ARCHIVÉE - Durée de vie prévue du CF­-18 Hornet

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Mise en contexte

La durée de vie prévue d’un système d’armes est une décision de gestion qui doit être prise en tenant compte de tous les besoins prévus (y compris en matière de navigabilité, de maintien en puissance, ainsi que de capacité et de pertinence opérationnelles) par rapport aux coûts et aux avantages, ainsi qu’aux risques opérationnels qui en découlent. La notion de durée de vie prévue s’apparente à la notion commerciale de « vie utile », qui est la période pendant laquelle un bien est censé répondre aux besoins pour lesquels on l’a acquis. Cette notion ne correspond pas forcément à la durée de vie physique ou économique du bien en question.1  Une durée de vie prévue approuvée permet également au gestionnaire des systèmes d’armes visé de gérer adéquatement les ressources financières dans le but d’assurer le maintien en puissance de la flotte jusqu’à la fin de sa durée de vie prévue. De plus, il faut aussi tenir compte du fait que la durée de vie assurée des structures des aéronefs n’arrive pas à échéance simultanément; il faut aussi tenir compte des besoins associés à la transition vers une flotte d’aéronefs de remplacement (p. ex., calendriers de livraison d’aéronefs et calendriers d’instruction de l’équipage et des techniciens réalisables), le cas échéant. En conséquence, la durée de vie prévue peut être définie comme une perspective prévue de réduction progressive ou de transition qui survient au fur et à mesure que les aéronefs de la flotte sont progressivement mis hors service. Une durée de vie prévue définitive indique la date ultime de fin des opérations aériennes de la flotte en question, et à moins d’indication contraire, elle est habituellement fixée selon le régime de l’année civile. C’est donc dire qu’une durée de vie prévue en 2020 suppose la fin des opérations aériennes au plus tard le 31 décembre 2020.

La durée de vie prévue des flottes d’aéronefs des Forces canadiennes (FC) est fixée au moment de leur mise en service. Le CF-­18 Hornet a été mis en service en 1982 à titre de chasseur polyvalent d’interception en remplacement du chasseur CF­-5 Freedom, du CF­101 Voodoo et du CF-­104 Starfighter. L’échéance de la durée de vie prévue de la flotte de Hornet avait d’abord été fixée à 2003, ce qui représentait une durée de vie utile de 20 ans après la déclaration de sa capacité opérationnelle initiale (COI)2. Cette valeur était fondée sur le temps d’utilisation initialement prévu calculé en fonction de la durée de vie théorique certifiée par le fabricant d’équipement d’origine.3

Il faut toutefois signaler que la durée de vie prévue est, d’abord et avant tout, une estimation. De nombreuses hypothèses doivent être formulées pour les différents facteurs concurrents, lesquels doivent tous être pondérés en vue de déterminer la date de mise hors service optimale. Cela signifie que la durée de vie prévue ciblée pour une flotte d’aéronefs peut s’avérer correcte ou non avec le temps, et qu’elle peut être raccourcie ou prolongée pendant la durée de vie utile. Une modification de la durée de vie prévue peut être déclenchée par un certain nombre de facteurs, comme une insuffisance de capacités, des progrès techniques ou en matière de maintenance qui allongeraient la durée de vie utile prévue de la flotte.

Dans le cas de la flotte de CF-­18, les inquiétudes à l’égard de la courte durée de vie des structures ont mené à la création du Programme de gestion de la durée de vie en fatigue en 1988, et d’un programme d’essais à grande échelle de résistance à la fatigue des structures en collaboration avec la Royal Australian Air Force (RAAF) visant à renouveler la certification de la durée de vie théorique du CF­-18 en fonction de son utilisation au Canada et en Australie. Cet effort de collaboration, connu sous le nom de Programme international de tests structuraux de suivi (PITSS), s’est terminé en 2006. Les résultats de ce programme ont jeté les bases nécessaires à la mise sur pied du programme de prolongation de la durée de vie des CF­-184 . Comme la durée de vie des structures d’un aéronef est un facteur limitatif de sa navigabilité, il est primordial d’en tenir compte dans le calcul d’une durée de vie prévue réaliste. La mise en œuvre du Programme de gestion de la durée de vie en fatigue (programme de prolongation de la durée de vie adapté aux besoins de l’Aviation royale canadienne [ARC]), les modifications apportées aux techniques de vol du CF­-185 , ainsi qu’une réduction du contingent annuel d’heures de vol prévu au fil des années sont tous des facteurs ayant contribué à la prolongation de la durée de vie physique prévue des CF­-186Cette durée a été prolongée jusqu’en 2020, ce qui comprend une période de chevauchement présumée de trois ans pour la transition vers de nouveaux chasseurs (soit de 2017 à 2020), laquelle a été recommandée à la suite d’une étude approfondie entreprise en 2004. Cette étude se fondait sur des faits connus à cette époque, ainsi que sur un certain nombre d’hypothèses clés, notamment le contingent annuel d’heures de vol prévu, le taux de progression de la fatigue structurelle, les modifications structurelles à apporter, le soutien continu de la US Navy, l’avantage sur le plan des coûts de procéder à d’importants travaux de modification du matériel avionique et les hypothèses sur les délais associés à la mise en service de la flotte de remplacement.

Dans le cadre de cette étude, la durée de vie prévue du CF-­18 a été examinée une fois de plus afin de déterminer s’il était viable de la prolonger au­delà de 2020. L’analyse effectuée aux fins de ce rapport a permis d’évaluer l’option consistant à prolonger la durée de vie prévue du CF-­18 à 2025 et à 2030, au moyen d’une nouvelle période de chevauchement de 5 ans pour la transition vers un nouveau chasseur. Cette période plus longue de transition de la durée de vie prévue se fonde sur une évaluation des délais réalisables associés à la mise sur pied d’une nouvelle flotte par la force de chasse, compte tenu de sa taille et de sa structure actuelles. Le nombre précis d’aéronefs CF-­18 requis au cours de cette période de transition de 5 ans est indiqué dans les hypothèses opérationnelles énumérées ci­après. Les objectifs de durée de vie prévue de la présente étude ont été choisis en toute logique, en fonction des coûts prévus par rapport aux avantages et au risque global :

a. Une durée de vie prévue établie entre 2020 et 2025 représente un objectif au­delà duquel il faudra procéder à d’importants investissements sur les structures pour maintenir la navigabilité de la flotte. À ce titre, il s’agit d’une prolongation de la durée de vie prévue dont les coûts sont modestes, mais qui entraîne tout de même des risques techniques et des risques opérationnels faibles à modérés respectivement, ce qui est raisonnable. Lorsque la réduction progressive de la US Navy commencera pour de bon avant le retrait complet de la flotte, son maintien en puissance deviendra de plus en plus difficile et coûteux, notamment en raison de l’accès limité aux installations de réparation et révision (R&R) et de la faible disponibilité des pièces de rechange sur le marché;7

b. Une durée de vie prévue de 2025 à 2030 constitue un objectif ambitieux réalisable sur le plan technique, mais risqué. Il faudrait que la totalité de la flotte soit soumise au PC3 du programme de prolongation de la durée de vie et qu’elle fasse l’objet d’autres investissements importants visant la remise en état des structures. Cette option s’avère une solution à haut risque tant du point de vue technique qu’opérationnel. De plus, la diminution des sources de R&R et de pièces de rechange rend difficile le maintien en puissance de la flotte. Sur le plan financier, il est de plus en plus incertain de prévoir des travaux d’ingénierie ponctuels, de même que les coûts de maintien pour une période aussi longue en sachant que même les plus petites modifications aux hypothèses actuelles pourraient avoir d’importantes répercussions sur les coûts prévus. D’un point de vue opérationnel, la flotte sera exposée à un environnement de menaces plus susceptibles de causer des décès. De plus, le niveau d’interopérabilité diminuera en raison des nouveaux aéronefs que piloteront les alliés du Canada.

Comme la durée de vie prévue représente à la fois un outil et une décision sur le plan de la gestion, toute décision concernant la prolongation de la durée de vie doit être fondée sur trois variables importantes : la faisabilité technique, la pertinence opérationnelle et la rentabilité. La présente étude de la durée de vie prévue porte sur toutes les mises à niveaux requises pour prolonger la vie des CF-­18 Hornet sur le plan de la navigabilité, de la réglementation et du maintien en puissance. Elle n’aborde toutefois pas la faisabilité technique et les coûts associés aux mises à niveau majeures de la pertinence opérationnelle visant à améliorer les capacités en place, autres que celles dont le maintien est essentiel pour assurer un niveau minimal d’interopérabilité avec les États­Unis, et, par extension, avec les alliés de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Considérations quant à la durée de vie prévue

Navigabilité permanente – Structure du CF­-18: Comme il en a déjà été question, la durée de vie des structures est un important facteur d’évaluation. Une analyse préliminaire des hypothèses ayant servi à établir la durée de vie prévue actuelle des CF­-18 a révélé plusieurs tendances à la baisse en matière de consommation du contingent annuel d’heures de vol et du FLEI depuis 2004.

Exigences réglementaires: Le transpondeur CF­-18 actuel8 devra être mis à niveau si on veut assurer la capacité de vol de la flotte après 2020. C’est donc dire que les efforts de mise en œuvre devront être déployés trois ans plus tôt que prévu, et que les décisions en matière d’investissement devront même être prises bien avant. Les règlements tant civils que militaires à l’égard de l’identification ami/ennemi, requerront, respectivement, le mode S – déjà exigé en Europe – et le mode 5. L’intégration de cette capacité exigera à la fois que l’on modifie le matériel avionique et le programme de vol opérationnel9. Fait plus important encore toutefois, la Federal Aviation Administration des États­-Unis imposera le recours à la technologie de surveillance ADS­B (Automatic Dependent Surveillance – Broadcast ou surveillance dépendante automatique en mode diffusion) dans l’espace aérien américain d’ici 2020. La mise en service commencera au cours des prochaines années conformément au plan de gestion de la circulation aérienne NEXTGEN. On s’attend également à ce que la plupart des autres signataires de l’Organisation de l’aviation civile internationale adoptent eux aussi la norme ADS­B. Par exemple, l’Europe mettra en place les normes ADS­B d’ici 2017. Une décision dans les plus brefs délais offrirait une plus grande souplesse aux étapes de planification et de mise en œuvre, ce qui produirait un meilleur rendement du capital investi en prolongeant la période de mise en service de l’équipement amélioré.

Maintien en puissance: Du point de vue du cycle de vie du système d’armes, le maintien en puissance se rapporte au soutien en service nécessaire pour maintenir un système d’armes opérationnel. À ce titre, il tient compte des problèmes de soutenabilité (fiabilité, maintenabilité, accès aux pièces de rechange et aux installations de réparation requises) et des besoins en matière de gestion de l’obsolescence (derniers achats prévus ou achats prévus pour la durée de vie de pièces de rechange, ou renouvellement de la certification du système visé pour l’utilisation de pièces plus récentes en remplacement des pièces qui ne sont plus disponibles). En ce qui concerne la disponibilité des pièces, l’annonce récente que les autres utilisateurs de F/A-­18, en particulier la US Navy, prolongeront la durée de vie de leur flotte dans les années 2020 garantit que la demande de pièces de rechange sera suffisamment importante pour inciter financièrement les fabricants à poursuivre leur production et pour maintenir les activités des échelons essentiels de R&R. L’obsolescence de certaines composantes deviendra sans aucun doute problématique, mais avec un plus grand nombre d’utilisateurs, on pourrait probablement partager les coûts des travaux d’ingénierie ponctuels visant à régler ces problèmes de manière rentable entre les différents pays utilisateurs de F/A­-18 Hornet en s’exposant à très peu de risques jusqu’en 2025 environ. L’avionique est un domaine particulier qui comporte une multitude de systèmes et de composantes présentant des problèmes réguliers d’obsolescence et de fiabilité, y compris l’équipement d’essai automatisé servant à réparer les composantes. Pour assurer le maintien de la flotte au­delà de 2020, il faudra faire preuve de souplesse afin de se procurer des pièces de rechange supplémentaires au fur et à mesure que les occasions d’achat se présenteront.

Interopérabilité – Exigences de base obligatoires: La pertinence opérationnelle du CF-­18 Hornet est assurée jusqu’en 2020. Selon l’analyse réalisée dans le cadre de la phase d’analyse opérationnelle du projet de chasseurs de la nouvelle génération, l’ensemble avionique modernisé des CF­-18 demeurera conforme aux exigences actuelles d’interopérabilité des autres services canadiens et alliés jusqu’en 2020. Par contre, certains systèmes d’avionique CF-­18 de base devront être mis à niveau au­-delà de 2020. Ces exigences sont imposées par la modernisation de l’architecture de chiffrement de la National Security Agency des États­-Unis, qui permet d’assurer des communications sécurisées (encodées). Ces mises à niveau logicielles exigeront également l’amélioration du programme de vol opérationnel, ainsi que les mises à niveau du matériel informatique et des micrologiciels des ordinateurs de mission des CF­-18 qui les exploitent. Pour terminer, ces mises à niveau essentielles exigent aussi l’amélioration des simulateurs de vol des CF­-18 afin qu’ils demeurent adéquats à titre de plateformes d’entraînement.

Pertinence opérationnelle: Les mises à niveau techniques qui viennent d’être mentionnées ont principalement trait aux exigences techniques associées à l’interopérabilité des aéronefs. L’interopérabilité comporte plusieurs significations et ne constitue qu’une des composantes de la pertinence opérationnelle. En effet, cette dernière peut se résumer en trois éléments : surviabilité, efficacité et interopérabilité. L’essor des défis technologiques sans cesse croissants dans le futur environnement opérationnel nuira à chacune des composantes de la pertinence. Les tendances centrales de la croissance technologique se situent dans le domaine de la furtivité, non seulement pour les systèmes aérospatiaux, mais aussi pour les systèmes maritimes et terrestres. Elles comprennent de nouveaux concepts, des travaux de modernisation et des capacités globales de réduction ou d’exploitation du spectre électromagnétique. Les enjeux associés à ces nouvelles capacités découlent de l’augmentation des capacités offensives et défensives de la menace, des techniques améliorées de confusion et de dissimulation des objectifs dignes d’intérêt, de la prolifération mondiale en hausse des cyberattaques menées contre des systèmes aéroportés et de la gestion de l’information dans des domaines préoccupants de nature géopolitique complexe.

La pertinence opérationnelle est une échelle de mesure qui varie constamment. Lorsqu’un aéronef est équipé d’un nouveau système d’armes, il se situe habituellement près de l’« avant-­garde » de la pertinence opérationnelle. Au fil du temps, il s’en éloigne jusqu’à ce qu’il soit soumis à un programme de mise à niveau visant à l’adapter aux technologies avancées, ce qui se traduit par de nouvelles capacités. Le CF-­18 était un chasseur à l’avant­garde de la technologie lorsqu’il a été lancé dans les années 1980. Il a peu à peu pris du retard et, lors du conflit au Kosovo, il avait atteint l’« arrière­-garde » des capacités de la coalition. Les mises à niveau des capacités des 10 dernières années ont permis aux CF-­18 de retourner à l’« avant­-garde» de la technologie pendant les opérations de 2011 en Libye. Cette capacité finira par s’éroder encore une fois au cours du reste de la durée de vie utile du Hornet étant donné l’évolution constante de la technologie.

Les trois éléments de la pertinence sont plus ou moins interdépendants et peuvent être pris en compte de manière globale. Cette interdépendance et leur importance variable seront tributaires de la réalité opérationnelle. Par contre, ces éléments sont tous nécessaires dans une certaine mesure dans le cadre de tout scénario national ou expéditionnaire. Le meilleur moyen d’illustrer leur importance variable sur le plan stratégique est de les mettre en évidence dans chacun de ces rôles.

a. Surviabilité : Comme nous l’avons souligné précédemment, la furtivité englobe de nombreux aspects, dont le contrôle d’émission. Dans le domaine national, il se peut que la surviabilité d’un aéronef ne soit pas touchée directement, au sens traditionnel, par l’absence de caractéristiques furtives adéquates; elle serait plutôt rattachée davantage à la capacité de son système d’armes de poursuivre l’exécution de la mission de manière efficace. Ces armes tirées à distance de sécurité sont également utilisées dans le cadre d’opérations maritimes. Il faut aussi souligner le fait que le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) a évolué pour ajouter une importante composante maritime à son champ d’activité. Cela rendrait le CF­-18 déficient à la fois dans le cadre des opérations nationales et des opérations expéditionnaires pour améliorer sa surviabilité par rapport aux capacités avancées de la menace.

b. Efficacité : On prévoit une hausse du niveau d’information requis au cours des opérations nationales et expéditionnaires. Dans le contexte de NORAD, l’arrivée d’un plus grand nombre de satellites, de véhicules aériens sans pilote et d’autres systèmes de collecte de données, combinée à l’accroissement de la circulation aérienne et maritime, entraînera une augmentation exponentielle des niveaux de données opérationnelles. Dans le domaine expéditionnaire, l’ajout d’autres systèmes et opérations de coalition dans des théâtres d’opérations déjà congestionnés causera des hausses semblables. Dans un futur environnement opérationnel complexe et avide d’information, le CF-­18 sera limité par la configuration physique de son poste de pilotage et les données non fusionnées des capteurs. En conséquence, l’efficacité opérationnelle du CF­-18 diminuera tant dans les scénarios nationaux qu’expéditionnaires.

Interopérabilité dans le contexte opérationnel : Hormis les aspects de l’interopérabilité technique dont il a été question précédemment, il faut également se pencher sur ceux de l’interopérabilité opérationnelle. Au cours des opérations de la coalition, les aéronefs possédant le même niveau de capacités opèrent habituellement de concert. Pensons aux opérations des chasseurs furtifs F­-117 dans le cadre du conflit au Kosovo pour illustrer cette interopérabilité opérationnelle. Durant les missions de combat, les aéronefs de ce type ont agi indépendamment des autres types d’aéronefs pour empêcher que les aéronefs non furtifs ne dévoilent la position des F­-117. De plus en plus d’aéronefs deviendront indétectables, et les aéronefs non furtifs seront mis à l’écart pour ne pas nuire aux autres. Cela a une incidence sur les opérations nationales et expéditionnaires. Dans le contexte national, au fur et à mesure que les États­-Unis procèdent à la mise à niveau de leurs forces de chasse, il pourrait être nécessaire que les opérations de NORAD disposent à l’avenir des mêmes caractéristiques d’interopérabilité que celles utilisées dans le cadre des opérations de coalition.

Pertinence opérationnelle – Question fondamentale : Les capacités actuelles du CF­-18 sont jugées suffisantes pour répondre à la plupart des besoins opérationnels jusqu’au milieu des années 2020. Cependant, vu l’évolution de la technologie et de l’espace de bataille, la capacité relative du CF­-18 est appelée à s’éroder au cours des années 2020. Le maintien des niveaux de capacité relative du CF­-18 à l’avenir risquerait d’exiger des investissements de capacités supplémentaires dans de nouvelles technologies grâce à des mises à niveau systémiques essentielles. On a toutefois jugé que de telles mises à niveau étaient impossibles à réaliser dans le contexte actuel, ce qui se traduira par une augmentation des risques de mission au fur et à mesure que la période de prolongation de la durée de vie prévue des CF­-18 avancera, surtout si on envisage de mener des opérations expéditionnaires.

Armes aériennes : La présente étude ne tient pas compte des nouveaux coûts de l’approvisionnement en armes aériennes. Ces armes, qui introduisent de nouvelles capacités, sont normalement acquises dans le cadre de programmes d’immobilisations distincts. Toute arme aérienne de ce type envisagée aux fins d’approvisionnement et d’intégration pendant que le CF-­18 est encore le principal modèle de chasseur du Canada devra aussi être compatible avec les aéronefs de remplacement achetés conformément à la stratégie d’achat d’armes aériennes de l’ARC. Par conséquent, l’achat de nouvelles armes aériennes n’est pas considéré comme étant une dépense requise uniquement aux fins du maintien la pertinence opérationnelle des CF-­18.

Capacité opérationnelle de la flotte : C’est en évaluant les capacités d’un système d’armes dans le contexte de l’environnement dans lequel il est utilisé que l’on détermine sa pertinence opérationnelle. Il faut toutefois évaluer la capacité opérationnelle globale ou collective de la flotte pour déterminer si sa durée de vie prévue peut être prolongée. La taille de la flotte de CF-­18 a diminué de 44 p. 100 depuis l’achat des aéronefs, en raison de l’attrition (pertes opérationnelles causées par des accidents) et de la décision de gestion de retirer du service les aéronefs dotés de l’ancienne configuration, lesquels auraient nécessité des coûts considérables en travaux d’ingénierie ponctuels pour être modernisés à la configuration actuelle de la PMT­-583R2. La taille actuelle de la flotte suffit pour respecter les engagements de la Stratégie de défense Le Canada d’abord (SDCD), mais la souplesse nécessaire pour retirer un grand nombre d’aéronefs en vue des mises à niveau nécessaires diminue de façon importante.10 La décision de procéder à de longues mises à niveau complexes entraînerait un écart entre les engagements pris et les ressources permettant de les respecter. Par ailleurs, le taux d’attrition d’un CF-­18 perdu (écrasé ou endommagé sans possibilité de réparations à un coût raisonnable) par 28 000 heures de vol est demeuré relativement constant pendant la durée de vie utile de la flotte, et plus celle­ci sera maintenue opérationnelle longtemps, plus la taille de la future flotte sera petite. Bien que l’incidence de l’attrition puisse être atténuée avec le temps en diminuant le contingent annuel d’heures de vol de la flotte, une telle décision doit être pondérée en fonction des engagements opérationnels et d’instruction requis.

Résumé de l’analyse

On estime qu’une prolongation de la durée de vie prévue au­-delà de 2020 est techniquement réalisable quant à la durée de vie des structures, à l’intégrité du câblage, à la fiabilité et à la maintenabilité des systèmes de bord vieillissants, et à la gestion de l’obsolescence correspondante. Comme prévu, les résultats montrent que plus la durée de vie prévue est prolongée, plus il sera coûteux de continuer à soutenir la flotte de CF­-18, et les coûts s’élèveront alors au­dessus des coûts de soutien en service récurrents annuels actuels. De plus, selon les évaluations actuelles, la pertinence opérationnelle des CF­-18 n’est assurée que jusqu’en 2020. Au-­delà de ce point, un certain nombre de modifications devront être apportées aux systèmes d’armes afin d’assurer l’interopérabilité continue avec les États-­Unis et les autres partenaires éventuels de coalition, ainsi que la conformité aux règles de l’Organisation de l’aviation civile internationale concernant la navigation dans l’espace aérien national et international.

Pendant l’élaboration des estimations de coûts requises, les hypothèses techniques suivantes ont été émises :

a. Les taux de consommation du FLEI (c’est-­à­-dire l’utilisation en fatigue) témoigneront des moyennes actuelles de la flotte, soit de dix ans pour les aéronefs CF­-18A et CF­-18B. Autrement dit, les concepts des opérations et d’instruction actuels pour la flotte de CF­18 demeureront essentiellement inchangés;

b. Le taux d’attrition historique se poursuivra;

c. Tous les aéronefs CF­-18 atteignant leur seuil de fatigue (durée de vie des structures) avant l’arrêt final des opérations des CF­-18 seront conservés et démontés afin de récupérer des pièces de rechange;

d. La US Navy et certains partenaires de flotte de F/A­-18 continueront d’utiliser les aéronefs Hornet existants au moins jusqu’en 2025, ce qui permettra d’assurer la disponibilité de pièces de rechange et de composantes clés et donc de poursuivre les activités de maintenance, de réparation et de remise en état;

e. Un nouveau programme de prolongation de la durée de vie des structures, connu sous le nom de point de contrôle 4 (PC4), sera nécessaire s’il faut prolonger la durée de vie des structures de certains aéronefs CF­-18 de la flotte au­delà d’un FLEI de 1,0.

Les hypothèses opérationnelles suivantes ont également été formulées :

a. Le nombre d’aéronefs CF­-18 requis pendant la réduction progressive de la durée de vie prévue se fonde sur les règles de base du projet de chasseurs de la nouvelle génération et sur les hypothèses relatives à la transition vers de nouveaux chasseurs, sur les exigences de la Stratégie de défense Le Canada d’abord s’appuyant sur les engagements du NORAD et de l’OTAN, et sur la capacité de formation au pilotage de l’ARC;

b. Une taille de flotte minimale de 65 aéronefs est requise;

c. Une réduction progressive de 42 aéronefs CF-­18 à 12 aéronefs CF-­18 sera nécessaire;

d. Le contingent annuel d’heures de vol maximal constitue la limite pratique supérieure de l’utilisation normale des aéronefs.

Analyse de sensibilité : Tandis que les hypothèses ci­-dessus sont sûres selon les renseignements actuellement disponibles, il est possible qu’une ou plusieurs de ces hypothèses varient considérablement d’ici l’atteinte de l’objectif de durée de vie prévue choisi. Une analyse de sensibilité a donc été effectuée afin de déterminer les effets de divers paramètres d’utilisation des CF­-18 (contingent annuel d’heures de vol, usure en fatigue et attrition) sur les améliorations structurelles, le maintien en puissance et les coûts opérationnels.

a. Le contingent annuel d’heures de vol a été modifié.

b. Les taux de FLEI des CF-­18A/B ont été modifiés.

c. Le taux d’attrition a été modifié.

Au moyen de changements de pourcentage, l’analyse a montré que les courbes de durée de vie en fatigue de la flotte étaient plus sensibles aux écarts dans le contingent annuel d’heures de vol et moins sensibles aux changements de taux d’attrition. Les résultats de l’analyse pour l’ensemble des options de durée de vie prévue indiquent le nombre de mois perdus ou gagnés en vue de la fin de la durée de vie prévue ciblée s’il y a un investissement constant de fonds.11 De façon globale, l’analyse montre qu’une certaine souplesse éventuelle existe à l’égard de la gestion de la flotte en vue d’atténuer des circonstances imprévues.12

Les résultats de cette analyse ont été utilisés pour déterminer le nombre de réparations et d’améliorations requises aux aéronefs de la flotte dans le cadre du programme de prolongation de la durée de vie en vue d’atteindre les objectifs requis de durée de vie prévue à partir desquels ont été calculés les coûts des réparations structurelles prévues et les autres coûts de maintien en puissance.

Enjeux liés au vieillissement des flottes : La maintenance des flottes vieillissantes coûte de plus en plus cher au fil du temps. Tandis que les aéronefs prennent de l’âge, leur fardeau de maintenance s’accroît. Plus précisément, les exigences de maintenance préventive augmentent (inspections prévues et remplacement de composantes). Les exigences de maintenance corrective (probabilité de travaux de maintenance non prévus après un vol) augmentent également avec l’âge. Par conséquent, plus une flotte est maintenue en service longtemps, plus les coûts de maintien augmentent, compte tenu de la hausse des achats de pièces de rechange et des coûts de réparation.13  Toutefois, lorsqu’une flotte est mise hors service de façon progressive, les coûts de maintien tendent à diminuer au cours de la réduction progressive prévue, étant donné que les pièces de rechange restantes des aéronefs mis hors service deviennent disponibles. Conformément à la méthode utilisée dans les études sur les aéronefs vieillissants aux États-­Unis, le facteur de vieillissement a été calculé en appliquant un facteur de croissance des coûts d’environ 1,7 % (composé annuellement) à l’inflation.

Disponibilité opérationnelle : Un autre facteur associé au vieillissement des aéronefs est la baisse attendue de la disponibilité opérationnelle. Lorsque les flottes d’aéronefs sont employées au début de leur cycle de vie, la disponibilité opérationnelle14 est généralement élevée, et un faible nombre d’aéronefs demeurent au sol pour une période prolongée de travaux de maintenance (p. ex., améliorations ou réparations complexes). En outre, leur taux de fonctionnalité est aussi relativement élevé, dans la mesure où le nombre de pièces de rechange est suffisant et les compétences du personnel de maintenance sont adéquates.15  Tandis qu’augmente le fardeau de maintenance de la flotte d’aéronefs vieillissants, le taux de fonctionnalité diminue généralement si les ressources en personnel de maintenance demeurent constantes. Au fil de la mise hors service de la flotte, le retrait des pièces de rechange des aéronefs mis hors service entraîne un fardeau de maintenance supplémentaire, ce qui réduit la fonctionnalité. Selon ce qui a été expérimenté avec d’autres flottes vieillissantes, à un certain point, peu importe le financement disponible, le taux de disponibilité opérationnelle des CF­-18 continuera de diminuer en raison de la baisse de la fonctionnalité et de la taille de la flotte, de sorte que la force de chasse aura du mal à respecter l’ensemble des engagements de mise sur pied de la force (instruction) et de la Stratégie de défense Le Canada d’abord.

Exigences de réduction progressive : Les nouveaux objectifs de durée de vie prévue requis pour la flotte de CF­-18 ont été définis par l’ARC en vue d’une réduction progressive quinquennale planifiée d’un nombre précis d’aéronefs à des moments précis. La réduction progressive définie détermine le nombre d’améliorations structurelles requises et le calendrier d’entrée des aéronefs touchés. Conformément au plus récent plan de réduction progressive, une taille de flotte raisonnable serait maintenue pendant environ deux ans avec l’une ou l’autre des options de prolongation de la durée de vie prévue. Les trois dernières années se sont soldées par une baisse importante du nombre d’aéronefs tandis que certains d’entre eux ont été mis hors service ou mis en pièces, de sorte que seulement une poignée d’aéronefs seraient réellement opérationnels au moment de la mise hors service de la flotte. Pour les deux options de prolongation de la durée de vie prévue examinées, cette diminution du nombre de CF­-18 existants correspond à l’entrée en service opérationnel prévue de chasseurs de remplacement. Cette réduction progressive pourrait être modifiée par la hausse ou la baisse du nombre d’entrées structurelles et de l’utilisation de la flotte, comme il est indiqué dans l’analyse de sensibilité. Cependant, tout changement apporté aux entrées structurelles entraînera des modifications aux coûts différentiels associés à ces prolongations de la durée de vie prévue. Dans une situation idéale, la diminution du nombre d’aéronefs de la flotte de CF­-18 serait intégrée au plan de transition vers une nouvelle flotte, et la baisse de capacité de la flotte de CF­-18 serait ainsi compensée à un niveau et à un taux déterminés par la mise en place prévue d’une flotte de chasseurs de remplacement.

Proposition de modification technique nº 583 : La durée de vie prévue de base actuelle est financée en fonction des améliorations structurelles. Le financement requis restant (tous les coûts sont présentés en dollars courants à moins d’indication contraire) de la proposition de modification technique nº 583 est approuvé et attribué dans le budget d’amélioration de la flotte de CF­-18. Comme ce financement a déjà été approuvé, il n’est pas inclus dans l’estimation du coût du cycle de vie de la durée de vie prévue de base jusqu’en 2020. Aucune autre mise à niveau du matériel avionique en dehors du programme de modernisation de la proposition de modification technique nº 583 n’a initialement été prévue pour atteindre la durée de vie prévue de base jusqu’en 2020. Toutefois, depuis 2008, le nouveau cadre de gestion du contrôle de la circulation aérienne a été élaboré et sera mis en œuvre. De plus, un programme de modernisation des produits cryptographiques a été mis en place par le gouvernement des États­-Unis. Ce programme englobe aussi l’initiative à jour de gestion des clés cryptographiques aux fins de l’interopérabilité de l’OTAN, et la United States Navy prévoit une série d’efforts d’amélioration du matériel et des logiciels de F/A­-18 entre 2013 et 2019. Ces programmes ont généré des exigences d’acquisition, en plus de celles de la proposition de modification technique nº 583.

Durée de vie prévue de base jusqu’en 2020 : Des améliorations structurelles requises et d’autres mises à niveau du matériel avionique sont prévues afin de respecter la durée de vie prévue actuelle. Tandis que les coûts des améliorations structurelles requises sont connus et financés, les mises à niveau du matériel avionique nécessaires à l’atteinte de la durée de vie prévue ciblée (jusqu’en 2020) constituent une exigence récente qui n’avait pas été prise en compte lors de l’étude précédente menée au sujet de la prolongation de la durée de vie prévue de la flotte de CF­-18. Ces coûts ne sont pas encore financés.

Prolongation de la durée de vie prévue jusqu’en 2025 : La prolongation jusqu’en 2025 de la durée de vie prévue de la flotte de CF­18 est évaluée comme une option à faible risque en ce qui concerne les coûts, le calendrier et les facteurs techniques. Cet objectif de durée de vie prévue entraînerait certaines exigences importantes en vue de gérer les enjeux continus propres à l’obsolescence et à la navigabilité.

Prolongation de la durée de vie prévue jusqu’en 2030 : La prolongation jusqu’en 2030 de la durée de vie prévue de la flotte de CF­18 constituerait un long processus coûteux posant d’importants défis techniques. La majorité de la flotte (50 aéronefs) nécessiterait un maintien de sa capacité de vol au­delà de sa durée de vie assurée actuellement certifiée d’un FLEI de 1,0 selon les prévisions actuelles. Les CF­18 doivent également tous être soumis au PC3. Cela exigerait l’élaboration d’un nouveau programme de prolongation de la durée de vie, y compris certains coûts considérables de travaux d’ingénierie ponctuels en vue d’élaborer et de certifier les modifications, les réparations et les inspections requises. Un vaste et coûteux approvisionnement de nouvelles ailes et commandes de vol serait aussi requis pour soutenir cet effort, comme la durée de vie de ces composants arriverait à échéance pour bon nombre des aéronefs de la flotte.

Les prévisions sont fondées sur l’établissement des coûts à l’échelle du programme, comme il est indiqué dans le cadre d’établissement du coût du cycle de vie de KPMG16, et sur les exigences de soutien et d’amélioration des CF­-18 connues au moment où le rapport a été achevé. Les coûts ont été indexés en dollars courants selon le modèle économique du ministère de la Défense nationale. Les valeurs calculées à l’égard d’imprévus permettent d’atténuer les risques éventuels liés aux coûts en cas de variations de l’utilisation opérationnelle, qui auraient des répercussions négatives sur la durée de vie en fatigue et l’utilisation de pièces de rechange, ainsi qu’en cas de changements éventuels des taux d’inflation des biens et des services et de fluctuation des taux de change.

Les dépenses de base courantes actuelles relatives au maintien en puissance et au fonctionnement se poursuivraient, peu importe l’option choisie, et l’élimination aura lieu à un moment donné tant pour l’une que pour l’autre des nouvelles options de prolongation de la durée de vie prévue. Les coûts communs à toutes les options (y compris le statu quo) sont exclus du calcul des coûts différentiels. (Les coûts différentiels sont les coûts se rapportant à de nouvelles dépenses découlant directement de la décision de prolonger la durée de vie de la flotte de CF­-18, à l’exception de la base de référence courante.)  Par conséquent, la hausse des coûts associés à la prolongation de la durée de vie de la flotte de CF­-18 au­-delà de la fin de sa durée de vie prévue actuelle est attribuable aux coûts de développement, de gestion de projet et d’acquisition découlant des améliorations structurelles et des mises à niveau du matériel avionique et à certaines hausses dans le budget de maintien en puissance liées aux effets du vieillissement des aéronefs.

Les coûts de prolongation de la durée de vie prévue des aéronefs CF­-18 au­delà de 2020 découlent d’autres efforts de développement, d’améliorations structurelles, de mises à niveau du matériel avionique, d’améliorations des logiciels et des simulateurs, de la gestion de nouveaux projets, d’achats de composants structurels, d’une hausse des dépenses de maintien en puissance de la flotte en raison des effets du vieillissement des aéronefs, et de fonds de prévoyance pour atténuer les risques. Ces coûts différentiels sont expliqués plus en détail ci­-dessous.

Coûts de développement (financés par les dépenses en capital au titre du crédit 5) : Cela comprend les coûts de toutes les activités nécessaires à l’approbation des dépenses relatives aux activités de mise à niveau du matériel avionique et à la vérification de la faisabilité technique de la durée de vie prévue choisie.17

Coûts d’acquisition (financés par les dépenses en capital au titre du crédit 5) : Les coûts d’acquisition associés à la prolongation de la durée de vie prévue de la flotte de CF­-18 sont des coûts ponctuels liés à l’amélioration de la capacité de service au moyen de mises à niveau ou d’autres améliorations, qui permettent soit d’accroître les capacités, soit de prolonger la durée de vie utile de l’aéronef. Ces coûts d’amélioration sont classés dans les catégories suivantes :

a. Améliorations structurelles : Ces coûts différentiels visent l’élaboration et l’intégration des améliorations structurelles requises et l’achat de nouvelles composantes structurelles, comme des parties centrales de fuselage, des ailes et des commandes de vol, afin de permettre à la flotte de CF-­18 de maintenir sa capacité de vol au­delà de 2020. Ces coûts doivent être consacrés à rallonger la vie de la flotte afin de maintenir une taille de flotte adéquate. Toutefois, ces coûts pourraient être réduits grâce à une diminution du contingent annuel d’heures de vol;

b. Mises à niveau du matériel avionique : Ces coûts différentiels sont une combinaison des éléments suivants : 1) améliorations réglementaires requises afin de se conformer à l’architecture améliorée de contrôle de la circulation aérienne et aux règlements mis en œuvre dans le monde entier, d’abord en Europe en 2017, puis en Amérique du Nord en 2020; 2) améliorations de l’interopérabilité afin d’assurer des communications sécurisées (encodées) entre les CF-­18 et les unités alliées une fois que l’architecture de chiffrement de l’OTAN aura été mise à jour; 3) coûts connexes du Bureau de gestion du programme.

Coûts de maintien en puissance (financés par l’approvisionnement national au titre du crédit 1) : Plus une flotte est maintenue en service longtemps, plus les coûts de maintien augmentent, en raison de la diminution de la fiabilité des systèmes. Les coûts différentiels associés au vieillissement des aéronefs correspondent à l’augmentation des coûts de maintien en puissance entre 2020 et la fin de la durée de vie prévue ciblée plus l’inflation. Ces hausses annuelles se poursuivront aussi longtemps que la flotte de CF­-18 sera en fonctionnement. Toutefois, ces coûts constituent seulement une partie du budget de maintien en puissance annuel total de la flotte de CF­-18, qui fait partie de la base de référence du maintien en puissance. Ces coûts ne peuvent être éliminés, car ils continueront de s’accumuler aussi longtemps que la flotte de CF­-18 sera maintenue en fonctionnement au­delà de la durée de vie prévue actuellement déclarée.

Résumé des coûts différentiels : Le maintien de la capacité de vol de la flotte de CF­-18 au­-delà de la fin de sa durée de vie prévue actuelle fixée à 2020 entraînera des coûts supplémentaires pour le Ministère. Ces dépenses sont nécessaires à l’application du programme actuel de prolongation de la durée de vie à un plus grand nombre d’aéronefs, afin de maintenir la capacité de vol de la flotte de CF­18 au­delà de la fin de sa durée de vie prévue fixée à 2020, de répondre aux exigences de mises à niveau du matériel avionique et de faire face aux coûts de maintien en puissance accrus découlant des effets du vieillissement des aéronefs. Les coûts différentiels liés à la prolongation de la durée de vie prévue jusqu’en 2030 sont principalement attribuables au besoin d’un nouveau programme de prolongation de la durée de vie, nécessaire au maintien de la capacité de vol de la flotte de CF­-18 au­-delà de sa durée de vie assurée actuelle. Ces coûts comprennent des travaux d’ingénierie ponctuels, l’acquisition de nouvelles parties centrales de fuselage, ailes et commandes de vol, les coûts des mises à niveau du matériel avionique et des coûts de maintien en puissance accrus en raison des effets du vieillissement des aéronefs sur une plus longue période. Si la durée de vie prévue de la flotte de CF­-18 est prolongée au­delà de 2020, les coûts différentiels seront amortis sur la durée de vie utile restante de l’aéronef modernisé.

Calendrier de mise en œuvre

La fin de la durée de vie prévue de la flotte de CF-­18 est actuellement fixée à 2020. Une approbation rapide de la prolongation de la durée de vie prévue permettrait de réduire au minimum les coûts et les risques programmatiques.

Prolongation de la durée de vie prévue jusqu’en 2025

Améliorations structurelles : Si le ministère de la Défense nationale approuvait avant l’automne 2015 la prolongation de la durée de vie prévue jusqu’en 2025, cela donnerait suffisamment de temps pour poursuivre le programme structurel PC3 sans perturber le flux des travaux.

Mises à niveau du matériel avionique : Une mise à niveau de l’identification ami/ennemi, plus particulièrement du mode S, du mode 5 et de la surveillance dépendante automatique en mode diffusion pour les radios agiles en fréquence et la liaison de données sécurisée, est requise d’ici 2020 afin de respecter les exigences réglementaires et les exigences d’interopérabilité, comme il est indiqué plus haut. Une approbation avant l’été 2014 de la prolongation de la durée de vie prévue jusqu’en 2025 donnerait suffisamment de temps pour obtenir les approbations nécessaires et exécuter les travaux requis.

Prolongation de la durée de vie prévue jusqu’en 2030

Améliorations structurelles : Compte tenu des efforts considérables déployés pour l’élaboration, l’approvisionnement et l’installation d’un programme d’améliorations structurelles PC4, une approbation avant l’été 2014 de la prolongation de la durée de vie prévue jusqu’en 2030 donnerait suffisamment de temps pour obtenir les approbations nécessaires et exécuter les travaux requis. Des retards pourraient entraîner des risques liés aux coûts et au calendrier. Par exemple, tandis que les fournisseurs achèveront la production des composants d’aéronef requis au fil de la présente décennie, les délais et les coûts d’acquisition augmenteront.

Mises à niveau du matériel avionique : Une mise à niveau de l’identification ami/ennemi, plus particulièrement du mode S, du mode 5 et de la surveillance dépendante automatique en mode diffusion pour les radios agiles en fréquence et la liaison de données sécurisée, est requise d’ici 2020 afin de respecter les exigences réglementaires et les exigences d’interopérabilité. La prolongation de la durée de vie prévue jusqu’en 2030 nécessiterait que ces systèmes soient acquis et intégrés afin d’assurer la pertinence opérationnelle de la flotte. Une approbation avant l’été 2014 de la prolongation de la durée de vie prévue jusqu’en 2030 donnerait suffisamment de temps pour obtenir les approbations nécessaires et exécuter les travaux requis.

Conclusion

En résumé, le maintien de la capacité de vol de la flotte de CF-­18 au-­delà de la fin de sa durée de vie prévue actuelle fixée à 2020 entraînera des coûts supplémentaires pour le Ministère. Toutes les dépenses liées à la prolongation de la durée de vie utile de la flotte de CF-­18 représentent des investissements dans des capacités en déclin constant d’une flotte vieillissante. Quoi qu’il en soit, la prolongation de la durée de vie prévue jusqu’en 2025 est actuellement évaluée comme une option à faible risque en ce qui concerne les coûts, le calendrier et les facteurs techniques. La prolongation de la durée de vie prévue jusqu’en 2030 est quant à elle évaluée comme une option à risque élevé en ce qui concerne les coûts, le calendrier et les facteurs techniques.

Il est nécessaire de décider avant l’été 2014 si la durée de vie prévue sera prolongée jusqu’en 2025, afin de réduire au minimum les risques programmatiques ainsi que les risques liés aux coûts et au calendrier des améliorations structurelles et des mises à niveau du matériel avionique requises.

Bien que le présent rapport ne comporte pas de recommandations précises concernant toute évaluation de la rentabilité, des facteurs pertinents tels que la disponibilité, la fonctionnalité et la capacité opérationnelle de la flotte sont analysés et présentés dans le présent document afin de mettre en contexte les options évaluées.

 


 

1. La durée de vie physique d'un aéronef est sa durée de vie utile potentielle avant qu'il ne devienne physiquement inutilisable. Il arrive souvent qu'un aéronef soit encore en mesure de fonctionner, mais que les coûts ou le rendement qui y sont associés le rendent obsolète sur le plan économique. La durée de vie économique, contrairement à la durée de vie physique, est importante pour déterminer la valeur de l'aéronef. La durée de vie économique est donc habituellement plus courte que la durée de vie physique d'un aéronef et est la période qui sert au calcul de la dépréciation de l'aéronef. 

2. La COI se définit comme l'étape atteinte lorsqu'on peut utiliser pour la première fois, de manière efficace, une arme, une pièce d'équipement ou un système aux caractéristiques précises approuvées, dotés de personnel ou utilisés par une unité ou une force militaire entraînée, équipée et soutenue adéquatement. 

3. À l'origine, l'aéronef Hornet a été conçu et fabriqué par McDonnell Douglas (aujourd'hui la société Boeing), selon un devis de la US Navy, avec une résistance à la fatigue des structures de 6 000 heures de vol selon l’utilisation représentative de la marine américaine. En ce qui concerne la fatigue des structures, on mesure le reste de la durée de vie assurée d'un aéronef au moyen de l'indice de prolongement de durée de vie en fatigue (FLEI). Cet indice est une mesure de la proportion de la durée de vie assurée certifiée d'une structure qui a été consommée. Un FLEI de 1,0 indiquerait donc que la structure a atteint la fin de sa durée de vie assurée. 

4. Le programme actuel de prolongation de la durée de vie des CF­-18 a été créé à partir des données générées en partenariat avec la RAAF au cours de différents essais à grande échelle de résistance à la fatigue des structures dans le cadre du PITSS. L'approche de prolongation de la durée de vie de l'ARC consistait à soumettre la structure des aéronefs à des travaux de remise en état en trois phases, appelées les points de contrôle 1, 2 et 3 (soit PC1 à 3). Le PC1 a fait passer la durée de vie en fatigue du CF­-18 d'un FLEI de 0,56 à 0,68; le PC2 à un FLEI de 0,80; et le PC3 à un FLEI de 1,0 (soit la durée de service assurée totale en fonction des données du PITSS). Dans le cadre du lot de travaux du PC1, 13 aéronefs CF-­18 ont été soumis à un programme de remplacement de la partie centrale du fuselage (RPCF). Ces travaux ont permis de remplacer une section clé de la partie centrale du fuselage des aéronefs où se trouvent les points de fixation des ailes, étant donné que dans la configuration d'origine, cette zone était sujette au craquement. L'ARC a finalement choisi de procéder à des modifications distinctes sur cette section de la partie centrale du fuselage au lieu de poursuivre le programme de RPCF en raison des coûts élevés de mise en œuvre. Toute prolongation dépassant un FLEI de 1,0 nécessitera d'autres essais et démontages ainsi qu'une analyse approfondie visant à établir la certification de la structure des aéronefs au delà de la durée de vie théorique certifiée par le fabricant et à évaluer les risques connexes. 

5. Une fois le CF-­18 certifié pour l'utilisation de munitions à guidage de précision en 1997, l'entraînement au vol à basse altitude a pris fin de manière définitive. Le vol à basse altitude était un important facteur d'usure des structures en fatigue, car ce type de vol exigeait que les aéronefs effectuent des manœuvres intenses avec des armes. 

6. Par analogie, c'est comme si on achetait une voiture en pensant la garder 10 ans, mais qu'en fonction de l'exigence des conditions de conduite, elle ne durait que 7 ans malgré un entretien adéquat. À l'inverse, la voiture pourrait aussi bien être conservée de 15 à 20 ans. 

7. La US Navy entend retirer progressivement ses F/A­-18A/D Hornets au fur et à mesure qu'ils arriveront en fin de vie utile et prévoit les démonter pour récupérer les pièces de rechange afin de réduire ses coûts de maintenance. S'ensuivra une diminution des achats de pièces de rechange à grande échelle et de la capacité de R&R, ce qui nuira à la capacité des pays détenant des flottes moins imposantes de F/A­-18 d'acheter et de réparer des pièces de rechange, en plus d'augmenter leurs coûts de maintien en puissance. 

8. Un transpondeur émet un signal d'identification en réponse à un signal d'interrogation. Il est utilisé dans les systèmes d'identification ami/ennemi et de gestion de la circulation aérienne pour identifier les aéronefs et fournir des renseignements secondaires sur leur emplacement, notamment leur altitude, afin d'aider les contrôleurs aériens à les identifier et à déterminer leur emplacement de façon plus précise. 

9. Les programmes de vol opérationnel sont les logiciels des systèmes informatiques d'avionique intégrés. 

10. Par exemple, de 14 à 25 CF-­18 Hornet dotés de l'ancienne configuration étaient disponibles pour mener des opérations lorsque les activités de modernisation de la PMT-­583 et d'amélioration structurelle du PC2 étaient en cours. Ces aéronefs non modernisés étaient toujours disponibles pour le déploiement opérationnel afin de compenser l'absence des aéronefs faisant l'objet de travaux à ce moment. Ils ont tous été aliénés depuis.

11. Un investissement constant nécessite le maintien constant des coûts totaux du programme d'améliorations structurelles, ce qui signifie que le nombre d'entrées structurelles et le nombre d'achats de composantes requises restent constants. Le résultat de l'analyse de sensibilité est une évaluation de la variable de temps (soit pendant combien de temps la flotte conservera­t­elle sa capacité de vol). Inversement, la date de fin de la durée de vie prévue (soit le temps) pourrait être maintenue constante, et le nombre d'entrées au programme de prolongation de la durée de vie et le nombre d'achats de composants pourraient être augmentés ou diminués afin d'obtenir la durée de vie prévue requise. Dans ce cas, la variable devient l'investissement (le coût) requis pour obtenir la durée de vie prévue ciblée. 

12. Notons que la sensibilité de l'espérance de vie de la flotte aux changements au contingent annuel d'heures de vol ou au FLEI continue de diminuer au fur et à mesure que la flotte approche de sa mise hors service. 

13. Un certain nombre d'études sur les aéronefs vieillissants aux États­-Unis ont établi un facteur de hausse des coûts de 1,7 % par année, lequel est le facteur d'inflation des aéronefs vieillissants accepté par le ministère de la Défense nationale et le chef – Service d'examen. Consulter Matthew Dixon, « The Costs of Aging Aircraft – Insights from Commercial Aviation », (Santa Monica : Rand Corporation, 2005) et Raymond A. Pyles, « Aging Aircraft – USAF Workload and Material Consumption Life Cycle Patterns », (Santa Monica : Rand Corporation, 2003).  

14. La disponibilité est définie par la taille de la flotte, à laquelle on a soustrait les aéronefs faisant l'objet de travaux de maintenance dans des dépôts (p. ex., ceux étant sous la responsabilité d’un entrepreneur responsable du soutien). 

15. La fonctionnalité est le pourcentage d'aéronefs en état de vol dans les unités de vol (c'est­-à­-dire qu'ils ne nécessitent aucune maintenance avant de décoller).

16. KPMG, Chasseurs de la nouvelle génération : cadre du coût du cycle de vie, 27 novembre 2012.

17. Cela comprend la mise en place d'un Bureau de gestion de projet gérant toutes les activités de développement et d'acquisition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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