major l’a dit, il y a beaucoup de mesures qui existent pour prévenir, justement, les dommages collatéraux, l’infrastructure, mais aussi la protection des civils, bien évidemment. Alors comme je l’ai dit, les soldats sont extrêmement bien formés dès le début du processus, que ce soit l’utilisation des aéronefs, l’utilisation des plates-formes, l’analyse des cibles. Et tous ceux qui travaillent aussi sur les questions d’ingénierie de l’attaque sont extrêmement bien formés et professionnels.

Donc il y a beaucoup d’aspects techniques à cette question. C’est très difficile donc. Il faut beaucoup analyser la situation avant de pouvoir procéder à des frappes aériennes.

Il y a aussi un cadre de procédures, un cadre réglementaire, les procédures qu’on prenne, dont l’exigence, par exemple, de mettre en évidence la cible, d’examiner la cible et bien sûr il y a les experts dont je vous ai parlés qui comprennent très bien la situation sur place. Et il faut, bien sûr, avoir une vraie vision sur le terrain.

Alors la raison pour laquelle on demande autant les chasseurs comme Auroras ou les aéronefs de patrouille comme Auroras, c’est qu’ils vous permettent vraiment de voir la situation sur le terrain et donc ça limite votre capacité, si vous voulez à créer ce genre de problème et de pertes de civils dont vous avez parlées.

D’autres part, il existe une volonté de la part de tous les alliés de limiter les pertes éventuelles des civils et de protéger l’infrastructure. Donc il y a des directives claires sur le ciblage stratégique et il y a aussi les règles d’engagement qui encadrent ces frappes. Donc nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour pouvoir protéger les civils, protéger l’infrastructure. Donc nous assurer bien sûr de limiter les pertes de civils ça fait partie du succès de la mission.

Question: Certaines sources aux États-Unis disent que Washington a demandé à l’OTAN de créer une mission de formation pour l’armée irakienne. Est-ce que c’est une chose dont vous avez entendu parler? Est-ce que c’est quelque chose qui vous intéresserait?

Gén Tom Lawson: Oui, alors d’abord je vais vous répondre et je laisserais Jon compléter ma réponse. C’était une partie de la discussion que nous avons eue à Washington au début de la semaine en effet. Alors cette première réponse à laquelleparticipe le Canada fait partie d’une réponse d’urgence, si vous voulez, parce que le EIIL représente une réelle menace pour les Irakiens. Il commet des actes haineux. Donc si on utilise simplement des frappes aériennes, nous ne pensons pas pouvoir régler le problème de l’État islamique et de plus en plus on reconnaît que ce seront les forces irakiennes qui vont exercer des pressions sur les éléments de l’État islamique au cours des prochains mois. Et donc il faut absolument leur permettre d’être prêts à le faire.

Et donc c’est la mission de conseil et de soutien que nous réalisons avec les Kurdes dans le Nord et dans le cadre, bien sûr, d’une coalition plus générale et il y aura une prochaine étape à cette stratégie.

Je vais laisser Jon et peut-être Mike par la suite voudrait ajouter quelque chose.

Lgén Jonathan Vance: Oui, la seule chose que j’ajouterais, comme l’a dit très clairement le chef d’état-major, bon, si nous voulons réussir dans la lutte contre l’État islamique, il faut pouvoir appuyer les forces de sécurité irakiennes. Il faut leur permettre de procéder à des opérations sur le terrain pour lutter contre l’État islamique en Irak et au levant.

Pour ce faire, évidemment, il faut leur offrir une formation. Les États-Unis se tournent vers des partenaires de confiance, l’OTAN, par exemple. Alors ce n’est pas – c’est bel et bien une possibilité.

Bgén Michael Rouleau: J’aimerais ajouter sur ce que le lieutenant-général Vance a mentionné. Si nous sommes sur le terrain ça veut dire que les forces de sécurité irakiennes font du mieux qu’ils le peuvent dans une situation très difficile. Donc dans le contexte de ce que font les forces opérationnelles spéciales là, bon, nous avons une mission. Nous ne sommes pas là pour faire des – ce n’est pas une opération de combat.

Alors si je reviens à votre question d’origine, donc comment atténuer les risques et les dommages collatéraux, et bien ça, on peut le faire indirectement dans notre rôle de conseiller que nous avons auprès des forces irakiennes.

Alors nous avons reçu énormément de formation au Canada et nous pouvons partager nos expériences acquises avec eux. Comment avons-nous réussi à atténuer les dommages collatéraux dans les conflits du passé et quelles sont nos pratiques exemplaires que eux peuvent appliquer, par exemple? (Fin de la traduction.)

Question: Bonjour. Il y a des rapports, des reportages aujourd’hui qui indiquent que les forces de ISIL opèrent des avions, opéreraient des avions. Est-ce que c’est exact?

Gén Tom Lawson: C’est une question très intéressant. Nous avons entendu exactement le même information dans les médias ouverts. Je pense que si c’est vrai, et je suis pas absolument sûr c’était vrai, mais si c’était vrai, je pense que le menace présentée par une petite force aérien comme ça sera très, très minimal. Jon.

Lgén Jonathan Vance: Je peux seulement ajouter que c’est possible, mais on n’a pas de renseignements exacts maintenant qui disent de – que l’ISIL a des avions. Mais ce serait possible dans le futur, certainement.

Question: En sous question, est-ce que vous avez évalué les coûts de l’Opération Impact?

Gén Tom Lawson: Certainement, les coûts sera incrémentaux et nous – nous présenterons les coûts, les estimés et les coûts utilisant les processus parlementaires. Mais il faut qu’on comprenne que les coûts sont incrémentaux alors nous aurons tous les fonds requis pour les missions pour Canada pour continue le recherche et sauvetage et toutes les autres missions de NORAD et tous les autres.

Question: Est-ce que vous pouvez nous donner une idée de ces coûts?

Gén Tom Lawson: Pardon?

Question: Est-ce que vous pouvez nous donner une idée de combien coûtera l’opération?

Gén Tom Lawson: Pas encore. Nous avons passé un estimée pour la considération de notre gouvernement en considération des missions et en futur on va présenter tous les coûts actuels.

Question: Général Lawson, pouvez-vous nous parler des restrictions qui ont été imposées hier à la Base des Forces canadiennes à Trenton? On a demandé aux médias de ne pas prendre de photos qui pourraient identifier les membres ni leur famille. Donc qu’en est-il de ces limites imposées aux médias?

Gén Tom Lawson: Donc oui, pour ceux d’entre vous qui étiez là lorsque le groupe a quitté le pays hier, je vous remercie de votre présence, je vous remercie de reconnaître cela. Mais bon, ces restrictions étaient imposées pour atténuer les risques associés au déploiement dans le cadre de cette mission.

L’État islamique représente un défi énorme pour les personnes sur le terrain en Irak et en Syrie, mais l’État islamique a également dit clairement qu’il cherche à cibler les pays qui offrent des forces, des forces armées. Alors, bon, oui, on fait très attention à ces menaces. Nous y travaillons beaucoup, comme le font les organismes de sécurité publique au Canada. Alors nous faisons tout le possible pour atténuer les menaces et les risques.

Alors bon, habituellement, dans le passé, lorsque les forces armées quittent le pays, vous avez cette habitude de lancer public. Mais maintenant nous avons limité un peu plus pour ne pas que les personnes qui s’y rendent puissent être identifiées par une photo, par exemple.

Question: Et que pouvez-vous dire sur le fait que certaines personnes ont dit que ceci est contraire à la tradition canadienne d’être très ouverte par l’entremise des médias et ça fait en sorte que ça enlève le visage humain à la mission? Les médias et les Canadiens ne verront plus le visage humain de cette mission. On ne voit plus les sacrifices et les difficultés vécus par les soldats et les membres de leur famile.

Gén Tom Lawson: Oui, c’est une très bonne question. Les médias ont toujours joué un rôle très important. Les médias ont toujours assuré ce lien pour nous. C’est un lien très important. Il faut, évidemment, minimiser de toute façon possible les risques directs posés à toute personne. Nous voulons maximiser les informations que nous distribuons.

Donc avec ces séances d’information technique, comme celle-ci, avec des communiqués à l’avenir également lorsque nous serons sur le terrain, nous allons profiter également des réseaux sociaux et d’autres médias. Et lorsque des informations seront disponibles, bon, s’il y a d’autres façons de communiquer avec vous, je vais prendre cela en considération.

Il faut également penser à la situation des pays où nous sommes et de la sécurité pour les personnes déployées.

Question: J’ai des questions pour le lieutenant-général Vance et le général Lawson. Donc pour faire suite à ce que ce journaliste précédente a dit au sujet des frappes aériennes et des civils, bon, moi je vous dis les pilotes seront seuls dans leur chasseur. Est-ce qu’ils auront beaucoup de discrétion de procéder à une frappe aérienne? Est-ce que c’est eux qui décident tous seuls ou est-ce qu’ils ont des conseils?

Gén Tom Lawson: C’est bel et bien une question très importante que vous posez. J’ai passé un certain temps dans ces avions et je – dans la cabine de pilotage, par exemple, et je vous assure que l’équipement dans la fine pointe de la technologie c’est beaucoup mieux que lorsque moi, je pilotais ces avions. Alors, bon, nous pouvons être beaucoup plus – nous avons beaucoup plus d’exactitude dans les frappes. Mais c’est tout de même quelque chose qu’il faut prendre en considération, même si nous avons bien évalué une cible et que ça semble être une cible valable, le pilote doit s’assurer que les conditions n’ont pas changé sur le théâtre des opérations. Alors ils ont une certaine latitude, oui. Si après avoir survolé la région, s’ils estiment qu’il pourrait avoir des dommages collatéraux non raisonnables, bien, ils peuvent revenir.

Alors bon, nous ne parlons – je ne veux pas parler de toutes les règles d’engagement, mais moi je vais parler – je vais céder la parole au général – au lieutenant-général Vance.

Lgén Jonathan Vance: Oui, oui, absolument, nos pilotes sont très bien formés, bien entraînés. Ils ne sont pas nécessairement seuls. Donc la plate-forme, par exemple, de l’Aurora, on identifie exactement où le pilote frapperait. On fait une analyse de la situation sur le terrain. Dans certaines circonstances limitées, un pilote pourrait utiliser son propre point de vue pour voir ce qu’il y a sur le terrain et il ou elle pourrait prendre une décision tout à fait autonome d’après la quantité de dommages collatéraux possible. Mais habituellement, ils utilisent une plate-forme en collaboration.

Donc, bon, il y a deux types de cibles. Il y a des cibles délibérées, d’autres cibles plutôt dynamiques ou en mouvement. Donc ces deux cibles demandent d’être analysées et de faire l’objet d’un examen minutieux avant toute frappe. Donc le pilote est celui qui décide en bout de ligne s’il procède à la frappe ou non.

Question: Alors bon, s’il y a des dommages collatéraux ou des pertes de civils, des décès, qui en est ultimement responsable?

Gén Tom Lawson: C’est une très bonne question. Les leaders de la coalition diront qu’il – qu’on ne responsabillise jamais précisément une personne ou un aéronef, c’est le pays au complet qui en assume la responsabilité.

Question: J’ai une question qui fait suite à ce qui vient d’être dit. Je suis curieuse. Vous parlez de l’utilisation d’aéronefs Auroras. Vous dites que l’aéronef Aurora garde la vision directe sur la cible. On cherche à voir si la situation a changé sur le terrain, s’il y a présence de civils et ainsi de suite. Qu’en est-il du niveau de risque pour les forces armées qui pilotent un aéronef Aurora, un aéronef de patrouille? Et quelle est la différence des CF-18, par exemple, ou d’autres aéronefs? Est-ce que les risques sont différents d’un aéronef à l’autre?

Gén Tom Lawson: Bon, je vais commencer à répondre à votre question. Je pense que le général Vance voudra ensuite ajouter quelque chose. Alors bon, pour chaque type d’aéronef qui est utilisé, soit par nous, par nos partenaires dans la coalition, on fait une évaluation de tous les risques qui pourraient découler, bon, du terrain. Ça peut être des tirs d’armes ou, bon, il pourrait également avoir des instances de personnes qui sont sur le terrain qui utilisent des armes pour cibler les aéronefs. Alors bon, cela est pris en considération dans l’élaboration des campagnes.

Alors pour chaque aéronef, on élabore des cadres et des étapes pour atténuer les risques, donc soit par l’entremise de distance, d’altitude ou de systèmes à bord de l’aéronef.

Lgén Jonathan Vance : Oui, je pense que le risque et bel et bien atténué par l’altitude à laquelle volent ces aéronefs. Ils ont également des systèmes de détection qui permettent de voir ce qui se passe un peu sur le terrain. Ils peuvent détecter la présence d’armes qui pourraient les cibler et également toute une série – il y a tout autre type d’aéronefs dans la région qui assurent la sécurité des autres aéronefs. On fait également une évaluation du renseignement continu.

Bon, vous avez parlé d’une différence de risque. Moi, je ne pense pas qu’il y a une différence dans le risque. Les aéronefs ont différents types de travail, oui, mais le risque est le même.

Question: Merci. J’ai une question de suivi sur le risque de décès de civils. Donc lorsque les pilots prennent la décision finale s’ils procèdent ou non à la frappe aérienne, est-ce qu’il y a un cadre quelconque qui leur est donné leur permettant de prendre la décision?

Lgén Jonathan Vance: Oui, effectivement. Tout ce dont j’ai déjà parlé dans ma réponse précédente, j’ai parlé du cadre, des règles dans lesquelles on travaille, donc la personne qui prend une décision utilise toute la formation que il ou elle a eue. Il y a également la technologie à bord de l’aéronef. On sait comment l’aéronef est conçu, comment l’arme frappera par terre et ainsi de suite. Alors ils sont bien entraînés, bien formés, et ils savent quels seront les résultats de la frappe.

Alors les personnes qui observent la cible ont une plate-forme ISR. Ils peuvent parler directement aux pilotes et leur dire, bon, on a bel et bien identifié la cible, les conditions sont les mêmes et vous avez l’approbation, par exemple. Il est très rare que le pilote doit prendre une décision de façon autonome. Alors de façon générale, vous avez un pilote très bien formé qui a des munitions très précises et nous avons un cadre et des règles également qui entourent le tout pour veiller à ce que vous frappiez la cible voulue avec les résultats voulus.

Question: Merci.

Question: J’ai une question à poser au général Rouleau. Pouvez-vous nous parler un peu plus du type de formation, du type de rôle consultatif que vous – que les forces armées offrent aux forces irakiennes? Donc quelle sorte de formation est donnée et quels sont les manques à gagner? Quelles sont les lacunes? Est-ce qu’il leur manque de l’équipement? Est-ce qu’il leur manque de formation?

Bgén Michael Rouleau: Merci beaucoup. C’est une très bonne question. Donc, bon, oui, nous avons un rôle d’appui et de consultation ou de conseiller. Alors nous avons passé un certain temps à déterminer exactement à partir d’où nous allons opérer dans le Nord. Nous avons identifié quels vont être les – nos partenaires principaux dans les forces sur le terrain. Et bon, nous avons déterminé quelles sont les forces les mieux placées à travailler avec nous.

Alors nous sommes en train de travailler sur le lien de confiance maintenant entre les deux groupes et nous essayons de représenter une valeur ajoutée pour eux. Nous essayons d’apporter notre expérience et notre formation pour partager avec les forces irakiennes. Alors évidemment, nous leur aidons à poser les bonnes questions avant de passer aux opérations et avant d’être sur le terrain. Nous cherchons – nous les aidons à répondre à leurs questions pour qu’ils puissent participer à toute opération de façon la plus réussie possible. Alors un gros volant de quoi il s’agit lorsque nous parlons d’une mission de soutien.

Question: Et quels seront les besoins à l’avenir?

Bgén Michael Rouleau: Je pense qu’il est un peu trop tôt pour commencer à se lancer en conjecture là-dessus pour parler de manque à gagner. Je pense que cela sera déterminé au fil du temps, au fur et à mesure que l’on progresse là-dedans et je pense que l’on verra, bon, nous pouvons ajouter – nous pouvons avoir une valeur ajoutée ici ou là. Le gouvernement est là pour conseiller, pour offrir un service de soutien. Et maintenant nous avons bien saisi ce que nous devons faire pour offrir un soutien. Nous commençons bel et bien à représenter une valeur ajoutée en ce moment, et je pense que cela ne fera que croître à mesure que la relation de confiance s’approfondit.

Question: J’aurais une autre question pour le général Lawson. Vous avez parlé des forces aériennes qui pourraient être sur le théâtre des opérations début novembre. Quand est-ce que les CF-18 pourraient commencer à procéder aux opérations et à cibler? Et qu’en est-il du ravitailleur? Arrivait-il à temps? Serait-il sur le théâtre des opérations en même temps? Est-ce que tout va arriver en même temps?

Gén Tom Lawson: Oui, le ravitailleur doit arriver en même temps que les chasseurs, il ne fait aucun doute de cela. Mais bon, pour ce qui est des phases et des dates exactes, bon, nous cherchons à avoir nos aéronefs sur le terrain et le personnel également, les membres des forces armées pour piloter le tout. Et bien, nous nous attendons avoir la plupart du contingent qui soit sur le terrain avant la fin novembre. Et nous voulons faire un lien avec le processus pour cibler dans le processus de contrôle et de commandement. Alors nous voulons que les aéronefs justement soient bien déployés et le tout sera fait avec célérité en respectant les cadres. Et nous voulons faire cela pour que les Forces canadiennes soient bel et bien désirées et qu’elles soient utilisées où elles sont les plus utiles possible.

Lgén Jonathan Vance: Oui, je pense que le tout sera déployé en même temps, comme le chef d’état-major l’a dit. Il est trop tôt en ce moment pour dire quand on commencera à procéder aux frappes aériennes. Le chef d’état-major a dit que c’est un processus maintenant auquel on s’est joint. C’est un processus en cours. Alors on sera sur le terrain lorsque nous serons prêts. S’il y a une opération tel ou tel jour, et bien là on est assujetti aux opérations et il arrive que ces opérations soient annulées à la dernière minute puisque la cible est disparue, par exemple, ou il y a un problème quelconque avec les dommages collatéraux. Alors là l’opération ne va pas de l’avant.

Alors c’est un processus en cours en ce moment. Il est trop tôt pour dire quand les premières frappes auront lieu, mais nous vous assurons que vous en serez au courant.

Question: Je me demande si vous avez des informations que vous pouvez partager avec nous, donc où seront les Forces canadiennes à Kuwait exactement? Est-ce que ça sera sur une base ou sur plusieurs bases?

Gén Tom Lawson: Le pays hôte a demandé qu’on ne communique pas ces informations publiquement et nous voulons agir de façon professionnelle à cet effet. Alors nous allons tout simplement dire que nous sommes ravis que nos partenaires à Kuwait sont là pour nous appuyer et nous allons avoir un accès à proximité de la mission.

Question: Donc question de suivi. Si les cibles sont difficiles à trouver, si les cibles sont moins évidentes comme vous l’avez dit un peu plus tôt, est-ce qu’il possible que les avions ne soient pas utilisés?

Gén Tom Lawson: Il est très peu probable que cela arrive, et je vais laisser Jon vous en parler un peu plus. Le général Vance a parlé justement des cibles délibérées et des cibles dynamiques, des cibles mobiles. Alors la plupart des pilotes préfèrent les cibles délibérées puisqu’ils savent exactement ce qu’ils verront lorsqu’ils arrivent, mais le ciblage ou les cibles dynamiques, les cibles qui se déplacent seront également présentées là. Il faudra y procéder. Nous offrons aux forces les équipements dont ils ont besoin pour y procéder avec à peu près la même facilité et exactitude qu’une cible qui ne bouge pas.

Alors tout cela pour dire que les aéronefs vont être dans les airs et pour les cibles dynamiques il est moins probable qu’il y ait une frappe, mais les aéronefs seront bel et bien dans les airs.

Lgén Jonathan Vance: Et si je peux ajouter quelque chose là-dessus, c’est qu’en ce moment dans la lutte contre l’État islamique, bon, nous savons que l’État islamique essaie encore de faire quelque chose. Ils sont encore en mouvement alors ils doivent s’exposer puisqu’ils essaient de progresser. Alors, bon, nous essayons de les limiter et nous essayons d’en réduire la taille. Entre temps, il y aura toujours des cibles.

Alors bon, lorsque l’offensive irakienne a lieu, bon, ce que ce soit à petite échelle ou à grande échelle, là on voit que ça va commencer justement à faire chuter les forces de l’État islamique. Alors nous nous attendons à ce qu’il y ait des moments où nos aéronefs ne soient pas utilisés, mais nous préférons avoir un aéronef qui ne procède pas à une frappe plutôt que d’avoir des victimes civiles. Alors le fait d’avoir un aéronef qui n’a pas utilisé, ce n’est pas nécessairement mauvais. (Fin de la traduction.)

Question: Général Lawson, une précision, si vous me permettez. Avez-vous la garantie, pour être bien clair, avez-vous la garantie de la part du gouvernement que vous obtiendrez une enveloppe spéciale — je dis bien spéciale — spécifique pour cette mission-là et qu’en bout de ligne vous n’aurez pas à absorber à même votre budget opérationnel les coûts de cette mission-là, comme ça a parfois été le cas dans le passé? Est-ce que vous avez la garantie absolue du gouvernement fédéral là-dessus?

Gén Tom Lawson: Je vais répondre comme ça. Je suis absolu confiant comme chef d’état-major pour les Forces armées canadiens, que nous aurons l’argent, les fonds nécessaires pour faire toutes nos missions internationales et ici au Canada.

Question: Il y a d’autres CF-18 en ce moment en opérations en Europe de l’Est. Ce que j’aimerais savoir c’est que maintenant qu’on en envoie d’autres pour l’opération en Irak, pour l’Opération Impact, combien de temps qu’on peut maintenir deux opérations?

Gén Tom Lawson: Nous sommes confiants qu’on peut appuyer les deux pour l’avenir. Nous avons presque 80 CF-18 et nous avons assez de personnel de maintenir qui dont nous avons besoin pour le – pour tous les mois d’avenir. Mais nous sommes très occupés avec les deux déploiements. Jon, pour les —

Lgén Jonathan Vance: Général, c’est possible de soutenir les deux missions, environ 10 avions en total pour une période indéfinie. C’est possible. On a le capacité dans les Forces canadiennes puis l’argent puis tout qu’on a besoin pour les supporter. Donc c’est absolument possible.

Question: Merci beaucoup.

Modératrice: Passons aux questions au téléphone.

Question: Oui, bonjour. J’ai une question pour rebondir sur certaines choses qui ont été dites plus tôt au sujet des pilotes qui reviendraient sans avoir réalisé leurs frappes, sans avoir lancé leurs bombes. On parlait du pouvoir discrétionnaire des pilotes et des autorités relativement aux frappes. Pouvez-vous nous donner une idée lorsque les pilotes étaient en Libye du nombre de fois où ils sont revenus sans avoir lâché leurs bombes parce que ça n’était pas adéquat de le faire?

Gén Tom Lawson: Merci. Je vais commencer. Je crois le général Vance voudra également vous répondre. C’était une facette très intéressante du conflit en Libye. Dès le début, lorsque nos forces aériennes ne savaient pas exactement quel était le terrain qu’ils survolaient ou qu’elles survolaient, elles n’étaient pas exactement certaines de la façon dont on pouvait identifier les menaces. Alors on a vu une augmentation du taux de réussite du déploiement et des frappes aériennes au fur et à mesure de l’évolution de la mission.

Et on imagine que c’est la même chose qui va se produire dans ce cas-ci ou encore l’inverse, c’est-à-dire que soit le personnel ou les soldats plutôt – au fur et à mesure de la mission plutôt que les missions deviendront peut-être de plus en plus difficiles à identifier au fur et à mesure où elles se détérioreront.

Lgén Jonathan Vance: Bon, vous avez parlé d’un pourcentage de réussites. C’est un peu difficile de vous donner un pourcentage parce que les pourcentages vont changer au fur et à mesure de la mission et un pourcentage général ne vous donnera pas l’information que vous voulez savoir.

Ce que vous voulez savoir en gros c’est quel est le pouvoir discrétionnaire du pilote et dans quelle mesure il peut utiliser ce pouvoir discrétionnaire? Ce pouvoir discrétionnaire est absolu et il peut utiliser ce pouvoir à cent pour cent, cent pour cent des fois.

Gén Tom Lawson: D’accord. Alors avant de conclure cette réponse, j’aimerais ajouter une chose. Nous sommes – nous faisons preuve de précaution et les Canadiens doivent aussi faire de preuve de précaution lorsqu’il s’agit de déterminer le succès de la mission à partir du nombre de bombes qui sont bel et bien tombées. Le nombre de bombes et qui seront lancées peut découler du fait qu’il y a peu de cibles, par exemple. Donc il faut faire bien attention quand on utilise le nombre de bombes pour déterminer de la réussite ou non d’une mission.

Question: D’accord. J’aurais dû ajouter une chose. Quand je parlais des gens on me disait que les deux-tiers des fois les pilotes revenaient sans avoir lâché leurs bombes. Donc deux-tiers des fois ils revenaient sans avoir lancé leurs frappes aériennes, et je trouvais que c’était assez intéressant. Mais ça n’était pas ma question de suivi. En fait, je voulais vous poser une autre question.

Est-ce que vous pensez que la mission deviendra plutôt une mission de formation ou plutôt qu’une mission de formation et de soutien? Je ne sais pas si c’est exactement la même chose. Je parle du Commandement des forces spéciales.

Gén Tom Lawson: Écoutez, je crois qu’il est clair qu’il y aura différentes étapes entre ces aspects et qu’elles se chevaucheront sans doute. La formation des forces antiterroristes mais aussi des forces de sécurité irakienne a déjà commencée et la formation va certainement s’accélérer, s’intensifier au fur et à mesure du progrès de la mission.

Bgén Michael Rouleau: Oui. Alors comme j’ai dit un peu plus tôt, la mission de conseil et de soutien est une mission de formation parce que nous laissons les forces armées là où elles sont sur place. On n’est pas en train de les retirer. On est en train d’intervenir là où sont les besoins. Donc on aide les forces irakiennes avec la planification et ça implique de comprendre les informations dont on a besoin pour lancer une opération avec succès, pour minimiser aussi les dommages collatéraux. On essaie également de former sur les éléments de tir, de communications, comment se déplacer dans un théâtre de bataille, comment être efficace pour utiliser les munitions, les armes, comment communiquer les actions, comment optimiser finalement les atouts que vous avez. Donc ça c’est vraiment ce que représente notre formation qui est en cours actuellement.

Modératrice: Est-ce qu’il y a une autre question des gens au téléphone.

Question: Oui, bonjour. J’ai une question pour le général Lawson. Général, vous avez dit qu’il y aura donc un contingent canadien qui sera déployé entièrement au mois de novembre. Je me demande pourquoi est-ce que les choses prennent autant de temps? C’est-à-dire que certains alliés canadiens ont le même type de forces aériennes et ont commencé à bombarder le territoire il y a quelques semaines déjà.

Gén Tom Lawson: Oui. Vous me donnez l’occasion de corriger une chose que j’ai dit. Je crois que j’ai bel et bien parlé du mois de novembre et je voulais parler de la fin du mois d’octobre, plutôt. C’est une erreur de ma part. Et je pense que ce délai s’explique pour des raisons donc de questions diplomatiques. Et ce qui est assez impressionnant pour quelqu’un comme moi qui ait de vastes années d’expérience dans l’armée, c’est qu’on puisse intervenir et agir aussi rapidement dans une région qui est à l’autre bout du monde et fournir donc un ravitaillement pour les forces aériennes. C’est vraiment une capacité extraordinaire. Donc je pense que tous nos partenaires de la coalition prendront sans doute autant de temps, voir plus de temps une fois qu’elles auront réalisé leurs annonces pour déployer leurs forces armées. Et je suis désolé si je me suis trompé, j’ai parlé de la fin du mois de novembre au lieu de la fin du mois d’octobre.

Question: Une question de suivi, si vous me permettez, au sujet de la formation, brigadier-général Rouleau. Les Américains ont dépensé des milliards de dollars pour former l’armée irakienne. Il a fallu des années pour former donc cette armée irakienne qui a finalement baissé les bras et s’en enfuit dès qu’elle a eu a affronter l’État islamique. Alors à votre avis qu’est-ce qui sera différent cette fois-ci?

Bgén Michael Rouleau: Je pense que c’est une excellente question. C’est une question qu’on se pose spontanément. Je ne suis pas ici pour vous donner un jugement de valeur sur l’expérience de nos collègues américains en Irak, évidemment. Je suis ici pour vous parler de la mission que l’on m’a donnée, les décisions qui ont été prises il y a un mois ou la situation il y a un mois est bien différente de la situation il y a trois ans et il faut faire une différence parce qu’il faut tenir compte des complexités sur le terrain.

Moi, je suis vraiment confiant que les forces armées canadiennes aideront vraiment les forces irakiennes à faire face à la menace à laquelle elles sont confrontées aujourd’hui.

Modératrice: Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre sur la ligne?

Gén Tom Lawson: Attendez, j’aimerais vous interrompre quelques minutes. Il y a eu plusieurs questions qui portaient sur le progrès, l’évolution de la campagne et j’aimerais bien qu’on parle des différentes étapes de la campagne, si vous le permettez.

Lgén Jonathan Vance: Oui. Merci beaucoup. Pour répondre à la question au sujet de la formation, alors il y a une formation que CANSOF réalise en ce moment et dans le cadre de cette campagne, comme le chef d’état-major l’a dit, il y a une étape d’urgence et il y aura d’autres étapes qui vont arriver et donc il y aura des étapes de suivi. On a aussi le renforcement de capacité pour que les forces de sécurité irakiennes puissent finalement reprendre le contrôle de leur pays.

Donc par la suite, il y aura, bien sûr, du travail, pour le renforcement des institutions, etc.

Mais à court terme, il s’agit donc des attaques, des frappes aériennes et dans les prochains mois, la prochaine année, il s’agit d’aider les forces de sécurité aériennes à finalement récupérer leur territoire. Et ça veut dire qu’il y aura un effort de formation par la coalition et cet effort – cet exercice de formation consistera non pas à commencer à partir de rien parce que les forces de sécurité aériennes, mêmes si elles ont connu certains revers, notamment dans la lutte contre l’État islamique, et il y a toutes sortes de raisons qui expliquent d’ailleurs ces revers, ont fait beaucoup de progrès, n’ont pas reçu de formation des États-Unis depuis 2009 et elles ont besoin d’une mise à jour, d’une formation supplémentaire pour pouvoir reprendre les armes. Elles sont très motivées et ça sera, cependant, un réel défi, mais ça fait partie, bien sûr, de la campagne dont on parle en ce moment au quartier-général de CENTCOM à Tampa.

Tout ça pour vous dire qu’il y aura en effet une formation. Maintenant je ne peux pas vous dire quelle en sera l’ampleur et qui en sera responsable, mais en tout cas, il s’agit de permettre aux forces irakiennes de récupérer leur pays et bien sûr de reprendre les armes de lutter contre l’État islamique.

Modératrice: Une dernière question, une autre question au téléphone.

Question: Bonjour. Merci beaucoup. Général Lawson, pouvez-vous nous expliquer, nous donner une référence pour que l’on puisse évaluer en quelque sorte la réussite de nos opérations armées en Irak? Quand saurons-nous que nous avons réussi et de quoi aura l’air cette réussite en quelque sorte? En quoi consistera-t-elle?

Gén Tom Lawson: Merci. Bien, vous avez raison parce que la coalition pourra mettre un terme ou faire une transition vers d’autres missions lorsqu’elle aura terminé cette mission et à chaque fois qu’on entre dans une opération, on se pose cette question. Comme le général Vance l’a dit, cette première partie des frappes aériennes est presque une réponse d’urgence et il s’agit d’une mission qui est déjà extrêmement efficace. Il s’agit de faire face à une menace qui n’est pas arrivée du jour au lendemain, qui est connue depuis nombreux mois et donc les attaques de l’État islamique ont augmenté en virulence et en force et donc il s’agit d’agir rapidement. Et on veut vraiment mettre un terme à cela. Donc comme on l’a vu avez la reprise de certaines villes, certains bastions autour de Baghdad et ensuite la récupération de certains territoires qui avaient été perdus, on voit que on est en direction d’une plus grande réussite militaire qui fera en sorte que le EIIL ne posera plus une telle menace à la sécurité des Irakiens et au gouvernement, bien sûr, irakien.

Alors votre question pourrait aller plus loin. Vous pourriez dire comment allons-nous mesurer la victoire en Irak, la victoire contre l’État islamique et là ça sera la disparition entière de l’idéologie et le renforcement du gouvernement irakien qui nous permettra d’en juger. Mais ça va au-delà de la mission dont on parle maintenant puisque nous nous parlons d’une mission militaire et donc ce seront des mesures militaires qui nous permettront d’en juger une réduction importante de la menace de l’État islamique. C’est notre mesure de la victoire.

Question: Merci. Merci de votre réponse, général Lawson. Je vous remercie de vos précisions.

Et général Rouleau, je voulais vous interroger sur la nature de la menace sur la sécurité canadienne, c’est-à-dire sur les soldats ou les forces armées sur le terrain. Je sais que les forces armées ne seront pas – en fait, serons là où sont – où seront les forces irakiennes, donc sur le terrain. Pouvez-vous nous parler de la mesure que cette opération représente pour les soldats canadiens et comment allez-vous atténuer cette menace? Est-ce qu’on va se retirer si les choses deviennent trop dangereuses, etc.?

Bgén Michael Rouleau: Et bien quand on parle de la situation en Irak aujourd’hui, il faut penser à l’Afghanistan. Il ne faut pas penser aux champs de bataille que l’on connaissait il y a longtemps. La situation maintenant est différente. C’est très difficile de définir ce qui est en première ligne, de parfois de différencier les bons et les méchants en quelque sorte.

Donc on atténue le risque parce que le gouvernement a tout simplement décidé d’envoyer des forces d’opérations spéciales dans le théâtre des opérations et on a choisi les forces armées de façon extrêmement précise. Ce sont des gens très bien formés, qui ont l’habitude de travailler avec des petits groupes, qui ont l’habitude de travailler dans ce type de contexte dans un environnement de réseau.

Donc tout ça fait en sorte que ce commandement est particulièrement approprié pour ce type d’environnement.

Alors quelles sont les menaces? Et bien, les forces armées devront faire face à des tirs directs éventuels et à d’autres types de menaces telles que les dispositifs explosifs improvisés. Et pour cela, nous avons toute une structure de renseignements pour retracer ce type de risque. Je parle à mon commandement du commandement, plutôt, sur place aux moins trois fois par semaine. Ça nous permet, tout cela, d’atténuer les menaces. Mais comme le Premier ministre l’a dit quand il a annoncé cette mission, il n’y a pas d’environnement sans risque. Donc cependant, je suis très à l’aise avec l’évaluation de la menace qui a été réalisée. Moi, j’ai évalué qu’il s’agissait d’une mission à faible risque toute proportion gardée.

Gén Tom Lawson: Donc d’autre part nous avons un rôle à jouer, on l’a dit en soutien et en conseil. Il y a un autre risque qui consiste en une autre fonction. On va faire une évaluation au fur et à mesure de la mission. Je pense donc à la formation des Kurdes et des Irakiens. Et nous allons donc réaliser aussi un rôle d’accompagnement et parfois la distinction entre l’accompagnement, entre la formation et conseil est difficile à réaliser. Mais on va essayer de maintenir une certaine distance. Nos forces armées, comme on l’a dit, sont extrêmement bien formées, de toute façon. Et ils sont tout à fait adaptés à ce type de situation.

Modératrice: Nous avons le temps d’entendre deux autres questions des gens sur place.

Question: Moi, j’aimerais revenir à l’autre question, c’est-à-dire qu’on a fait un inventaire des aéronefs qu’on envoie. On sait aussi ce que nos alliés vont envoyer. On connaît les marques et les chasseurs qui seront impliqués, mais à quoi fait-on face? C’est-à-dire quels sont les dispositifs des méchants, si vous voulez? Est-ce qu’ils ont de l’artillerie? Quels types d’armes est-ce qu’ils ont? À quoi est-ce qu’on va être confronté?

Gén Tom Lawson: Bien, je vais laisser le général Vance vous répondre. Ce que je vous dirais, cependant que nous nous réalisons beaucoup de travail en ce qui concerne le renseignement maintenant. Là il faut faire attention à ce que l’on dit, non seulement relativement à ce qu’on pense qu’ils ont et la façon dont ils vont utiliser ces choses-là mais aussi pour d’autres aspects. Je vais laisser le général Vance vous en dire plus long.

Lgén Jonathan Vance: Alors nous avons de plus en plus de précisions relativement à l’État islamique, à notre adversaire. Ils ont toute une panoplie d’armes conventionnelles comme dans les armées conventionnelles, donc des chars, des mitraillettes, des armes à courte portée, à longue portée. Et pour l’instant, on voit qu’ils n’ont pas de capacité de missiles de surface — en tout cas, pas pour l’instant. Et d’après qu’on sait, ils n’ont pas non plus d’aéronefs même s’il y a eu une question à ce sujet un peu plus tôt et il faudra bien sûr vérifier.

Mais ils utilisent donc des armes conventionnelles et ils ont aussi des armes anti-aéronefs et on sait qu’ils ont des armes de défense aérienne, mais pour l’instant je ne peux pas vous en dire plus sur leur capacité. Cependant, ils ont une certaine capacité de – ils peuvent en quelque sorte menacer nos aéronefs, si vous voulez, si c’est ça votre question.

Question: Oui, je comprends que vous ne pouvez pas rentrer dans les détails, mais bon, ils savent ce qui va arriver à la fin du mois d’octobre. Alors est-ce qu’il est possible qu’ils puissent acquérir ce type de capacité? Je ne sais pas d’où pourrait venir ce type de matériel, mais on sait où sont fabriquées ces armes et peut-être qu’ils pourraient mettre la main dessus d’ici à notre arrivée sur place.

Lgén Jonathan Vance: En fait, nous pouvons être absolument certains qu’ils vont – qu’ils vont essayer de le faire. Nous savons qu’ils vont essayer d’avoir un avantage, que ce soit du point des armes ou autrement. Alors nous allons faire tout ce que nous pouvons faire pour connaître la situation. L’environnement ne sera pas statique. Ça va être fluide, ça va changer. Ça va évoluer constamment.

Alors ne vous méprenez pas, ce n’est pas seulement pas le Canada. Il y a vraiment toute une coalition. Il y a énormément de capacité de renseignement et il ne fait aucun doute que nous allons toujours avoir un pas d’avance sur l’État islamique. Et si ensemble – si nous travaillons tous ensemble avec toutes nos ressources, nous allons pouvoir atténuer le risque posé par l’État islamique.

Modératrice: Une dernière question.

Question: Bon, je pense que tout le monde s’est intéressé à ce que vous avez dit lorsque vous avez parlé d’un an. Alors cette lutte à laquelle nous commençons à participer, à quel type de calendrier pouvons-nous nous attendre? Qu’est-ce que nous pensons pouvoir faire d’ici six mois?

Gén Tom Lawson: Oui, merci. C’est une bonne question. Nous en avons parlé à Washington avec la coalition. Donc nous avons parlé du calendrier de la durée là-bas. Alors ça revient à la mesure du succès également.

Donc combien de temps faudra-t-il pour que cette coalition démontre un rendement par rapport à l’investissement, si vous voulez? Alors quand pourrons-nous commencer à voir un effet de levier économique? Quand allons-nous commencer à voir de la stabilité dans la région? Alors le tout – toutes ces questions-là font l’objet de débat.

Ce qui apparaît clairement c’est que l’effort canadien autorisé en ce moment a une durée de six mois. Plusieurs coalitions sont envoyées pour des durées semblables et doivent faire rapport au gouvernement régulièrement pour que l’on réévalue la situation et c’est ce que l’on fait maintenant. (Fin de la traduction.)

Modératrice: Je sais que mes collègues francophones ont besoin d’une autre question, alors peut-être au lieu d’un suivi.

Question: Juste vous entendre en français sur les objectifs de la mission. Comment on va savoir que la mission est accomplie et est-ce que six mois c’est suffisant? Juste vous entendre en français là-dessus. Vous avez répondu tantôt.

Gén Tom Lawson: Oui, je pense c’est un peu fort d’attendre que toutes les mesures de succès seraient comblées dans six mois. Je pense qu’est-ce qu’il y a un scénario où ça peut passer? Peut-être, mais pas probable.

Alors plus important ces jours-ci c’est que nous avons l’autorité de travailler avec la coalition pour six mois. Après ça, on va voir.

Question: Alors vous dites que ça ne va pas arriver d’ici six mois.

Gén Tom Lawson: Et bien, nous parlons de probabilité et je pense que nous pouvons faire énormément de progrès en six mois, surtout dans le – avec la coalition avec laquelle nous travaillons, surtout avec les armes que nous utilisons. Mais il y a une autre phase là-dedans de laquelle le général Vance a parlée, c’est-à-dire la phase de formation. Alors nous allons commencer à voir la formation également pendant cette période de six mois. Alors il y a une attente dans le cadre de cette coalition que la formation porte des fruits en six mois mais il y a des attentes qui vont au-delà de six mois.

Merci beaucoup.

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